DE LA VISION
Les effets de la foudre sur l'appareil de la vision sont nombreux et variés ; souvent passagers et sans gravité, ils consistent en une douleur irisupportable, mais momentanée, qui abolit la vision pendant quelques instants et qui résulte de l'impression trop vive de la lumière éclatante de l'éclair. Souvent aussi ses effets sont plus graves et surtout plus prolongés; ils se traduisent par l'abolition ou la perturbation profonde de la vision, résultant soit d'un trouble nerveux, soit d'une altération matérielle de l'organe. Nous citerons en particulier la paralysie, la contraction permanente des muscles palpébraux, fophthalmie superficielle aiguë, la photophobie, Vamaurose, l'he'miopie, la myopie, l' impossibilité de distinguer les couleurs ou le daltonisme, la cataracte.
On a constaté sur le cadavre des individus foudroyés et peu d'instants après la mort l'opacité de la cornée et des épanchements de sang dans les chambres de l'œil; lésions qui, n'étant nullement incompatibles avec la vie, seront peut-être plus tard retrouvées sur l'homme vivant.
Comme contre-partie, nous verrons enfin dans un autre chapitre que la fulguration a fait disparaître subitement une cécité qui durait déjà depuis longtemps.
Examinons maihtenant en détail les diverses lésions physiques ou vitales que nous venons d'énumérer.
I I*"". — Muscles palpébraux. — Les mouvements des muscles des paupières sont souvent modifiés par l'étincelle foudroyante.
Tantôt les muscles releveurs des paupières sont paralysés et cette paralysie, rarement isolée, est le plus ordinairement associée à celle de plusieurs autres régions.
D'autres fois les muscles orbiculaires ou constricteurs des paupières restent fortement contractés pendant un temps plus ou moins long.
Par le fait seul de cette occlusion des paupières, la vue est abolie ; mais, en général, la rétine ne reste pas alors intacte et se trouve atteinte de paralys4e ou d'hypéresthésie.
Aussi ne citerons-nous ici qu'une seule observation, comptant en présenter plusieurs autres lorsque bientôt nous étudierons la photophobie et l'amaurose résultant de la fulguration.
Le fait suivant est un des exemples les plus remarquables de cécité par suite de la contraction, en quelque sorte tétanique, des muscles orbiculaires des paupières, liée à une sensibilité exagérée de la rétine.
Un homme de 45 ans environ, domestique d'un fermier d'Edmonton, avait été envoyé par son maître, par une nuit d'orage, pour faire rentrer le bétail, lorsqu'un éclair d'un éclat extraordinaire lui traversa la figure; au même instant il entendit un violent coup de tonnerre, il fut renversé sans perdre connaissance, et fut incapable de se relever pendant quelques secondes; il ressentit à l'instant même dans les yeux une douleur excessive qui ne tarda pas à se dissiper, mais le laissa complètement aveugle. Il resta sept mois dans cet état-, et à l'occasion d'une blessure accidentelle il se rendit auprès du docteur Parkinson (1).
Les paupières étaient fortement closes, leur surface presque plane laissait croire à une diminution et peut-êfre à une destruction du globe de l'œil. Les premières tentatives pour ouvrir l'œil échouèrent; renouvelées sur les instances du malade, elles laissèrent entrevoir les globes oculaires ;
(1) Mém. of Ihe mcdic. socicty of London, t. IL p. 503.
leur forme était ordinaire, la cornée brillante, transparente, les pupilles fortement contractées. Le malade s'(3cria qu d voyait la lumière, mais si douloureusement qu'd fallut laisser se refermer les paupières. Le malade disait avoir vu une flamme aussi brillante que l'éclair qui l'aveugla. Ce ne ut qu'après sept ou huit tentatives destinées à maintenir les paupières écartées qu'on réussit à lui faire accuser la vue du
châssis de la fenêtre.
La contraction des paupières était moins énergique, mais une légère ophthalmie étant survenue, on cessa toute tentative. Les yeux furent constamment lotionnés avec de 1 eau fraîche, et comme la violence du spasme des muscles palpebraux était évidemment diminuée par l'emploi d'une force extérieure, le malade fut invité à entr'ouvrir forcément les paupières deux ou trois fois le même jour. Dès le lendemain l'ophthalmie avait diminué, la vision devint plus distincte et moins douloureuse.
Deux ou trois jours après le malade avait recouvré le libre exercice de ses paupières; il ne se plaignait que d'une extrême sensibilité de la rétine qui sans doute se dissipa plus tard.
I II. Ophthalmie. — L'ophthalmie superficielle, palpébrale ou oculaire semble résulter le plus souvent de l'action directe du feu électrique; ordinairement elle est immédiatement consécutive à cette action, on la voit quelquefois tarder à se manifester.
Un soldat, cité par le docteur Ristelhueber, eut ses cheveux embrasés par la foudre et l'épaule légèrement brûlée... Vers le quatrième jour après l'accident, une ophthalmie se déclara avec quelques symptômes gastriques. Ces pliénomènes furent dissipés par les délayants et par l'émétique en lavage, administrés pendant trois jours.
I iiL — Photophobie. — ■ La photophobie résultant de l'excessive sensibilité de la rétine est un des effets les plus fréquents de la foudre sur l'appareil visuel de l'homme. La vivacité de l'éclair suffit quelquefois pour la produire, tan-
dis que dans d'autres circonstances elle résulte de l'action directe de l'étincelle foudroyante.
La photophobie est ordinairement accompagnée d'une contraction spasmodique et permanente des orbiculaires des paupières. Elle coexiste souvent avec une sensibilité exagérée de l'ouïe, avec des élancements très-douloureux et névralgiques au front et en d'autres parties de la face, revenant par paroxysmes ; avec de vives douleurs, et une sensation de pulsation dans la tête; avec une forte excitation cérébrale , etc. En sorte que parfois l'ensemble de ces phénomènes ne s'éloigne pas beaucoup de ceux qui appartiennent à la première période de l'arachnitis.
La durée de cette photophobie est variable : ordinairement de 5à8 ou 10 jours ; mais dans un cas que nous avons déjà cité, on a vu que la photophobie avec contraction spasmodique des muscles palpébraux durait déjà depuis sept mois environ lorsqu'on commença le traitement.
Les observations suivantes nous feront encore mieux connaître les caractères de cette affection.
Un enfant, âgé de huit ans, était assis devant une croisée ouverte lorsqu'il fut ébloui par un éclair ; il perdit complètement la vue de l'œil droit, dont la pupille était fortement contractée, tandis que l'œil gauche fut atteint de photophobie. Des émissions sanguines abondantes à l'aide de sangsues, l'application continue sur les yeux de compresses imbibées d'eau froide, des lotions rafraîchissantes, et le repos absolu , dans une chambre peu éclairée, rétablirent graduellement et complètement la vision, au bout de cinq ou six jours (doct. Behre, d'Altona.)
Le 10 septembre 1761, vers 10 heures du soir, la foudre tomba sur le château de Saint-Barthélemy et blessa les deux demoiselles Ducos, alors couchées dans le même lit... Appelé auprès d'elles, le docteur Pelisson ayant voulu les examiner, fut obligé de leur couvrir le visage avec plusieurs doubles de linge, parce que la lumière produisait sur elles une impression si vive qu'elles tombaient en syncope ; on pratiqua une saignée. Les malades restèrent ainsi plusieurs jours sans pouvoir supporter l'éclat de la lumière du jour, ni celle d'une
SUR LES APPAREILS SENSORlAUX 12»
i chandelle ; on était obligé de leur faire prendre leurs aliments dans l'obscurité.
Jane Humphreys , âgé de onze ans, récitait sa leçon à
■ l'école paroissiale de Saint-Martin, dans l'après-midi du I. 6 mai 1828, et se trouvait debout, le côté gauche vers la fe- ! nêtre, lorsqu'un orage éclata ; la salle fut vivement illuminée I par un éclair qui produisit sur l'enfant la perte instantanée de I la vue du côté gauche, où elle éprouvait une douleur semblable ;à celle que produiraient des orties. Cette douleur ne fit ( qu'augmenter les jours suivants et nécessita la visite d'un mé- I decin. Le docteur Mayo prescrivit des applications répétées de : sangsues aux tempes, des vésicatoires derrière l'oreille et sur , la nuque, les mer curiaux 'jusqu'à salivation.
Sous l'influence de ce traitement, il y eut chaque jour un progrès sensible vers la guérison.
Le 11 mai, cinq jours environ après l'accident, le globe ' oculaire éprouvait une sensation pénible de chaleur; il était
■ douloureux à la pression ; la malade ne pouvait lever la paupière , tant était grande la sensibilité à la lumière; la vision de ce côté était presque aboUe; aucune inflammation de la conjonctive, de la cornée, ni de l'iris ; aucune perte de transparence dans les miUeux de l'œil; douleur et serrement au front, sensation de pulsation dans la tête, pouls fréquent.
Vers le 20 mai , la malade pouvait plus facilement supporter la lumière et distinguer les objets, mais il lui était impossible d'élever la paupière supérieure dont le muscle moteur était sans doute paralysé.
Le 24 mai, elle pouvait relever la paupière, mais le consensus entre les deux yeux était troublé de telle façon, que lorsque les deux yeux étaient fermés, la malade pouvait ouvrir l'un ou l'autre à volonté, mais non pas tous les deux à la fois. Dès qu'elle essayait d'ouvrir le second, le premier se fermait, ou bien, si l'on maintenait celui-ci ouvert, le globe oculaire tournait sur son axe en haut et en dehors.
Le 27 mai , les deux yeux pouvaient fonctionner simultanément, mais l'œil gauche était atteint de myopie, et la malade avait perdu la faculté de distinguer les couleurs. Des mouchetures écarlates sur un fond jaune lui apparaissaient noires, et
en général clic voyait les diiïéi'cntes couleurs avec une teinte plus foncée, presque noires. Ce fut l'œil gauche qui garda le dernier cette faculté de voir les objets plus obscurs et moins distincts. Plus tard, l'état normal revint complètement.
Le 11 juillet 1777, un laitier de la ville d'York, âgé de 22 ans, fut foudroyé et resta comme mort ; il ne reprit connaissance que deux heures après ; pendant ce temps il fut « dans un état apoplectique. »
Le docteur Thomas Fowler le visita dans la soirée : la tête et la face ne présentaient aucune lésion externe. Le malade se plaignait d'une vive douleur au front, dans les oreilles, que réveillait le plus petit bruit; d'une sensation de brûlure dans les yeux, qu'il comparait à celle que produiraient des cendres brûlantes, sensation accompagnée de chocs violents, allant du front aux nerfs optiques, et revenant par paroxysmes de minute en minute.
La face était rouge, les yeux injectés et larmoyants ne pouvaient supporter la lumière. Le pouls était plein , dur, mais de fréquence ordinaire. L'accident était arrivé vers quatre heures de l'après-midi, vers six heures apparurent des nausées et un refroidissement des extrémités ; on pratiqua une forte saignée qui n'amena aucune amélioration. Le docteur Fowler prescrivit deux lavements avec du sel, du sucre et du lait, et fit appliquer six sangsues sur la région temporale. Les piqûres des sangsues coulèrent jusqu'à six heures du malin, et dans la nuit, la bande du bras s'étant dérangée, l'ouverture de la veine fournit encore une notable quantité de sang. Le lendemain , l'amélioration du côté de la tête et des yeux était très-marquée; du 12 au 15, elle fit des progrès sous l'inlluence de deux doses de sel deGlauber et d'un collyre, avec deux gouttes de sel de Saturne pour soixante grammes d'eau distillée.
Lo V6, les douleurs lancinantes dan^la tête et dans les yeux revinrent avec leur première violence. (Six sangsues, même collyre.)
Le 10, très-grande amélioration, mais susceptibilité nerveuse excessive; une porte fermée brusquement cause au
SUR LES AlM'Ar.F,ll-S SRNSDMIAUX
malade des palpitations et un tremblement universel. (Sel de Glaubcr.)
Le 17, les douleurs des yeux ont cessé, le malade n'éprouve plus que de la douleur de tête; les tremblements nerveux sont moins marqués. Le 25, sous l'influence d'un refroidissement, les yeux sont de nouveau enflammés. L'application d'un vésicatoire à la nuque est suivie de succès. Le 5 août, le malade est parfaitement rétabli. La perte de sang qu'avait éprouvée cet homme peut être évaluée à 1,600 grammes environ.
I IV. Amaurose. Hémiopie. L'amaurose par fulguration est complète ou incomplète.
L'hémiopie a été aussi le résultat de la fulguration.
La vue peut être perdue par insensibilité momentanée de la rétine, et aussi parce que les muscles releveurs des paupières sont paralysés.
Wardrop dit avoir vu une amaurose consécutive à une fulguration (Gerdy).
Le docteur Rognetta rapporte qu'un ecclésiastique foudroyé tomba par terre ; revenu à lui-même, il ne distinguait plus que la moitié des objets.
Le docteur Hemotay cite un autre exemple d'amaurose accompagné de vertige et de céphalalgie qui dura six jours . et céda à un grand vésicatoire appliqué à la nuque.
Le matelot Brown, foudroyé à bord du Cambrian, resta pendant quelques moments froid, sans pouls et dans un état tétanique ; plus tard, le pouls et la chaleur se développèrent, et le malade s'endormit pendant plusieurs heures ; mais à son réveil, le docteur GodlVey constata qu'il avait perdu la vue et la parole. 11 ne pouvait soulever la paupière supérieure ; les globes oculaires ne présentaient aucun changement dans leur forme, ils étaient forcément dirigés en haut et en dedans, le malade ne pouvait changer leur position. Les pupilles étaient un peu dilatées ; les paupières complètement immobiles ; et le malade, très-irritable, indiquait par gestes qu'il éprouvait des douleurs dans la tête et dans l'orbite.
Après 3 mois de traitement, le malade pouvait enfin soulever les paupières et encore incomplètement ; il avait recouvré la vue d'un œil ; il la recouvra sans doute plus tard de l'autre côté, à la suite d'un orage qui lui causa la plus vive frayeur, comme nous le verrons plus loin.
Chez ce malade, la perte de la vue fut causée, suivant le docteur Godfrey, par la paralysie des nerfs optiques et des muscles élévateurs des paupières ; il paraît même que la portion antérieure du muscle occipito- frontal était également paralysée, au point de laisser immobile la peau du front. Nous verrons que la paralysie avait également envahi les organes de la voix (voyez Phonation).
I V. — Cataracte. — La ppoduction d'une cataracte est certainement un des effets les plus intéressants de la foudre sur l'homme.
Plusieurs auteurs anciens en font déjà mention ; ainsi
Garcaeus, en parlant du feu de la foudre, dit : Humorem
cristallinum ocidorimi exsiccat et liquefacit, quo exsiccato aut liquefacto, cecitatem sequi necesse est.
Voici quelques-unes des observations que nous avons pu recueillir.
Un serrurier, âgé de 25 ans, fut atteint par la foudre . pendant son travail. Il tomba à la renverse privé de connaissance ; mais bientôt il revint à lui. Pendant les premiers jours qui suivirent l'accident, il éprouva des étourdissements, sa vue s'affaiblit graduellement et se perdit du côté droit ; quelques personnes de son entourage attribuèrent ce phénomène « à une pellicule qui couvrait le brillant de l'œil. » Quoi qu'il en soit, 2 mois après, le docteur Christian Faye de Skien ayant été consulté, reconnut dans l'œil droit une cataracte parfaitement développée et d'une couleur jaune grisâtre ; la pupille était un peu dilatée et le malade ne pouvait de cet œil distinguer le jour d'avec la nuit; l'œil gauche était sain.
Le 10 juillet 1836, une paysanne de 23 ans fut frappée sous un arbre : on la releva inanimée ; tout le côté gauche du corps avait été sidéré (paralysé?) ; le lendemain, la ma-
lade, revenue à elle, avait perdu la me de Vœil gauche. En . l'examinant devant un miroir, elle y vit très-distinctement une tache blanchâtre, obturant complètement la prunelle ; elle resta pendant dix ans dans cet état. C'est alors que le docteur Rivaud-Landran la vit et ne put obtenir d'elle qu'elle se laissât opérer.
Selon M. Rivaud, la cataracte par fulguration serait due à un ébranlement d'où résulterait la rupture des attaches du cristallin et des vaisseaux qui le nourrissent, et comme conséquence son opacité. N'y aurait-il pas plutôt une action physico-chimique? C'est le cas de rappeler qu'en 1841, le docteur Krussel d'Helsingfors annonça avoir produit sur des animaux, à l'aide du pôle négatif, des cataractes qu'il pouvait dissoudre avec le pôle positif. Il disait aussi avoir dissous en cinq minutes, au moyen du pôle positif d'une pile, une cataracte grise, qu'un oculiste de Saint-Pétersbourg avait déclarée n'être pas opérable. Nous rappellerons que M. le docteur Edm. Morin a démontré que l'albumine était coagulée par un courant électrique sans subir de changement dans sa composition ; une coagulation directe du cristallin est donc possible, bien qu'il n'y ait pas ici lieu d'afQrmer que les choses se passent réellement de cette façon.
I VI. — De la cécité par fulguration. — Une
cécité plus ou moins prolongée est souvent le résultat des diverses affections que nous venons d'étudier. Il ne nous reste plus maintenant pour arriver à un résultat statistique, qu'à signaler plusieurs observations de foudroiement dans lesquelles, faute de détails, nous ne pouvons saisir au juste la cause de la perte de la vue.
Une vieille femme, atteinte par la foudre, resta trois jours privée de la vue ; alors elle commença à distinguer les objets placés directement devant ses yeux ; mais elle ne pouvait les remuer qu'avec douleur (Richard).
Une femme fut tout à coup aveuglée par la foudre ët recouvra la vue quelques jours après (P. Glare). Bertholon cite un cas semblable.
La foudre qui, le 8 juin 1747, tomba dans l'église des
Sestier, Il —
iîFFETS DE LA FOUDRE
Grands-Augustins, à Paris, parcourut le cliœur et brûla les sourcils d'un enfant de 8 ans, qui fut pendant 8 jours privé de la vue (1).
Un individu qui s'était trouvé dans le voisinage d'un enfant tué par la foudre resta sourd et aveugle pendant sept semaines (Bergman).
Le gardien d'un phare en Angleterre fut brûlé par la foudre et resta privé de la vue pendant quelque temps : il la recouvra à la longue, mais elle resta toujours faible.
Si nous résumons maintenant l'état de nos connaissances sur la cécité par fulguration et si nous laissons de côté un grand nombre de foudroyés qui n'ont perdu la vue que pendant quelques instants, ou pendant quelques minutes, nous trouvons 14 cas de cécité par fulguration. Ces cas étant les seuls de notre nombreuse collection, nous considérons la cécité comme un accident assez rare de la fulguration. , Sur huit cas, avec indication de la cause de la cécité, nous trouvons six fois la sensibilité excessive de la rétine ou la photophobie et deux fois seulement l'amaurose. Dans les six autres cas, où faute de détails, la cause de la cécité nous est restée inconnue, nous pouvons cependant affirmer, à cause du peu de durée de l'affection, qu'il ne s'agissait pas de cataracte.
.. Sur ces 14 sujets aveuglés par la foudre, nous signalons 2 enfants, 3 jeunes gens et 9 adultes ou vieillards; nous voyons en outre que cette cécité a duré :
La durée a donc été de 3 jours h 1 mois dix fois, et de 7 semaines à 7 mois, trois fois seulement. Et remarquons que l'homme qui resta sept mois aveugle ne reçut que vers la lin
(1) Abb<i Poncclet. La nature. daui< la formation dn loiinerre. p. 105. Paris
Trois jours
Cinq à six jours Plusieurs jours , Vingt jours . . . .
Sept semaines. .
2 fois
Trois mois Sept mois.
SUR LES APPARRILS SRNSORIAUX lîH
(lu 7'' mois des secours qui furent couronnés d'un plein succès.
La cécité produite par fulguration est donc généralement de courte durée ; nous ne connaissons pas d'exemple de cécité qui ait persisté pendant plusieurs années.
Le second du navire américain le Visconsin fut aveuglé par la foudre pendant un orage terrible, et ne recouvra pas la vue. Mais la relation ne dit pas depuis combien de temps dure cette cécité (1).
I VIL — Altération de la cornée transparente.
— Jusqu'à présent, l'opacité de la cornée transparente n'a été constatée que chez les animaux et immédiatement après l'accident.
Elle est due sans doute à l'action locale du fluide électrique sur la cornée ; dans quelques cas, elle est certainement la conséquence de la brûlure de la cornée ; mais on ne saurait toujours invoquer cette cause.
Priestley, Galitzin ont cité des observations d'opacité de la cornée obtenue par des expériences directes sur des chiens, des poules, des pigeons.
A.RT. 2. — ACTION DE LA FOUDRE SUR l'OUIE.
Les personnes près desquelles la foudre vient de tomber éprouvent souvent à l'instant même des bourdonnements, des bruissements, une sensation semblable à celle que produisent des ■peupliers agités par le vent, des tintements ou des retentissements analogues à celui qui accompagne le choc d'un verre.
Ces sensations affectent le plus ordinairement les deux oreilles à la fois, plus rarement une seule; leur durée est de quelques minutes, et même de plusieurs jours.
Le même phénomène a été aussi plusieurs fois observé chez d'autres personnes au moment où elles reprenaient leurs sens, après avoir perdu connaissance pendant un temps plus ou moins long.
(1) Monil, Univ., 17 mai 1850
Chez les premières, les tintements et les bourdonnements peuvent ê(re attribués en grande partie au fracas du tonnerre ; mais la même explication ne peut s'appliquer aux secondes, qui le plus souvent sont tombées sans avoir rien vu, rien entendu.
La sensation d'un choc violent dans l'oreille a été accusée par quelques personnes; l'une d'elles, citée par Beard, éprouva depuis la même sensation à chaque coup de tonnerre.
Il n'est pas rare que l'homme soumis à l'influence directe ou indirecte de la foudre perde l'ouïe en partie. Cette dureté primitive de l'ouïe n'a guère duré que quelques jours au plus chez les individus dont nous analysons les observations.
Mais assez souvent les foudroyés sont atteints de surdité. Le phénomène exige un examen détaillé.
Nous n'avons trouvé dans notre collection que 14 cas de surdité complète occasionnée par la foudre; il est assez curieux que ce nombre soit le même pour la cécité. Cette circonstance pourrait porter à croire que les individus aveuglés par la foudre ont été en même temps privés de l'ouïe ; il n'en est rien cependant, car tous les sujets dont il est question dans ces deux catégories sont différents, un seul excepté, qui resta sourd et aveugle pendant sept semaines. Il est même remarquable que parmi tous les sujets qui ont éprouvé seulement de la dureté de l'ouïe , nous ne trouvons aucun de ceux qui ont été aveuglés par l'étincelle. Ces faits, dont le nombre est assez considérable pour avoir quelque valeur, démontrent l'indépendance dont la vue et l'ouïe jouissent l'une à l'égard de l'autre.
Parmi les 14 sujets privés de l'ouïe, nous ne trouvons pas un seul enfant; nous connaissons, au contraire, deux enfants aveuglés par la foudre.
Sur onze cas, où la durée de la surdité complète a été plus ou moins exactement déterminée, nous trouvons qu'elle a été de :
Quelques moments Quelques heures. .
Quelques jours. . .
2 fois.
SUR LES APPAREILS SliNSORIAUX
Sept à huit jours Sept semaines, . .
Six mois
Quelques mois . .
Ajoutons qu'un mMot paraît être resté sourd depuis son accident; il l'était du moins au moment où a été close l'observation qui le concerne.
Aucune de nos observations ne constate une surdité qui aurait persisté pendant toute la vie du sujet.
Le retour de Voim se fait, en général, d'une manière graduelle; il aurait été subit dans le cas suivant. Borelli (1) dit avoir vu un homme et une femme qui, rendus sourds par le bruit du tonnerre, ont, au bout de six mois et contre tout espoir, recouvré subitement la faculté d'entendre, a;près avoir éprouvé une sorte de craquement dans l'oreille. Il attribue ce phénomène au départ subit des humeurs qui obstruaient l'organe.
La surdité par foudroiement est due à l'action variée de la décharge électrique sur les centres nerveux et sur les nerfs auditifs eux-mêmes, ou peut-être aussi aux filets nerveux de la caisse du tympan.
L'oblitération subite du pavillon de la trompe d'Eustache en serait-elle quelquefois la cause? L'observation précédente de Borelli semblerait devoir le faire soupçonner. Le feu électrique, qui parfois atteint les fosses nasales, la bouche, le pharynx et le larynx, agirait-il alors plus particulièrement ' sur la trompe d'Eustache? Mais, sur ce point comme sur d'autres, nous attendons de nouvelles observations.
Quant à la rupture de la membrane du tympan, on sait qu'elle n'atteint presque jamais qu'une seule oreille, et que 'si elle occasionne parfois de la surdité de ce côté, le malade peut entendre de l'autre. D'ailleurs, elle n'a été que très-rarement constatée chez les foudroyés. Nous en citerons plus tard deux ou trois exemples signalés sur le cadavre; pour ce qui concerne l'homme vivant, nous n'en connaissons encore qu'un seul cas biem constaté.
1 fois.
(1) HisL et obsero. médic. phy».
iU ElfFKT.S DE LA FOUIMlli
Un charretier^ blessé par la foudre lors du terrible orage qui s'abattit sur Paris le 30 juin 1834, fut transporté à l'IIôtel-Dieu, où il ne tarda pas à se rétablir de sa paralysie et de ses blessures.
Le 4 juillet, en se mouchant, il s'aperçut pour la première . fois que l'air sortait par son oreille gauche, et le 5, à la visite, après l'avoir engagé à fermer le nez et la bouche et à gonfler les joues, on entendit l'air sortir en sifflant à travers la membrane du tympan; la main sentait le courant d'air qui se produisait ainsi; le malade affirma qu'il n'en était pas ainsi avant l'accident, que toutefois il avait ressenti depuis deux jours un léger tintement dans cette oreille, tintement qui se produisait encore lorsqu'il chassait l'air par l'oreille. L'ouïe de ce côté était plus faible que du côté droit; d'ailleurs, point d'écoulement de pus ou de sérosité, pas de douleur; on appliqua un bourdonnet de charpie dans l'oreille, afin de tenter le recollement de la membrane du tympan, en évitant le passage de l'air. Mais le malade ne voulut pas s'astreindre à l'emploi de ce moyen. Bientôt il sortit de l'Hôtel-Dieu.
ART. 3. — ACTION DE LA FOUDRE SUR LE GOUT ET SUR l'odorat.
Trois personnes citées par Mountaine, Gastillier et Gaultier de Glaubry, atteintes directement par la foudre, ont accusé, une fois revenues à elles, une saveur de soufre et d'hydrogène sulfuré dans la bouche et dans la gorge. Deux autres personnes ([ui se trouvaient dans la sphère d'activité de la foudre, mais qui ne lurent pas directement atteintes, oui éprouvé la même sensation. Une jeune lille garda cette saveur sulfureuse pendant 48 heures. (Ludwig.) Une autre jeune fille, à genoux sur le marchepied de l'autel d'une église, no fut point frappée, mais pendant plusieurs jours il lui sembla fju^elle aralait de la fumée de soufre et de bitume.
La femme citée par Gaultier de Claubry, et qui se plaignait du goût d'hydrogène sulfuré, rendit, le lendemain de l'acci-
dent, des selles et des urines qui répandaient la même odeuPr /Voir Intoxication par la foudre.)
Nous noterons ici l'odeur sulfureuse qu'un grand nombre de personnes ont perçue lorsque la foudre est tombée dans leur voisinage, ou lorsque, directement frappées, ehes ont repris leurs sens et remarqué l'odeur de leurs vêtements. ■
Nous signalerons plus loin la brûlure de la muqueuse des fosses nasales constatée chez les animaux, et jamais chez l'homme. On conçoit combien une pareille lésion moditierait
l'olfaction. i . -n
Ritter affirme qu'outre l'envie d'éternuer et le chatouillement, il se développe au pôle positif une odeur acide, au pôle négatif une odeur ammoniacale, comme s'il y avait décomposition d'un sel ammoniacal.
Valentin dit que cette sensation manque souvent; Wagner n'a pas pu la produire. M. Longet a fait plusieurs fois passer des courants électriques dans ses fosses nasales; il a éprouve un picotement vif dans la pituitaire, avec sécrétion abondante de larmes, mais sans perception d'odeur.
Pfaff et de Humboldt (1) avaient échoué dans des tentatives analogues.
Nous ne ferons que citer l'odeur phosphorée et même d'autres sensations olfactives qu'ont notées quelques observateurs.
ART. 4. ACTION DE LA FOUDRE SUR LA PHONATION ET l'articulation DES SONS.
La voix et la parole reçoivent souvent de graves atteintes de l'explosion électrique directe ou à distance.
Si certains foudroyés en revenant à eux, ont seuiement la voix sourde et gémissante, si d'autres ne parlent d'abord qu'en balbutiant, ou n'articulent qu'imparfaitement et avec une grande difficulté, il en est aussi dont les organes de la phonation et de la parole sont beaucoup plus gravement affectés.
(1) Expér, •?«)■ le galvanisme, p. 319.
Les uns, par exemple, perdent la voix, tout en conservant la faculté d'articuler les très-faibles sons qu'ils émettent encore; d'autres, au contraire, perdent la faculté d'articuler tout en conservant la voix ; d'autres enfin, perdent à la fois ces deux facultés, ou bien, dans une phase de leur guérison, retrouvent la voix, mais non point encore la parole.
II est à remarquer que souvent alors les organes de la déglutition, si intimement liés à ceux de la voix et de la parole, sont en même temps plus ou moins affectés.
Les phénomènes dont nous parlons ont une durée trèsvariable, de quelques heures à quelques jours; ils se prolongent parfois pendant des mois et des années.
La guérison peut être subite : nous citerons en particulier un cas où l'excessive frayeur causée par un orage redonna subitement la parole à une personne qui l'avait perdue plusieurs mois auparavant, au moment de la fulguration.
Quant à la cause intime de ces phénomènes, nous invoquerons, suivant les circonstances, la nature des symptômes concomitants et l'état physique des parties; tantôt /a tantôt le spasme et la contraction tétanique des muscles qui président à la production et à l'articulation des sons.
Parmi les observations que nous avons examinées et qui nous paraissent dignes d'une mention particulière, il en est qui, tout en spécifiant le mutisme et la perte de la parole, ne nous font pas connaître cependant si ces phénomènes dépendaient d'une aphonie ou de la perte de la faculté d'articuler ; ainsi, une jeune personne observée par le docteur Tournier, de Besançon, fut atteinte d'un mutisme complet à la suite d'un coup de tonnerre, sans présenter d'ailleurs aucune lésion extérieure ni aucune altération des facultés intellectuelles : ce mutisme durait déjà depuis plusieurs jours lorsque le fait fut publié.
Un officier du génie, cité par Ackermann, se tenait à Rendsburg, l'épaule droite appuyée contre un pilier, lorsqu'il fut légèrement blessé par la foudre et renversé à quelques pas de là. Après un quart d'heure, il revint à lui, mais il ne pouvait niparler ni avaler : cependant, trois semaines après, il était parfaitement guéri.
SUR LES APPAHEILS SENSORIAUX 137
Au rapport de Lami, un jeune homme fut tellement saisi I par le passage d'une trombe fulminante, qu'il en perdit la I parole : il en mourut quelques jours après.
L'aphonie presque complète, avec conservation de la faculté t d'articuler, a pu être observée.
Le 10 septembre 1845, vers deux heures de l'après-midi, I la foudre tomba sur une maison du village de Salagnac (Creuse). ;B..., âgé de 30 ans, grand, bien constitué, doué d'une ! forte voix de basse-taille, fut renversé par la foudre. Il se i releva quelques instants après comme un homme ivre et I frappé d'aphonie. Le docteur Maslieurat-Lagémard arriva ; peu de temps après ; il observa au-dessus de l'œil droit une petite tache de la dimension d'une lentille, semblable à ' celle qu'aurait produite l'application d'un fer rouge ; sur le ' dos du nez il y avait deux rainures privées d'épiderme. Il n'y avait aucune autre lésion, et de douleur nulle part, et pourtant B... pouvait à peine se faire entendre. Le lendemain la voix prit un peu plus d'intensité, en restant aiguë et chevrotante ; peu à peu elle s'améliora ; et au bout de huit jours elle était redevenue normale. Il n'y avait ni rougeur ni douleur dans le pharynx, dans le larynx, même à la pression ; il semblait au malade qu'il avait besoin de faire un grand effort pour émettre les quelques sons imparfaits qu'il pouvait moduler.
L'auteur de cette observation avoue .lui-même qu'il ne saurait fournir aucune explication valable des faits qu'elle renferme.
Desjardins a cité un fait d'aphonie par foudroiement qui durait encore treize jours après l'accident; mais le matelot, sujet de cette observation, ne pouvait émettre aucun son. Dans le cas suivant, l'aphonie qui, du reste, n'a été qu'apparente, a reconnu une tout autre cause.
Un homme, cité par Maccaulay, éprouva, bientôt après le foudroiement, une douleur aiguë dans le côté droit ; lorsqu'il voulait parler, cette douleur devenait si vive, que le blessé, pour ne pas la développer, évitait avec le plus grand soin de parler, aussi paraissait-il avoir perdu la voix ; bientôt la douleur ayant disparu, le malade put parler librement.
La perte de la l'acuité d'articuler les sons, en d'autres termes, la perte de la parole, a peut-être existé seule chez le sujet suivant :
Une petite fille de dix ans, citée par Mayer, ayant été frappée de la foudre, resta pendant assez longtemps hémiplégique et privée do la parole ; phénomène que l'auteur attribue à la paralysie de la langue ; l'emploi de l'électricité lui fit retrouver les mouvements et la parole.
La perte simultanée de la voix et de la faculté d'articuler des sons très-faibles et très-voilés nous paraît avoir eu lieu dans le cas suivant :
Un jeune homme de quatorze ans, terrifié par un violent coup de tonnerre, resta muet. « Sa langue, dit Troostwyk, était lâche et détendue, les muscles qui dirigent la partie supérieure de la trachée étaient paralysés, la déglutition était fort difficile, et le malade ne pouvait ni rire, ni pleurer, ni donner aucun son. » Il fut guéri par l'application de l'électricité.
L'observation qui suit est du plus haut intérêt : nous y voyons le foudroyé perdre la voix et la parole, et plus tard la voix revenir, mais sans la faculté de l'articuler.
Le matelot Brown, foudroyé à bord du Camhrian, après être resté pendant quelque temps froid, sans pouls, et dans un état tétanique, reprit bientôt sa chaleur et s'endorm" profondément. A son réveil, on constata qu'il avait perdu la vue, par suite de la paralysie des nerfs optiques et des muscles élévateurs des paupières. (Voyez Vision.) Mais là ne se bornaient pas les tristes suites de son accident; on reconnut en effet que ce malheureux avait perdu complètevient î usage de la parole, et que la déglutition était trèsdiflicile; il accusait des douleurs dans la tête, dans les orbites et dans le larynx. Ces dernières augmentèrent au point que toute déglutition devint impossible et que le malade ne pouvait prendre aucune nourriture, quoique son appétit fût bon. L'épine dorsale était douloureuse au moindre mouvement, et la mâchoire inférieure ne se mouvait qu'avec peine. La langue qui paraissait beaucoup plus petite qu'à l'état normal, était rétractée dans l'arrièro-bouchc et ses mouvements étaient
difficiles. Après trois mois d'un traitement dont nous parlerons plus tard, la déglutition se faisait sans grande difficulté, le malade poavnit sijjlor, émettré des sons, dés cris, mais il ne pouvait pas articuler ime seule parole.
Entin la faculté de parler lui revint subitement dans les circonstances suivantes : en se rendant à Londres, à bord d'un bâtiment en rade deDeptford, il fut surpris en route, et pour la première fois depuis le foudroiement dont il aviut été l'objet, par un violent orage. Il fut tellement effrayé qu il se sauva dans la première maison dont il trouva la porte ouverte, se cacha dans une cave et attendit la fm de l'orage, 'dans une grande anxiété, et sans qu'on pût le faire sortir du coin où il s'était blotti. S'étant enfin bien assuré que l'orage est passé, il se hasarde à monter dans une chambre, y trouve une Bible, l'ouvre et commence à lire à haute voix. Etonné, il regarde autour de lui, persuadé qu'une autre personne lit les mêmes versets ! Il comprend enfin avec bonheur qu'il a recouvré l'usage de la parole. (Godfrey.)
Troostwyk cite un exemple d'un enfant qui resta muet après un coup de foudre, et ne pouvait que difficilement déglutir. L'emploi de l'électricité lui rendit la parole et les mouvements libres du pharynx.
SECTION IV. - ACTION DE LA FOUDRE SUR LES APPAREILS DE LA YIÈ ORGANIQUE.
Sommaire. — Art. I. Action de la foudre sur la respiration, — § I. Dyspnée
§ II. Laryngo-broncliitc. — § III. Hémorrhagies des conduits aériens. — § IV. Bronchopneumonie. — Art. II. Jctionde la foudre sur la circulation. — Art. III. Action de la foudre sur le lube digestif. — Art. IV. Action de la foudre sur Us sécrétions . — § I. Sécrétion salivairc. — § II. Sécrétion biliaire. — § III. Sécrétion urinaire. — Art, V. Menstruation. — Art. VI. Action de la foudre sur les femmes enceintes.