‹ De la foudre, de ses formes, et de ses effets (volume 2)Chapitre 24 sur 156 · EFFETS SALUTAIRES DK LA FOUDRE · texte numérisé non relu

EFFETS SALUTAIRES DK LA FOUDRE

apoplexie ; dans l'aut re, des convulsions hystériques. L'hémiplégie s'est présentée trois fois et la paralysie deux fois avec une^durée presque toujours considérable.

Deux seulement de ces malades furent directement atleints par la foudre, les autres en ressentirent seulement l'influence, et tous les sept furent guéris. La guérison est graduelle une fois, très- prompte deux fois, mstantanée chez trois autres ; elle est définitive et radicale trois et peut-être quatre fois : cette circonstance n'est pas mentionnée dans les autres cas.

On sait que la frayeur a pu guérir des paralysies : d après Valleriola, un habitant d'Arles, affecté d'une hémiplégie jusqu'alors rebelle à toute médication, en fut guéri subitement par l'excessive frayeur que lui causa l'incendie de la maison qu'il habitait. Schenck rapporte un fait semblable arrivé chez un jeune homme paralysé depuis longtemps.

Le même auteur rapporte qu'un violent accès de colère guérit subitement son cousin affecté depus six ans d'une paralysie des membres inférieurs.

Voici deu^ autres observations où la nature de la paralysie est inconnue : un domestique perclus de ses deux bras gardait les animaux aux champs quand il fut renversé par la foudre sans être blessé ; lorsqu'il revint à lui, il avait recouvré l'usage de ses bras et de ses mains (1).

Lorsque le paquebot le New-York fut frappé à deux reprises à neuf heures de distance, tous les passagers étant au lit et en dehors de l'action du courant électrique, échappèrent au danger ; mais avec une circonstance toute particulière, c'est que l'un d'eux, infirme, d'un âge avancé, et d'un embonpoint remarquable, dormait dans un lit dans la cabine des dames, sa femme et son jeune enfant étaient dans la chambre contiguë. Cet homme était si peu en état de prendre de l'exercice qae, depuis trois années, il n avait pas marché l'espace d'un demi-mille et qu'il n'avait même point paru sur le pont, depuis le commencement du voyage : or, après les deux décharges

(1) Hist. de l'Acad. det se. (1773).

électriques, il quitta son lit, monta sur le pont et se promena de tous côtés, librement et sans manifester la moindre gêne, mais dans un état d'aberration mentale. Par bonheur, le dérangement des facultés intellectuelles ne fut que momentané, et l'influence bienfaisante de l'électricité sur les infirmités fut durable; car non-seulement le malade conserva Tusage de ses jambes pendant tout le reste du voyage, mais il fut même en état, quand on eut mis pied à terre, de faire, à pied, une assez grande course pour se rendre chez son hôte (Scoresby).

D'après les observations suivantes, des spasmes, des tremblements dans les extrémités, la cécité, la surdité, le mutisme, auraient reçu de la fulguration de très-notables améliorations.

Au rapport de Gardini, une femme fut guérie par un coup de foudre d'un mal de tête très-opiniâtre, de palpitations, de différents spasmes et de convulsions qu'elle éprouvait depuis longtemps. Malheureusement la guérison ne fut pas de longue durée.

Un cultivateur, cité par le docteur Poilroux, fut cruellement brûlé par la foudre et momentanément paralysé des extrémités inférieures. Cette paralysie fut traitée en particulier par des frictions ammoniacales et des vésicatoires. A la suite de cet accident, cet homme fut presque entièrement guéri d'un tremblement des extrémités supérieures, auquel il était sujet depuis très-longtemps.

Un acieur du théâtre de Surrey à Londres, M. Gardley, qui depuis plusieurs années était complètement aveugle de l'œil droit, retrouva subitement la vue à la suite d'un coup de foudre.

Le 17 juillet 1821, la foudre tomba à Biberach en Prusse, sur deux jeunes cultivateurs et les blessa plus ou moins grièvement : l'un d'eux, qui élait sourd, recouvra l'ouïe (1).

Tulpius raconte, après vérification du fait, qu'un jeune homme muet depuis trois ans, à la suite de l'ablation de la moitié de la langue, ressentit un grand mouvement dans les muscles de cet organe, au moment où il vit briller un éclair

(1) Sage, Effets de la foudre el des trombes.

EFFETS SALUTAIRES DE LA FOUDRE lll

suivi d'un violent coup de tonnerre, et recouvra immédiatement la parole (1).

§ II. — Rhumatisme etgôutte. — M. Lavrillère, 38 ans, courrier de malle-poste, était atteint depuis cinq ans de douleurs rhumatismales continues avec de fréquentes exacerbations, et chaque année il éprouvait une recrudescence au mois de mars. Après une pleurésie grave, à l'une de ces époques, il eut une attaque de goutte dans le pied droit, et la douleur persista dans la jambe et dans le pied. La santé générale était assez mauvaise. Le 9 du mois d'août 1834, M. Lavrillère fut atteint, entre Dijon et Genlis, par la foudre, qui tomba entre les deux chevaux de devant de la malle-poste ; les quatre chevaux furent renversés et le postillon lancé dans un fossé. Le courrier et une dame qui l'accompagnait ne ressentirent qu'une commotion. « Il m'a s semblé, dit M. Lavrillère, qu'on m'ôtait quelque chose du » corps, je me suis trouvé aussitôt exempt de douleur, léger » et bien portant. » La santé, l'embonpoint revinrent rapidement, il n'y eut plus d'exacerbations au mois de mars, mais de temps en temps l'ancien goutteux ressentit quelques secousses électriques dans la jambe droite (Chailly).

C'est là un exemple de rhumatisme et de goutte habituels guéris par la foudre.

A Plancy (Aube), la foudre tomba, le 20 juillet 1843, dans un atelier où se trouvaient réunis plusieurs bonnetiers. L'un d'eux, atteint de douleurs rhumatismales, se trouva entièrement guéri.

I III. — Affections diverses. — Nous avons déjà signalé comme effet sur les voies respiratoires, la guérison du rhume dont était atteint M. Gaultier de Claubry quand la foudre l'atteignit. Rice cite un autre exemple de guérison de toux et de fortes douleurs de poitrine. — Voici une autre observation de Diener, intéressante au point de vue thérapeutique : un homme de 56 ans souffrait d'un asthme depuis longtemps; la foudre tomba dans sa chambre, y blessa une

(1) Observ. med., lib. 1, observ. 41.

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femme, sans l'atteindre lui-même. Il déclara n'avoir pas souffert et n'avoir jamais aussi facilement respiré que depuis le moment où la chambre avait été remplie de vapeurs sulfureuses par la foudre.

Slrangurie. — La négresse de 70 ans, chez laquelle la foudre avait ramené une menstruation régulière, était aussi atteinte de strangurie, elle en fut guérie; plus tard, cette affection se fit ressentir mais d'une façon bénigne (Leconte).

Le fait suiyani, relatif à une t umeur du sein, est certainement des plus importants, il a été communiqué au docteur Al. Eason de Dublin, par le docteur Hicks et le révérend M. Wynne(l).

M™®Wynne, après un accouchement, fut atteinte d'une tumeur squirrheuse du sein gauche; M. Hicks lui opposa inutilement plusieurs traitements. Craignant que l'affection ne prît le caractère cancéreux, il engagea la malade à aller à Dublin consulter MM. Dunt et Lister, qui la renvoyèrent dans son pays, convaincus que le seul moyen curatif était l'extirpation de la tumeur à l'aide du bistouri. Plusieurs mois s'écoulèrent sans qu'il survînt quelque changement à la maladie. A cette époque, M""^ Wynne, étant à sa fenêtre pour admirer un ciel orageux, reçut un coup de foudre sur la partie gauche de la poitrine; le courant parut avoir traversé le sein et être sorti par le dos. La couleur de la robe de soie fut enlevée à diverses places; la flanelle qui recouvrait le sein fut un peu roussie, comme si elle avait été repassée par un fer trop chaud. La malade tomba sur le carreau et y resta sans mouvement jusqu'à la nuit; on réussit à la ranimer avec de la moutarde et de l'alcool. Deux jours après cet accident, le ^ docteur Hicks trouva, à son grand étonnement, la tumeur du sein très-ramollie et considérablement diminuée; peu de temps après, elle disparut complètement.

Ce cas remarquable fait naître naturellement une question pratique : puisque la foudre et l'électricité de nos machines sont de même nature, ne serait-on pas encouragé a essayer les chocs électriques contre les gonflements indures des glandes? Cette médication ne pourrait-elle pas, au moins, venir en aide à d'autres moyens?

(1) Medic. and philos, comment, by sodely in Edinburgh, t. IV, p. 82.

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