EFFETS SALUTAIRES DE LA FOUDRE
urinaire ; nous signalerons aussi l'intéressante histoire d'une tumeur du sein ramollie et résorbée après la fulguration, et nous citerons enfin trois cas de guérison d'un état maladif dont la nature précise nous est restée inconnue.
1 1. — Paralysie. C'est à Diemerbroeck('l) que la science doit l'intéressante observation qui suit.
Suzanne Schmacht était âgée de 6 ans, lorsqu'à la suite d'une très-vive frayeur, elle fut paralysée de tout le corps, la tête exceptée; un traitement long et compliqué fit disparaître la paralysie de la moitié supérieure du corps, mais elle persista sur la partie inférieure du tronc et sur les membres correspondants. Elle était complète depuis les lombes jusqu'aux pieds, en sorte que la marche était impossible sans béquilles ; Suzanne vécut ainsi misérablement jusqu'à l'âge de 44 ans.
A cette époque, au milieu d'une nuit de juin, éclata un trèsviolent orage avec éclairs et tonnerre, horribles à voir et à entendre : Suzanne contre son habitude en est excessivement effrayée et prie Dieu avec ferveur. En ce moment, et au plus fort de l'orage, son frère frappe à la porte de sa chambre à coucher, alors fermée en dedans, elle veut aller lui ouvrir et cherche des yeux ses béquilles ; ne les trouvant pas à leur place ordinaire, elle se dispose à sortir de son lit et à se traîner sur le parquet à l'aide de ses bras et de ses mains, lorsqu'elle sent pouvoir se tenir sur ses jambes, et en effet elle va sans difficulté ouvrir la porte. Son frère, la voyant ainsi debout et marchant en liberté, est tellement saisi de crainte, qu'il est sur le point de tomber évanoui. Grand fut l'étonnement des habitants de la ville, lorsque le lendemain, ils virent Suzanne se promener dans les rues : des milliers de curieux vinrent même de loin admirer cette cure si miraculeuse. « Moi-même, ajoute Diemerbroeck, qui pendant plu- )/ sieurs années avais connu la malade dans son misérable » état de paralysie, et l'avais mille fois visitée, je pus cons- » tater ensuite pendant plus de quinze ans sa guérison K entière et radicale. »
(i) Observ. et curât, med., observ. x.
M. Leflfers, de la Caroline du Nord, paralysé de tout le côté gauche depuis son enfance, fut foudroyé dans sa chambre le 10 août 1807. 11 perdit connaissance pendant 20 minutes, et au bout de quelques jours il recouvra graduellement et pour toujours l'usage de ses membres. Une Ihiblesse de l'œil gauche disparut également, le malade put écrire sans lunettes; mais, par contre, il fut frappé de surdité (1).
M. Winter, pasteur à Kent, âgé de 54 ans, paralysé par apopli^ie le l^"" juillet 1761, fut foudroyé le 24 août 1762, dans la soirée. Il fut éveillé par le bruit du tonnerre, sentit sa poitrine allégée d'un poids énorme, et le lendemain se trouva guéri de toute trace de paralysie (Wilkinson. Cette observation est aussi détaillée par Gardini).
Gardane (2) rapporte qu'un paralytique depuis 20 ans prenait les eaux ferrugineuses de Tumbridge, lorsque la foudre l'atteignit et lui rendit l'usage de ses membres.
La professeur Nieuhof a vu un cas pareil sur un jeune homme (Troostwyk).
Le 24 juin 1781, la foudre tombant sur un hôpital d'une petite ville de la Bavière autrichienne, parcourut quelques lits ; dans l'un d'eux se trouvait un hémiplégique qui put se lever le lendemain et marcher sans aide. ( Troostwyk et Gazette de santé 1781. )
Une paysanne de 46 ans était atteinte d'hémiplégie à la suite de convulsions hystériques; la foudre tomba dans la chambre où elle était couchée et assez près d'elle. Le docteur Giuse[)pe Barrea trouva la malade dans une angoisse mortelle et en proie à un tremblement général causé par la frayeur. Il se borna à pratiquer une saignée. « Le lendemain, dit M. Barrea, je fut fart étonné deti'ouver cette femme dans un état de santé très-satisfaisant, et maintenant elle se porte bien (3).
En comparant ces sept observations, nous voyons cinq hommes et deux femmes, atteints d'une paialysie dont l origine n'est indiquée que deux fois : dans Tune, c'est une
{l) Schweigg. Journ., t. XXXV, p. HS.^el Quartely journ.,XUl, p. 419.
(2) Conjectures sur l'éleclricité. faris (1768).
(3) Arck. de méd., série, t. XI, p. 2^6.