ART. 2, — TEMPÉRATURE DES CADAVRES
Les observations nous manquent pour apprécier avec rigueur les modifications que présente la température des cadavres des foudroyés.
Ils se refroidissent sans doute très-rapidement, puisque, en général, chez eux, la roideur et la putréfaction apparaissent promptement. Le fait suivant, que nous trouvons dans les observations météorologiques de Toaldo, serait peut-être alors l'expression d'un fait plus général. Une personne, tuée par la foudre en 1783, près de Sallon, aurait perdu à l'instant sa chaleur naturelle, et son corps aurait été trouvé ex-
cessivement froid. Ce froid et cette roideur observés dans quelques cas auraient simulé la congélation.
Cependant on a cité quelques cas où la chaleur se serait conservée assez longtemps.
Ainsi : chez un soldat tué par la foudre à bord du Good- Hope, et qui ne présenta pas de rigidité cadavérique, la chaleur du corps se serait conservée pendant un temps considérable (Pétrie).
Le corps d'un homme tué à bord du Wasp, le 10 janvier 1814, serait resté chaud pendant deux jours. Il est vrai que cela se passait dans le golfe de Floride, où la température est très-élevée à cette époque de l'année (1).
Le 29 septembre 1772, vers deux heures de la nuit, à Harrowgate, un homme fut tué par la foudre dans sa propre maison; on ne le mit dans le cercueil que le l*-'"" octobre au soir, c'est-à-dire 40 heures environ après sa mort, et cependant, même alors, le cadavre n'était pas encore froid (Kirhshaw). Mais on ne dit pas si le corps, placé sur un lit, n'y aurait pas été chargé de couvertures. Aussi l'observation suivante nous offre, sous ce rapport, un haut intérêt.
Dans la nuit du 10 au 11 décembre 1840, la foudre tomba à bord de la Bellone, naviguant dans le canal de Rhodes; un canonnier fut tué sur le coup. Or, malgré la rigueur d'une nuit d'hiver, et bien qu'enveloppé d'une simple toile, dans un local presque ouvert (chambre du gaillard d'avant), le cadavre conserva sa chaleur pendant un temps inaccoutumé, en sorte que, treize heures après l'événement, il était encore chaud (2). (Minonzio.)
ART. 3. — IRRITARILITÉ MUSCULAIRE.
L'irritabilité musculaire s'anéantit sans doute très-promptement sur le cadavre des foudroyés, mais aucune expérience directe ne confirme cette probabilité. Une expérience de Brown-Scquard vient en aide à nos assertions : Biwn-
(1) Naulic. Mng.. t. XII, p. 807.
(2) Un fait semblable est rapporté dans leCosmos, t. II, p. 264.
ROIDEUR CADAVIÎRIQUE m
Séquard enleva les membres antérieurs à un lapin et fit passer par l'un d'eux un courant électro-magnétique puissant: l'irritabilité musculaire diminua peu à peu et disparut complètement au bout de dix minutes. Alors la rigidité commença à s'y montrer et dura une demi-heure, puis la putrélaction s'y développa avec rapidité.