DE LA FULGURATION CHEZ LES ANIMAUX 2J
qui suit la muraille tombe très-souvent perpendiculairement avant d'atteindre le sol.
Les considérations précédentes nous fourniront plus tard d'utiles indications quant aux précautions à prendre pour se mettre à l'abri de la foudre, ou pour diminuer le danger de ses atteintes.
ART. s. — PRONOSTIC DE LA FULGURATION CHEZ LES ANIMAUX.
« L'homme, dit Pline (1), est le seul des animaux que la » foudre ne tue pas toujours ; tous les autres en meurent sur » le champ : c'est une prérogative que la nature lui accorde, » quoique tant d'animaux le surpassent en force. » Pline dit aussi que, parmi les oiseaux, l'aigle seul n'est jamais foudroyé.
Solus homo a fulminis ictu curatur, cùm reliqua aniinalia semper Buffocentur, » dit F. Borelli.
Cardanus s'exprime ainsi (Liv. 11) : « Fulmen omnia animalia. prœter hominem solo contactu occidit. »
Contrairement à ces assertions, nous pouvons citer quelques animaux qui n'ont pas succombé aux atteintes directes de la foudre. Ainsi :
Un cheval, âgé de 8 ans, reçut la décharge électrique sur la tête, dont les crins et l'épiderme furent brûlés en plusieurs endroits ; il fut en outre sillonné sur le poitrail et sur l'un des membres. D*abord, il parut prive de vie; mais, après des âspersions d'eau froide, il se releva et finit par se rétablir. (Von Hordt.)
Près de Newcastle, un cheval eut l'épaule brisée par la foudre; il ne fut pas tué sur le coup; mais, ne pouvant plus servir, il fut mis à mort peu de temps après. (Holroyd.)
Dans l'accident arrivé à Fougères et dont nous avons déjà parlé, un des chevaux attachés au râtelier fut frappé à la tête; l'œil gauche était fortement tuméfié, les ciis brûlés, et le dessus de la paupière entièrement dénudé des poils qui la recouvraient; on voyait en outre une incision à la partie in-
{l) Hist. nat., liv. II, chap. lv.
l'KONOSTIC ET STATISTIQUE
férieure de la mâchoire ; on parvint cependant à sauver l'animal (Blondeau).
Voici quelques autres observations moins précises que les précédentes :
Howard (1) dit que le i^^ août 1826, près de Worcester, un attelage de trois chevaux, conduit par un homme et par deux enfants, fut atteint par la foudre. Chevaux, hommes et enfants furent renversés ; le cheval de devant fut tué, les deux autres blessés.
Le cheval du docteur Brillouët fut jeté dans un fossé, y resta sans mouvement pendant trois quarts d'heure, parvint enfin à se relever, mais il devint plus tard excessivement faible et ses jambes s'arquèrent.
La foudre étant tombé sur le Good-hope, cinq ou six porcs placés dans une cage à l'avant du navire furent tués, tandis que d'autres, qui n'étaient séparés des premiers que par une toile furent épargnés. Un autre porc, sur le deuxième pont, - fut également tué et cinq à six autres éprouvèrent seulement une paralysie du train de derrière (Pétrie). La paralysie de ces derniers pourrait bien n'être due qu'à un phénomène d'influence, et non pas à une action directe.
Nous pourrions citer un grand nombre d'animaux, de chevaux surtout, renversés auprès d'animaux tués par la foudre et qui bientôt se sont relevés ; mais rien n'établit qu'ils ont été directement frappés.
Mais s'il est vrai que les animaux ne succombent pas toujours à la fulguration, il faut reconnaître que rarement ils lui survivent; c'est du moins le résultat des faits parvenus à notre connaissance.
Nous trouvons comme nombre d'animaux tués par la foudre.
Une prodigieuse quantitc d'oies, de canards, de pigeons, de petits oiseaux.
73 chevaux, juments, poulains 2 mulets.
2 porcs, 9 chiens.
3 chats.
1 lièvre.
4 ânes.
71 bœufs, vaches ou taureaux.
347 béliers, moutons ou brebis.
3 chèvres.
1 écureuil.
(1) Talh, I. GCXLIII.