INFLUENCE DES OBJETS MÉTALLIQUES
étudierons plus particulièrement les eiïcts de l'élincelle sur ces objets niétaliiiiues. En voici quelques autres :
Un laitier et sa servante, chargés de boiles à lait, furent atteints par la foudre sur la roule, près d'York (Th. Fowler). — Le 16 juillet 1850, non loin de Bury, un enfant de dix ans, qui montait un cheval et qui portait des bidons de lait, fut tué ainsi que le cheval (Clare). — Le 17 juillet 1821, près de Biberach (Prusse), la foudre tomba sur deux jeunes cultivateurs qui s'étaient mis à l'abri sous une botte de trèfle accrochée au bout d'une fourche en fer. L'élincelle suivit la direction verticale de la fourche, et atteignit celui qui la portait, et cependant ils étaient serrés l'un contre l'autre, ne formant, pour ainsi dire, qu'une seule personne (Sage).
C'est dans l'intérieur des maisons, près des fenêtres, que les faits suivants ont été observés :
Par un temps très-orageux, une dame étend la main pour fermer sa fenêtre; la foudre part, et le bracelet d'or que la dame portait disparaît si complètement qu'on n'en retrouve plus aucun vestige. Cette personne n'avait d'ailleurs reçu que de très-légères blessures. — Ce fait a été rapporté par Constantin en 1749 (Arago). — Au rapport du célèbre voyageur Brydone, madame Douglas regardait par sa fenêtre pendant un orage; la foudre éclate et son chapeau est réduit en cendres ; or, la forme de ce chapeau était soutenue par un mince fil métallique (Arago).
L'abbé Seconditi était occupé, dans sa chambre et près d'une fenêtre, à retirer, à l'aide d'un fil de fer, un bouchon tombé dans une bouteille qui avait contenu de l'encie, lorsqu'il fut atteint par un rayon fulgurant. — Un jeune homme fut tué sur son lit ; il portait plusieurs pièces d'or dans sa ceinture.
L'observation qui suit a été recueillie à bord d'un navire : lorsque le paquebot le New-York fut foudroyé, un matelot qui était occupé à percer une planche avec une tarière reçut un vigoureux coup à la main, et fut renversé avec force (W. Scoresby).
Nous ne ferons que rappeler la remarquable observation de fulguration du vaisseau le Saint-Louis.
Les animaux ont parfois présenté le phénomène que nous étudions, Ainsi, un pourceau enfermé dans une maison attenante à une autre qui venait d'être frappée de la foudre fut trouvé mort. Il portait un collier de fer (l'abbé Chapsal).
B. La déviation de la foudre, déterminée par des objets métalliques, qui nous a paru très-probable dans les cas précédents, est, ce nous semble, parfaitement démontrée dans les suivants, où nous voyons la foudre se diriger sur plusieurs individus et ne frapper que celui d'entre eux qui porte des objets métalliques. L'étude de ces faits, assez nombi'eux, offre le plus vif intérêt. — Les premiers que nous citerons se sont passés dans des lieux découverts :
Le 30 août 1778, près de Mannheim, un soldat et une femme se réfugièrent pendant l'orage sous un arbre. Le soldat fut frappé de la foudre, qui l'atteignit d'abord à uneagrafe en toûbac qu'il portait au cou, et se dirigea sur divers autres objets métalliques. La femme, très-légèrement atteinte au pied, ne fut pas même renversée (Hemmer).
Le 17 août 1776, près de IJrûhl, une jeune paysanne, âgée de 18 ans, et un domestique s'étaient réfugiés sous un arbre pendant un orage. La foudre tomba sur cet arbre, et tua la jeune fille; le domestique fut renversé sans connaissance, mais ne fut pas blessé; il revint bientôt à lui. Or, la jeune fille portait un bonnet en laine noire, doublé en calicot et contenant du papier en plusieurs doubles ; le tout était soutenu aux bords par un fil de fer qui fut fondu en très-grande partie. Ajoutons que les agrafes de son corsage étaient en métal, que l'une de ses poches contenait un dé, un couteau et un chapelet garni d'une chaîne de métal (Hemmer).
Pendant un orage qui éclata sur Paris, le 11 mai 1863, la foudre tomba sur une voiture de blanchisseur, place Saint- Pierre, en fticc de l'escalier connu sous le nom d'Échelle de Jacob, à Montmartre. La bâche de la voiture a été percée. Un jeune homme d'une vingtaine d'années, qui se trouvait dans le véhicule, a été frappé mortellement; le cheval a été tué (1).
(1) Monileur universel du 12 mai 1865.