‹ De la foudre, de ses formes, et de ses effets (volume 2)Chapitre 82 sur 156 · DISTRIBUTION DES COUPS DE FOUDRE · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DES COUPS DE FOUDRE

qui ne sont point reliés les uns aux autres par une communication métallique. Nous n'avons donc point à nous étonner de la singularité du phénomène, ni surtout à en rechercher les causes.

Le fait suivant viendrait plutôt à l'appui de notre opinion : treize chevaux étaient réunis au même râtelier; huit ont été frappés simultanément. Le soldat de garde les a tous vus tomber sur le flanc droit. — Un seul d'entre eux a pu être rappelé à la vie : c'était le plus éloigné du point où l'électricité avait commencé à exercer son action ^destructive ; c'était, en un mot, le dernier des treize chevaux attachés au même râtelier. — Il avait été frappé à la tête, et renversé comme les autres ; mais il présentait des lésions extérieures, que n'offraient pas ceux qui avaient été tués sur le coup.

ART. 8. — DISTRIBUTION DES COUPS DE FOUDRE SUR LES PERSONNES DE DIVERSES PROFESSIONS.

Nous avons inscrit dans le tableau suivant la répartition de 159 coups de foudre sur des personnes dont la profession et la position sont nettement indiquées.

Nombre de coups Profession et situation des personnes,

de foudre.

92 Laboureurs, cultivateurs, moissonneurs, bergers, frappés dans les

champs, sous des arbres, etc.

18 soldats.

12 prêtres, ecclésiastiques, religieux.

9 sonneurs de cloches.

5 voituriers, charretiers sur la route.

S meuniers, sur la route ou dans leur moulin.

1 bûcheron.

2 serrurier, forgeron.

2 ouvriers, occupés à réparer des tours ou clochers.

3 employés du télégraphe électrique.

2 ouvriers des chemins de fer.

1 colporteur, dans les champs.

1 postillon.

2 médecins, en roule pour leurs visites.

1 physicien, expérimentant au sommet d'une montagne.

2 expérimentateurs.

1 gardien de phare.

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Ainsi, ce sont les personnes qui travaillent aux champs qui sont le plus souvent tVappées ; il faut bien remarquer que la saillie que présente un individu en rase campagne, sa plus grande conduclibilité sont autant de conditions qui provoquent le foudroiement.

Sur 18 coups de foudre qui ont atteint des soldats, il y en a eu 7 dans les casernes, mais chaque coup de foudre a ordinairement frappé plusieurs personnes à la fois. Deux ■ soldats ont été frappés dans leur guérite que l'on devrait munir de paratonnerre quand elles sont isolées des habitations. Les autres soldats ont été atteints dans des lieux découverts.

Une seule fois la foudre a touché un corps de troupe en route, bien que la masse métallique dont les soldats sont accompagnés rende la chute de la foudre plus probable.

« Parmi les bizarreries sans nombre que présente la foudre, » dit M. Boudin (deuxième mémoire, page 19), nous n'en r> connaissons pas de plus étrange que la chute fréquente de » ce météore; dans l'antiquité, sur des hommes de marque, p dans les temps modernes sur des prêtres, non-seulement D pendant leur séjour dans les églises, mais encore hors de » l'enceinte de ces dernières. Que la position souvent isolée, ,) que l'architecture spéciale des églises, que l'agglomération » des personnes au moment du service divin, constituent des « causes prédisposantes à la fréquence des accidents, c'est ce » qui nous paraît peu contestable. Mais reste toujours à ex- » pliquer la chute si fréquente de la foudre sur l'autel et les » phénomènes singuliers, signalés par des historiens les plus » dignes de foi, et enfin le très-grand nombre de prêtres » frappés à leur domicile ou sur la voie publique. » Et dans une note, même page, l'auteur ajoute : « Les livres qui » traitent du tonnerre citent à chaque page des prêtres

» foudroyés. » , „ r. j-

Nous sommes loin de partager l'opinion de M. Boudin. Nous dirons d'abord que les bizarreries de la foudre seraient beaucoup moins nombreuses si les hommes, toujours amis du merveilleux, ne cherchaient pas à les multiplier sans raison suffisante.

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