CHAPITRE in
Sommaire. — Dèdnitioi). Historique. — Feu Saint-Elme sur les clofhers, les navires, les paratonnerres, les barres mélalliqucs, les piques, les baïonnettes, les canons de fusil, les pointes métalliques, les roctiers, les eaux, la neige, les branches d'arbres, les animaux, l'homme. — Feu Saint-Elme au milieu des orages. — Sa transformation n décharge presque foudroyante. — Feu Saint-Elme sans manifestations lumineuses. — Théorie. — Pronostic.
Feu Saint-Elme. — On désigne sous le nom de Feu Saint-Elme des manifestations lumineuses de formes et de couleurs variées, accompagnées ou non de bruit, qui se montrent le plus ordinairement en temps d'orage, et en tout cas, quand l'atmosphère est fortement chargée d'électricité, sur certains corps saillants à la surface du sol et même de la mer. L'intensité de la lumière est généralement peu considérable, aussi ne les aperçoit-on le plus souvent que pendant la nuit, ou bien quand les nuées sont tellement opaques qu'elles produisent une sorte de nuit artificielle. Enfin, il arrive que la manifestation lumineuse n'est pas perçue et qu'on n'est averti de la présence du météore que par un bruit de crépitation tout particulier.
Les anciens ont donné à ce phénomène les noms de Castor, de Pote et celui d'iî^'/me, leur sœur.
Au moyen âge, on admettait à tout propos l'intervention des puissances surnaturelles au milieu des tempêtes. Au xu^ siècle, on avait admis la présence dans l'air de démons ennemis des navigateurs à qui les saints venaient porter secours. La vierge Marie était plus spécialement invoquée, et sa présence était indiquée par des fiammes bleues et légères au sommet des mâts et des agrès. Les prières s'adressaient aussi à des saints : à saint Germain, évêque d'Auxerre en 418; à saint Nicolas, évêque de Myre en Lycie. Les Espagnols mvoquaient Pierre Gonzalès, nommé Patronus Maris Hispamœ, et représenté dans ses habits de dominicain, tenant à la mam un cierge à fiammo bleue. Les Italiens et les navigateurs do la
Méditerranée s'adressaient plus spécialement à Sanctus-Erasniiis, martyr sous Dioclétien, en abrégé S. Ermus, en italien S. Bruno et par euphonie S. Elmo. C'est ainsi que le château Saint-Eline, à Naples, et\e fort Saint-EI,me, à Malte, doivent leur nom à l'église consacrée à saint Érasme. Telle serait l'origine du nom Saint-Elme d'après M. Piper (1). Quelques auteurs ont dit saint Telmus pour saint Elmus.
Le nom Saint-Elme, et non Saint-Helme, ne dériverait donc ni d' Hélène ni û'Hermès, l'un des Cabires, divinités du paganisme, invoquées dans les malheurs domestiques et dans les tempêtes; et ce serait à tort que plusieurs auteurs auraient adopté les dénominations de feu Saint-Hélène, de feu Hermès.
Le feu Saint-Elme, dit aussi feu Sainte-Claire, est dans quelques cas Yignis lambens des Latins; c'est le Fuego di San- Almo des Espagnols; le Corpo sancto des Portugais qui lui donnent le nom de Corona de Nostra Senora, s'il est formé de cinq ou d'un plus grand nombre de lumières; c'est le Fuoco di S. Pedro, di S. Nicolao des Italiens; le Comazant, le Corposant des Anglais; le Sanct Elias Feuer, S. Elias-Feuer des Allemands; le Vred-Vyer des Hollandais.