‹ De la foudre, de ses formes, et de ses effetsChapitre 26 sur 72 · I. — Feu Saint-Elme sur les clochers. — i° Le · texte numérisé non relu

I. — Feu Saint-Elme sur les clochers. — i° Le

pasteur Lesser rapporte que le 2 février 4749, vers six heures du soir, pendant un violent orage de neige et de grêle, treize flammes apparurent sur les pointes et sur les angles en métal du toit de la tour de Saint-Pierre, à Nordhausen en Thuringe. Les flammes étaient d'un bleupàle, d'un pouce et demi de hauteur sur un demi-pouce de largeur; elles n'étaient pas agitées par le vent qui soufflait avec violence et produisaient un bruit semblable au bourdonnement d'une mouche prise dans une toile d'araignée (2). Les" flammes disparaissaient à l'approche du doigt ou en les abritant contre le vent, pour reparaître aussitôt que la main s'éloignait et que le vent atteignait de nouveau les pointes métal-

(1) Aun. de Poggendoif, t. LXXXII, p. 317 (IS.-il).

(2) Bergman, De averl, fulm., p. 174.

liques qu'elles surmontaient : ce pliénomène dura un quart d'heure ;

2° Le clocher de l'église du village de Plauzat, en Auvergne, est surmonté d'une croix en fer dont les extrémités sont en forme de fleurs de lis, avec des pointes aiguës ; toutes les fois que survient un fort orage, accompagné de nuages épais et d'éclairs fréquents, on voit apparaître à chacune de ces extrémités une lumière qui varie en couleurs comme Tarc-enciel; ces trois flammes se terminent en cône; quelquefois elles durent une heure et demie et résistent à la pluie, quelque abondante qu'elle soit. Depuis un temps immémorial, on a remarqué que la foudre ne tombe pas à Plauzat ou dans son plus proche voisinage une fois que les flammes ont commencé à briller sur la croix de l'église; aussitôt qu'elles se manifestent, on n'a, dit-on, plus rien à redouter du météore. Ce fait a été observé par le curé Binon, qui résidait à Plauzat depuis vingt-sept ans (1).

3° Le 23 mai 1761 , à Wusterhausen , on vit, immédiatement après un éclair et un violent coup de tonnerre, une lumière, brillante comme un cierge, apparaître sur la pointe du clocher; une pluie subite et de courte durée l'éteignit; mais bientôt elle se remontra plus vive, plus rouge qu'auparavant, et ayant alors la circonférence d'une assiette. Après qu'elle fut restée à la même place pendant une demi-heure, une pluie plus durable la fit définitivement disparaître;

4° En 1769, le clocher de Hohen-Gebrachim, près de Regensbourg, fut incendié par la foudre. L'année suivante, il fut réparé et la croix débarrassée de la rouille qui la couvrait. Un soir de cette année, par un violent orage, une aigrette de feu apparut sur cette croix, plus brillante que toutes celles" qu'on avait observées les années précédentes ; bientôt elle augmenta de volume, parut lancer des étincelles ou des rayons, et s'étendre à presque toute la croix. Ce brillant phénomène dura une heure environ, et disparut subitement après un violent coup de foudre, qui n'atteignit cependant ni

(1) Hamb. magaz., l. IX, p. 339.

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la croix ni le clocher, mais très-probablement un arbre dans le jardin voisin (I).

3" Le feu Saint-Elme fut remarqué par Ackermann, le 5 janvier 1771, à dix heures du soir, sur l'une des girouettes du clocher le plus élevé de Nicolaï à Kiel; la force et la vivacité de sa lumière augmentaient ou diminuaient suivant la force de l'orage (2).

6" Le 22 janvier 1778, pendant un violent orage accompagné de pluie et de grêle, Monget aperçut des aigrettes lumineuses sur plusieurs des sommités les plus élevées de la ville de Rouen (Arago.)

7" Sauvan, cité par Toaido, aperçut un orage, le 21 juin 1783, sur la boule du clocher des Grands-Augustins à Avignon, avec une couronne de lumière qui dura trois quarts d'heure et hnit à onze heures du soir (Observ. météor., p. 20.)

8° Dans la nuit du 23 septembre 1785, la foudre atteignit le paratonnerre de la tour de Saint-Reinold à Trémone, en Westphalie. Le sénateur Feldmann vit, peu de moments après, un magnifique faisceau de lumières sur la pointe sud de la lanterne de cette tour. (Hemmer.)

Le 23 février 1792, dans la soirée et au milieu de tourbillons de neige, apparurent un grand nombre de feux Saint- Elme sur la boule du clocher de l'église évangélique de Hermanstadt; on vit d'abord de petites flammes d'un blanc bleuâtre sur le sommet de cette boule ; bientôt elles l'envahirent tout entière et même s'étendirent à son support couvert en fer-blanc. Ces flammes s'agitaient, augmentaient et diminuaient avec le vent. Ce phénomène cessa en même temps que la neige. Des feux semblables scinlillèrent aussi sur la boule du clocher de l'église catholique, mais plus tard, et probablement parce qu'elle était moins élevée que la première (3).

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