‹ De la foudre, de ses formes, et de ses effetsChapitre 36 sur 72 · Pendant le terrible orage qui éclata sur Paris au mois · texte numérisé non relu

Pendant le terrible orage qui éclata sur Paris au mois

(1) Acad. des se. de Bruxelles et Institut, t. XIX, p. ^8.

(2) Inst., t. XX, p. 78, séance du 3 août i850.

(3) Mén. de la soc. des se. pliys. 'de Laicsnaae, t. I, p. d07.

(4) Soc. philom. de Paris, G juin 1840. L'InsiUul, l. VIII, p. 209.

Sestier. ' - 1 — 9

m DES FORMKS DR LA POUDKE

de juillet 1854, la foudre tomba sur la maison habitée par M. Léon Gatayes, et s'y divisa en plusieurs rayons ; l'un d'eux, illuminant la cour entière comme un incendie, courut, semblable à un rat enflammé, devant la loge du concierge; puis, passant sous la porte cochère et traversant la rue, alla mourir sur le trottoir, où il laissa une trace légère; d'autres rayons, sous la forme de brandons enflammés, rasèrent la face principale de la maison (1).

Églises, clochers, tours. — Le clocher de la cathédrale de Sienne avait été armé d'un paratonnerre peu de temps avant l'événement dont nous allons parler. Le conducteur descendait sous l'horloge, passait en dehors par une petite fenêtre, suivait, dans une rainure, l'une des faces extérieures de la tour, et aboutissait dans la terre d'une petite rue au-dessous de laquelle passait un courant d'eau.

Or, le 18 avril 1777, vers 6 heures du soir, au milieu d'un violent orage, on vit subitement étinccler les ferrures qui supportent la grande cloche placée tout au haut de la tour, immédiatement au-dessous du pied du paratonnerre, et sortir de la petite fenêtre au-dessous de l'horloge, un globe de feu de couleur pourpre qui, après avoir parcouru le conducteur fixé le long du mur, s'ensevelit en terre. Mais, avant d'entrer dans la 'rainure pratiquée dans le mur et qui logeait le conducteur, ce globe de feu lança plusieurs grosses étincelles qui tombaient sur le pavé et qui furent comparées aux étincelles qui tomberaient d'un tison bien allumé, et qu'on frapperait contre un mur. Était-ce des portions du globe de feu, ou des parties de fer en fusion? Il se répandit, dans la petite rue, une fumée qui avait une forte odeur de soufre. La barre du paratonnerre resta intacte. La tour, extérieurement et inlérieurement, n'avait reçu aucune atteinte. La plupart des spectateurs assurèrent que la foudre, qui s'élança sur la tour, avait paru sortir d'une rue qui en était à une assez grande distance. Personne ne fut blessé ; un homme fut seulement renversé et revint bientôt à lui (1).

(1) La Patrie, 7 juillet 1854. On peul lire deux remarquablo* exeniplcs dans les ComiHes rendus de l'Académie des sciences, L XXX\ , p. IHJ ei i-'-'-

(2) Prof. Pisloi. Joum. de phys. de Rozier, X. p. 379.

FOUDRE KN GLOBE

'2. Dans l'été de 1781, des jeunes gens étaient moniés au haut d'une tour pour jouir du spectacle des éclairs qui serpentaient et brillaient de toutes |)arts dans les airs; le nuage orageux était fort bas, et très-peu éloigné du faîte des maisons. Un éclair et un coup de tonnerre des plus effrayants se suivirent subitenient, et les jeunes gens virent, dans le jnênie instant, un globe de feu qui, descendant avec une rapidditc étonnante, vint frapper la tour, les étourdit sans leur faire ;iaucun mal, enfila un tuyau de fer-blanc qui aboutissait près (Id'une porte du rez-de-chaussée, et alla fendre la tête d'un cclou, le seul qu'il y eût sur la surface de la porte qui avoisiinait ce tuyau : la foudre passa de là à travers cette porte. . . ^sans lui causer d'autres fractures qu'un petit éclat de bois i|L|u'elle fit sauter, et remplit larrière-boutique d'un cordoninier, à laquelle la porte servait d'entrée, d'une fumée trèstépaisse avec une forte odeur de soufre (2).

3. Pyl, pasteur à Duylsbourg, a raconté à Musschenbroek (cequi est arrivé à Solingén, en 1711. Il prêchait un dimanip,he, lorsque, au milieu d'un orage,un globe de feu, qui ressera-. Iblait à une bombe, tomba parle clocher dans l'église, et éclata* à moitié chemin entre le toit et le pavé, en faisant un fracas Ihorrible. L'église se trouva subitement remplie de feu et de Ifumée. Trois personnes furent tuées sur le coup, et plus de cent aautres furent blessées. M. Pyl fut renversé de sa chaire.

Le 7 octobre 1712, à Sampford-Courtney, dans le Dewonshire, vers 3 ou 4 heures après-midi, le ciel étant rcouvert de nuages fort épais, quelques personnes, assem- Iblées sous le portail de l'église, virent tomber au milieu (d'elles une boule de feu qui, venant à éclater, les renversa à Iterre, mais sans les blesser. En même temps une forte explossion endommageait gravement le clocher, et quatre autres 'jjlobes de feu, gros comme le poing, pénétraient dans l'église imême qu'ils remplissaient de feu et de fumée par leur •explosion (John Chamberlayne).

Page 1