‹ De la foudre, de ses formes, et de ses effetsChapitre 35 sur 72 · ART. 2. — EFFETS DIVERS · texte numérisé non relu

ART. 2. — EFFETS DIVERS

1. Le27 juillet 1691, à Everdon. dans le comté de Northamplon, une boule de feu tomba au milieu d'un groupe de moissonneurs, et éclata en nombreux rayons qui tuèrent ou blessèrent plusieurs d'entre eux. (Voyez Blessures punctiformes. (Wallis.)

2. Au rapport du Rév. Jos. Wasse, un violent orage éclata, le 3 juillet 1725, sur le territoire d'Aynlio, dans le Northamptonshire, et la foudre tua, à Mixburg, un berger et cinq moutons. A peu près au même moment, un marchand de cette ville vit un globe de feu gros comme la tête d'un homme éclater en quatre fragments près de l'église. Entin Jos. Wasse lui-même remarqua à Aynho un autre globe de feu gros comme la lune, et entendit le sifflement qu'il produisit en passant au-dessus de son jardin.

a. M. Hearder, de Plymouth, cité par sir Harris, se trouvait sur une des collines de Dartmoor, lorsqu'une nuée orageuse qui avait déjà lancé des éclairs s'en approcha. Tout à coup, avec un craquement et une explosion terribles, une masse- énorme comme de matières fortement embrasées, et suivie d'un torrent lumineux, frappe un sentier tout près de l'observateur, se précipite sur toute sa longueur et disparaît dans un ruisseau au pied de la colline.

4. Le l*^"- août 1826, vers six heures du soir, un homme et deux jeunes garçons conduisaient, non loin de Worcester, un attelage composé de trois chevaux, quand tout à coup gens et chevaux furent renversés par la tbudre. Un cheval fut tué, les deux autres furent blessés ; l'homme fut grièvement blessé et les deux garçons restèrent intacts, et l'un d'eux afiirma que la foudre avait joué pendant quelques secondes autour d'eux avant de les' renverser (Howard).

5. Le tonnerre grondait depuis quelques instants, mais il ne pleuvait pas encore; tout à coup la foudre tomba à Hautefouille, canton de Charny fYomie). sur un gros chêne dont j'écorce fut séparée iln bois: celui-ci fut desséché, fendu, suivant un grand nombre de i-ayons.

FOUDRE EN ULOliE

Prenant alors la forme d'un globe de feu de 50 cenlimètres l Onviron de diamètre, le météore roule sur le sol, se dirige \vers la cour d'une ferme siLuée à plus de 300 mètres, menace ûde pénétrer dans une grange, et comme après un moment iid'hésitation, se précipite dans un abreuvoir où il disparait, m avait l'air de tourner avec une grande rapidité sur luiiiniéme et semblait lancer tout autour de lui la terre du sillon i|^u"il creusait dans 1-e sol en briîlant l'herbe sur tout son parreours. Aucun vestige de fumée ne fut laissé derrière lui. La durrée de cetimposani si)ectacle, autant quel émotion des témoins Itleur permit de l'apprécier, depuis le moment de la chute delà tifoudre sur le chêne jusqu'à la disparition du globe de l'eu dans Il'abreuvoir, leur parut être de plus d'une minute. (Séguier.)

6. Le phénomène suivant a été observé à Lyon, le nowembre 1849, à neuf heures et demie du soir, par un temps ocalme, un ciel pur et une température très-froide. On vit .alors une grosse masse ignée, avec un éclat éblouissant ocomme celui du soleil, traverser obliquement de l'ouest à n'est la presqu'île de Perrache et toml3er dans le fossé du Ubrt. Immédiatement averti du fait, M. Ledoux (1), capitaine i\u génie, se munit d'une lanterne pour se rendre à l'endroit (indiqué comme étant celui de la chute. Là se trouvait une ssentinelle, à 1 mètre de distance du point où le globe s'était éteint, aprèsavoir tourné deux ou trois fois sur lui-même, sans lïaire entendre le moindre bruit, sans imprimera l'homme au- (•:iune commotion, mais en exhalant une odeur analogue à celle dJu soufre en combustion. Dans son trajet atmosphérique, ce imétéore avait été suivi d'une tramée vaporeuse. AL Ledoux mit sur-lc-champ de nombreuses recherches qu'il recommença iile lendemain matin pour s'assurer s'il ne s'agissait pas d'un Liéiolithe; mais aucun résidu, m même aucune trace laissée >iui' le sol, ne vint déceler la présence d'un corps solide quel- • -touque de nature à pouvoir être attribuée au météore.

M. Ledoux ajoute que, dans cette journée du 29, le calme line régnait pour ainsi dire qu'aux alentours de Lyon; car iplus loin, sur le littoral méditerranéen, à Marseille", comme

(1) l'rocèn- verbaux de la société d'agi'kulim e de Lyon, séance du 22 février l iSoO. Noie sur les Globes de feu, par M. le professeur Fournel.

DiîS KOUMIîS DR LA FOUDHK

sur les boi-tls de l^Oeéaii à la Uoclielle, sévissaient de violentes tempêtes.

7. Au rapport de M. Fournet, le G janvier 1850, le froid était très-vif. Le ciel était chargé aux environs de Meulan lorsque de ce côté, à la sortie d'Ecquevilly, et vers 6 heures du soir, un globe de /"e?* tomba sur deux hommes qu'il enveloppa d'une lueur bleuâtre sans manifester aucune odeur, sans attaquer leurs vêtements, mais en leur faisant ressentir simultanément une commotion analogue à celle qu'aurait produite une machine électrique. Le choc les mit dans l'impossibilité de pouvoir parler pendant au moins une minute, et quand ils voulurent marcher, ils se trouvèrent comme perclus pendant l'intervalle d'une autre minute. Au moment de la chute, tous les objets environnants étaient éclairés par cette lumière bleuâtre ; mais le météore reprenant son mouvement, s'éleva lentement dans les airs et disparut derrière une grange voisine de la roule. Le phénomène fut d'ailleurs aperçu de Meulan, bien que cette ville soit éloignée d'environ 4 kilomètres du point de son apparition.

8. Lorsque, le 15 septembre 4781, vers 11 heures du matin, la foudre atteignit une maison à Brest et suivit un tuyau de 'descente en fer-blanc, en le rayant et le fendant en plusieurs points, un colonel d'artillerie, qui était au premier étage, debout devant la croisée la plus proche du tuyau, vit plusieurs boules de feu descendre et traverser devant cette croisée. Ces boules de feu , ajoute M. de Blavau, étaient vraisemblablement produites par le métal des trous du tuyau, qui avait été fondu par la matière fulminante.

Un caporal du même corps, qui était au bas de la maison, dans le jardin, prétendit avoir vu plusieurs boules de feu autour de lui, et avoir entendu une espèce d'explosion comme celle d'un pétard. .

9 M. Leclercq, agrégé à l'université de Liège, a signale le fait suivant, qui s'est passé le 7 juillet 1843, vers 9 heures et demie du soir : « Un orage venait d'éclater; le temps était même encore très-orageux, et je regagnais ma demeure. A une soixantaine de pas environ de moi, je vis, dans le milieu de la rue, une gerbe de feu d'une blancheur éblouis-

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santô do près de 3 pieds de diamètre, et de 4 pieds et demi de haut; elle se divisa en plusieurs parties, (|ui me parurent moins blanches et qui serpentaient horizontalement dans l'étendue d'une circonférence assez grande, en produisant chacune un craquement particulier ; elles donnèrent instantanément lieu à une très -violente détonation, suivie d'un

roulement très-long (1). »

10. Le même auteur a communiqué l'observation suivante à l'Académie des sciences de Bruxelles : «Le 9 août 1837, vers 7 heures et demie du matin, il avait éclaté un orage qui s'étendait dans la direction S.-O. sur toute la province de Liège; quoiqu'il ait duré plus d'une demi-heure, le temps était toujours orageux, les nuages étaient très-bas, et la chaleur suffocante ; vers 8 heures et demie, au moment de sortir de la maison avec d'autres personnes, nous vimes distinctement, au-dessus du trottoir de la maison en face, et sur une longueur de 5 rà 6 mètres, une lumière bleuâtre de la forme d'un prisme triangulaire, couché sur le trottoir par une de ses faces latérales, et dont l'arête opposée était ondulante et colorée d'un rouge pourpre; cette lueur se trouva accompagnée aussitôt d'une détonation sans craquement, très-forte et pleine, sans roulement, mais qui dura 6 à 8 secondes environ (2).»

11. Dans une rue de Morges (canton de Vaud), une sorte de bombe éclata un peu au-dessus du pavé en plusieurs traits de feu, dont l'un pénétra dans une boutique en faisant un trou a une vitre vis-à-vis d'une petite verge de fer servant à suspendre un rideau (Verdeil) (3).

12. Le 2 juin 1840, un violent orage éclata sur Paris, et plusieurs maisons furent foudroyées. Pendant sa durée, plusieurs ouvriers virent, dans le passage Saint-Maur, un globe de feu qui parut sur le sol et lança une pierre au loin (Peltier) (4).

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