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III. Choc en retour avec détonation et lumière

— Nous laissons à son auteur, toute la responsabilité de l'observation suivante :

Il y a quelques années, rapporte J. Curry, que, voyageant à cheval de Thrapston à Kettering, dans le comté de Northampton, un violent orage qui s'éleva devant moi, à la distance de 5 ou 6 milles, me fournit une occasion de contempler le choc en retour (the retuniing slroke) dans toute sa beauté. Je voyais distinctement l'éclair en zigzag, s'élancer de la partie la plus avancée du nuage jusqu'à la terre, tandis qu'après chaque décharge le choc de retour se communiquait de la terre jusqu'à la partie la plus reculée du môme nuage. Cependant, loin d'avoir la même rapidité que l'éclair fourchu, ce second éclair ne s'élevait qu'avec la vitesse d'une fusée volante, et l'on pouvait très-distinctement suivre son cours depuis la terre jusqu'aux nuages. Ce second éclair différait aussi du premier dans sa forme, il paraissait ondulé,

(1) Philos, tram., p. 61 (1786). Abridg., t. XVI, p. 186.

CHOC EN lUÎÏOUR

semblable à un large ruban frise ; et, soit à cause de la différence de densité des couches de l'atmosphère qu'il avait à traverser, soit parceque le nuage négatif auquel il allait se joindre n'était pas exactement perpendiculaire au lieu de son départ, il s'écartait presque toujours un peu de la ligne droite. Euiin, il en différait encore par sa couleur, qui variait beaucoup ; quelques-uns des jets étant d'une teinte foncée, comme du cuivre bruni, d'autres pâles comme de l'or pâle, mais aucun n'ayant cette teinte bleue et éclatante qui distingue l'éclair descendant. Ces différences sembleraient indiquer que l'éclair de retour n'est ni aussi concentré, ni par conséquent aussi destructif que l'éclair direct. Cependant un accident qui eut lieu pendant cet orage, montre que cette espèce d'éclair est aussi fort dangereuse. Un jeune garçon qui tenait un cheval par la bride, et qui s'était mis à l'abri sous une meule de froment, fut tué, ainsi que le cheval, tandis que le froment prit feu de bas en haut, précisément à l'endroit où se tenaient le garçon et le cheval.

Nous aurions maintenant à relater ici plusieurs observations qui nous paraissent se rapporter à l'histoire du choc en retour; si nous ne les insérons pas, c'est qu'elles laissent en nous qu elques doutes sur leur véritable signification ou sur leur authenticité.

Le 24 septembre 1826, dans la soirée, un violent orage éclata sur Versailles et sur les campagnes voisines, La foudre tomba sur la ferme de Gali, à la même heure et peut-être au même moment, M. B,.. âgé de soixante-douze ans, qui se trouvait dans une rue de Versailles, à une distance d'une demi-lieue de la ferme, éprouva une violente commotion, avec oppression et vertige, et grande gêne dans les mouvements de la langue et de tout le côté gauche du corps. Le 1 lendemain matin, il était à peu près dans son état ordinaire; ! mais le soir, à l'heure où la commotion avait eu heu, l'op- I pression, l'engourdissement et la gêne dans les mouvements I reparurent, et il en fut de même jusqu'à la fin de la semaine (et la périodicité des accès eut ainsi lieu jusqu'à parfaite guéirison. Au moment où M, B.,. reçut la commotion, il se trou- ' vait près du mur d'une maison et à très-peu de distance d'un

tuyau métallique conduisant les eaux pluviales jusqu'au niveau du pavé. L'intervalle entre chaque éclair et l'explosion prouverait alorsque l'orage n'était passur Versailles même (1).

M. de Monferrand est disposé à attribuer l'accident arrivé à M. B... à un choc électrique en retour; sous la dépendance du coup de foudre qui atteignit la ferme à une demi-lieue de là; mais, n'est-il pas probable qu'un courant électrique soutiré du nuage orageux par les armatures de la maison et suivant le tuyau métallique près duquel se trouvait M. B... ait agi fortement sur lui.

Il est un phénomène qui paraît se relier à l'histoire du Choc en retour, c'est l'apparition d'étincelles dans les maisons au moment où la foudre frappait leur paratonnerre ou tombait sur une maison voisine. On ne peut pas admettre que ces étincelles soient dues aux émanations directes du courant électrique primitif; elles sont sans doute le résultat de la brusque recomposition de l'électricité neutre dans les maisons auparavant sous l'influence du nuage orageux. Ce phénomène a été bien des fois observé.

(1) Ann. de chim. et dephys., t. XXIII, 2» série.

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