DIVERSES QUESTIONS DE PRONOSTIC
Sénèque nous a laissé les diverses interprétations auxquelles donnaient lieu les formes variées de la foudre (1). Mais les raisons qu'il en donne n'ont aucune valeur scientifique, nous ne pouvons donc en tenir un compte sérieux.
Gicéron lui-même réfute les superstitions de ses contemporains à l'égard de la foudre. « Jupiter ayant tonné, lancé la » foudre, il na pas été permis de tenir les comices du peuple y> romain. C'est peut-être une affaire de gouvernement. On '» a voulu que les comices pussent être entravés par certaines » causes. Aussi l'éclair n'est-il un mauvais signe que pour ') les comices, et quand il paraît à gauche, on le regarde » comme un auspice excellent pour toutes les autres af- » faires (2). »
I VI. — Pronostic suivant l'examen des lésions extérieures en général. — Abstraction faite de leur siège sur telle ou telle région du corps, la gravité, d'ailleurs très-variable des lésions extérieures produites par la foudre, n'exerce pas en général une grande influence sur l'issue heureuse ou funeste de la fulguration. Que ces blessures soient en elles-mêmes légères, graves ou très-graves, la mortalité ne s'éloigne pas beaucoup du tiers des individus foudroyés.
Voici les faits sur lesquels se fonde cette assertion : Sur 327 personnes frappées par la foudre et atteintes de lésions e 'térieures assez complètement décrites pour que nous ayons pu en apprécier la gravité, 227 ont survécu et 100 sont mortes, c'est-à-dire que la mortalité a été de 30,5 p. 100. Si nous recherchons plus particuhèrement la mortalité dans ses rapports avec la gravité apparente des lésions extérieures, gravité que nous distinguons à trois degrés et dont nous avons indiqué les caractères, nous trouvons les résultats suivants :
(1) Sénèque. Questions naturelles, liv. II, | XXXII et XXXIIÎ et XLIII à L.
(2) Gicéron. De la divination, liv. I, ch. lui.
Audiat hœc Genitor qui fœdera fulmine sancit.
Enéide, liv. XII, v. 201.
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