‹ De la foudre (volume 2)Chapitre 118 sur 198 · INFLUENCE DE LA CONSTITUTION PHYSIQUE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA CONSTITUTION PHYSIQUE

» le même phénomène. » — En admettant ce fait singulier, il reste à savoir à quel âge s'arrête cette insensibilité, à quel âge les nerfs ont acquis la consistance nécessaire pour cesser d'être bons conducteurs.

Ayant constaté que certaines personnes ne conduisent pas le fluide électrique ou ne le conduisent que très-imparfaitement, et que d'autres sont insensibles ou presque insensibles à son action, du moins dans certaines limites, nous demandons si ces conditions singulières et exceptionnelles peuvent modifier la fréquence et les effets de la fulguration. Nous répondrons d'abord que ce qui est vrai d'une simple étincelle de la machine peut ne plus l'être pour une décharge électrique aussi puissante que la foudre, et, parmi les faits que nous avons cités, il en est un qui vient à l'appui de cette remarque. En effet, le jeune homme observé par Troostwyk, qui était insensible à la décharge d'une bouteille de 32 et même de 86 pouces de surface, était violemment affecté par l'explosion d'une bouteille de 240 pouces. C'est donc aux observations mêmes de fulguration qu'il faudrait recourir pour résoudre, non plus par analogie, mais directement, la question proposée. Malheureusement , elles nous laissent dans une complète incertitude à cet égard; car, jusqu'à présent, on n'a pas étudié avec soin toutes les circonstances qui ont présidé au foudroiement, et en vertu desquelles, par exemple, telle personne a été épargnée au milieu de plusieurs autres atteintes par la foudre, etc. Nous sommes toutefois assez disposés à admettre que, de même que l'étincelle se dirigeant sur deux personnes voisines l'une de Tautre atteindra plutôt celle qui seule porte des objets métalliques, de m.ême aussi elle touchera la personne qui, par sa constitution physique, est un bon conducteur, et épargnera celle qui, par une constitution tout opposée, joue le rôle d'un corps isolant. — Nous sommes encore portés à croire que, toutes choses égales d'ailleurs, la foudre produira des effets d'intensité différents, suivant qu'elle atteindra un individu trèssensible ou un individu insensible à l'action des étincelles de la machine; en sorte que, en temps d'orage, le danger que court l'homme est, jusqu'à un certain point, en raison di-

recte de son degré de conductibilité ; mais que certaines personnes, en vertu de leur constitution, jouissent d'une sorte d'immunité par rapport à la foudre ? c'est ce qu'il nous paraît impossible d'admettre, jusqu'à preuve du contraire.

ART. 5. — liNFLUENCE DE LA TRANSPIRATION, DE LA SUEUR.

La vapeur qui entoure les individus couverts de sueur, et forme au-dessus d'eux une colonne humide et conductrice peut-elle dévier le rayon fulminant? Nous' ne pouvons, pour le moment, répondre à cette question par aucun fait observé sur l'homme; mais le suivant, constaté sur un animal, n'est pas sans quelque valeur : la foudre, ayant pénétré, en 1769, dans l'écurie du duc de Schweringen, sauta sur les râteliers garnis de fer et tua le neuvième cheval, qui, revenant de course, était encore en transpiration (Hemmer) (1). Toutefois, il faudrait savoir positivement s'il était attaché de même que les autres, ce qui est probable.

ART. 6. — INFLUENCE DES OBJETS MÉTALLIQUES PORTÉS PAR l'homme.

Lorsque, par un ensemble de circonstances déterminées, la foudre est sollicitée à tomber sur la terre et dans un certain rayon, la présence dans cet espace d'un individu porteur d'objets métalliques peut-elle im[)rimer au courant électri(iue un certain degré de déviation, en vertu duquel il vienne à frapper cette personne de préférence à toute autre chose? Distinguons deux cas, suivant que la personne est isolée ou qu'elle fait partie d'un groupe.

A. La déviation dont nous pai'lons nous parait très -probable, si nous considérons le grand nombre d'individus isolés qui, porteurs d'objets métalliques, ont été foudroyés dans les champs, sur les routes, dans les maisons et à bord des navires; nous en citerons plusieurs exemples, lorsque nous

(1) Aet. AcaA. Théod. Palat, t. IV, p. 39.

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