CHAPITRE IV
Sommaire. — Art. L — Considérations 'préliminaires sur les rapports des lésions des vêtements entre elles et avec celles de la surface du corps. — § L Effets variables de la fourtre sur les effets d'un même individu. — § II. Rapports entre les lésions des vêtements et les lésions de la surface du corps. — § IIL Vêtements intacts avec lésions de la surface du corps. — § IV. Vêtements altérés sans lésions extérieures du corps. — Art. II. - Des diverses espèces de lésions des vêtements. — § I. Vêtements brûlés. — § II. Vêtements déchirés, décousus. — §111. Vêtements troués. — § iV. Vêtements arrachés complètement. — Art. III. — De quelques vêtements en particulier. ~ § I. Souliers. — § II. Bas et chaussettes. — § III. Coiffures. — Art. IV. —Effets divers de la foudre. — § I. Déshabilleraent des foudroyés — § II. Projection de portions de vêtements. — § III. Objets tenus à la main. — Art. V. — Objets métalliques. - § I . Oijets métalliques appartenant aux vêtements. — § II. Ornements, bijoux. — § III. Objets métalliques non atteints. — § IV. Armes et objets métalliques divers. — § V. Montres. — § VI. Armes à feu.— § VII. Appendice. Selles et harnais. —Art. VI. — Considérations générales . — § I. Explication des phénomènes. — § Vêtements considérés comme protecteurs.
ART. 1. — CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES SUR LES RAPPORTS DES LÉSIONS DES VÊTEMENTS ENTRE ELLES ET AVEC CELLES DE LA SURFACE DU CORPS.
1 1. — Effets variables de la foudre sur les effets d'un même individu. — Les vêtements présentent assez souvent, sur le même individu, des lésions qui semblent appartenir à des agents différents. Ainsi, les vêtements du jeune Politi, qui consistaient en une veste de coton, un pantalon de toile et un gilet de piqué, furent les uns déchirés, les autres brûlés.
Entre autres faits de ce genre, en voici un des plus intéressants : M. Boddington ayant été foudroyé, une vieille capote de marin d'une grande épaisseur fut mise en pièces; l'habit fut fendu; le gilet fut troué en deux points correspondants aux deux extrémités d'un porte-crayon; le pantalon et le caleçon furent mis en feu.
I n. — Rapports entre les lésions des vêtements et les lésions de la surface du corps.— Très -
souvent les lésions produiles par la foudre atteignent à la fois
CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIUES ' 343
la surface du corps et les vêtements; le plus ordinairement ces lésions sont de même nature et de même forme. C'est, par exemple, une brûlure d'étendue variable qui a son siège sur la surface de la peau et sur les vêtements correspondants; ou bien les vêtements sont déchirés et la peau égratignée ou incisée ; ou bien encore ils sont criblés de trous et la peau est atteinte de nombreuses petites plaies faites comme par des grains de plomb. — On a même vu des fleurs de Lichtenberg tracées à la fois sur la peau et sur la face interne du vêtement. — Mais cette similitude de lésions n'existe pas toujours. Assez souvent, au contraire, la nature apparente de la lésion est différente sur la peau et sur le vêtement, et la foudre agit ainsi différemment sur deux objets qui se touchent mais dont la texture est différente.
Un des individus dont l'intéressante histoire est rapportée par Tilésius, eut les manches de son habit et de sa chemise déchirées comme par le passage rapide d'un pointe acérée, sans aucun signe de brûlure^, et cependant la peau était réellement brûlée dans les endroits correspondants.
Chez un homme, cité par Brereton et J. Adair, la manche droite de l'habit, du gilet et de la chemise, ainsi que la cuisse droite de la culotte, étaient entièrement ouvertes à la partie interne des membres ; le pied du bas droit et le soulier étaient déchirés en plusieurs places ; toutes ces lésions ne présentaient aucune trace de brûlure; et cependant ici encore la peau, dans les régions correspondantes, était le siège de brûlures profondes et étendues.
I ni. — Vêtements intacts avec lésions de la surface du corps. — Un phénomène non moins remarquable, c'est de voir les vêtements rester intacts, tandis que la surface du corps est atteinte de lésions diverses. — Tantôt ces lésions sont graves par leur étendue ou par leur profondeur; tantôt elles sont légères et de peu d'importance. Nous n'insisterons que sur le premier de ces deux cas.
Sur un homme atteint par la foudre, la plus grande partie de la peau de la région antérieure de la cuisse et de 1 1
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jambe avait été arrachée et les vêlements étaient intacts (Hooper).
Un jeune garçon eut la poitrine, les genoux et les jambes gravement brûlés ; les habits ne présentèrent aucune trace de lésions (Volger) .
Une vaste brûlure avait atteint une partie de la poitrine, de l'abdomen, ainsi que l'aine et la cuisse du côté gauche, sans que les vêtements présentassent la moindre trace de brûlure ou de déchirure (Beuttenmuller).
Une femme fut brûlée depuis les mamelles jusqu'à l'ombilic, sans que la chemise et les autres vêtements rapprochés du corps eussent été atteints. Toutefois le manteau fut brûlé comme par la poudre à canon (Treuoler).
Dans les observations suivantes, la lésion extérieure du corps était plus étendue et plus grave et cependant les vêtements étaient encore épargnés.
Un homme eut presque tout le côté droit brûlé, depuis le bras jusqu'au pied, comme s'il eût été exposé longtemps sur un brasier ardent, sans que sa chemise, son caleçon et le restedeseshabits fussent aucunement endommagés par le feu.
Un homme à bord de VEagle fut brûlé noir sur tout le corps et cependant sa chemise de laine ne fut pas lésée.
Presque toute la surface du corps d'un individu était le siège de plaies nombreuses et étendues ; la foudre n'avait respecté que les bras et le visage ; cependant les habillements n'avaient nullement souffert du fluide électrique; le chapeau seul avait reçu quelque brûlure, et l'un des souhers était déchiré vers la boucle (Poilroux).
Chez un charretier, la foudre perça entre les épaules, l'habit, la veste et la chemise, puis se glissa sous la chemise, à droite et à gauche, le long du tronc et des membres inférieurs, grillant sur toute cette vaste étendue les poils et l'épiderme; cependant la chemise, la culotte, les jarretières et les bas ne furent point endommagés. Mais les souliers furent trouvés à dix pas de là brûlés et coupés en morceaux (Henry).
Les deux faits suivants sont remarquables, non par l'étendue, mais [)ar la profondeur de la lésion.