‹ De la foudre (volume 2)Chapitre 129 sur 198 · CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES

Tlï. Neale ci!e un cas où les mains auraient été brûlées jusqu'aux os dans les gants restés intacts !

L'abbé Pinel rapporte qu'un homme eut, entre autres lésions, le pied droit très- profondément déchiré, le pied gauche étant resté intact. Or, le sabot droit ne fut point endommagé, tandis que le gauche fut brisé.

Après l'exposé succinct que nous venons de présenter, il nous paraît inutile d'insister sur les cas nombreux où des lésions légères ou peu étendues (maculatures, stries, ecchymoses, érythème, etc.) ont atteint la surface du corps sans que les vêtements aient été touchés par le fluide électrique, et nous renvoyons aux observations d'Alexander, de Hemmer, de Filleau, de Marcorelle, de Felbiger, d'Orioli, de Rice, de Volger et de plusieurs autres.

I IV. — Vêtements altérés sans lésions extérieures du corps. — Un des effets les plus remarquables de la foudre sur l'homme consiste en ce que les vêtements, même les plus rapprochés du corps, sont altérés, déchirés, troués ou brûlés sans que la surface de la peau soit lésée. Nous connaissons plusieurs exemples de ce curieux phénomène. — Le plus ordinairement on ne l'observe que sur une petite étendue du tronc ou des membres; ainsi :

Dans l'événement de Stralsund, un homme eut sa culotte et son caleçon en partie déchirés ou troués, en partie brûlés; la chemise elle-même offrait plusieurs petits trous et cependant la peau ne reçut aucune blessure.

Une jeune fille eut ses vêtements brûlés à la partie antérieure de l'épaule et n'en souffrit aucunement.

L'étincelle enleva à un matelot une bande de deux pouces de large de la manche de la chemise depuis l'épaule jusqu'au poignet sans le blesser (Harris).

Un homme eut la doublure de sa culotte et la face interne de son bas roussies sans lésions de la peau.

C'est surtout aux jambes et aux pieds que le phénomène dont nous parlons a été constaté.

Lorsque la foudre tomba , en 1747, dans l'éghse des Grands-Augustins, à Paris, une jeune tille de 18 ans

eut son bas entier brûlé sans que la peau fûf endommagée.

Plusieurs fois les souliers ont été arrachés, déchirés, troués, etc., et cependant la peau est restée intacte.

Un homme eut la semelle de son soulier arrachée sans être blessé (Bridgman).

La botte gauche d'un foudroyé avait été tellement lacérée qu'elle était presque réduite en charpie et pourtant aucune trace de brûlure n'apparaissait sur le pied.

Chez un troisième individu les souliers et les bas furent déchirés sans que les jambes fussent endommagées; un pied seulement fut blessé (de la Prade).

Une personne, atteinte de la foudre dans l'église de Stralsund, eut la moitié d'un soulier déchiré, la semelle percée comme par une petite balle, un grand morceau du pied du bas emporté, sans recevoir aucune sorte de blessure à la jambe ni au pied. Celui-ci resta seulement engourdi pendant quelques jours.

Parfois cependant, tandis que les vêtements sont gravement altérés, on trouve sur la peau quelques lésions, mais si légères et si peu étendues, que c'est à peu près comme si elles n'existaient pas, d'autant plus qu'on ne les observe même pas toujours là où le vêtement est le plus gravement atteint; ainsi :

Un homme cité par Lichtenberg eut ses habits coupés comme par la pointe d'un couteau depuis l'épaule gauche jusqu'à la pointe du pied, sans présenter aucune blessure, à l'exception d'une petite plaie au pied, sous la boucle du soulier.

Un homme, foudroyé sur le sommet du Righi, eut son chapeau percé et déchiré, sa cravate, soutenue par un fil de métal, déchirée en avant, son pantalon de nankin déchiré et brûlé du côté droit, sa chaussure lacérée en mille morceaux. Cependant, pour toute lésion extérieure, on ne trouva que des cheveux brûlés du côté gauche et quelques marques de brûlure au cou.

Un homme eut ses habits déchirés en atomes, sans présenter à la surface du corps aucune trace de l'action du fluide électrique, à l'exception d'une légère marque sur le front (Howard).

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