DES DIVERSES ESPÈCES DE LÉSIONS DES VÊTEMENTS
b. Parfois on trouve plusieurs trous aux vêtements, mais cependant en nombre assez restreint. Ainsi :
Chez une femme, le fluide électrique avait troué le bonnet, le fichu, la chemise, en plusieurs endroits, ainsi que le bas et la chaussure du côté droit.
Un homme avait la doublure en flanelle de son gilet roussie avec six ou sept trous faits comme par des grains de plomb .
c. Mais assez souvent les vêtements sont criblés d'un trèsgrand nombre de petits trous :
Le docteur Petit cite un jeune homme dont la cravate en coton, les bretelles, la chemise, le gilet, la veste et la ceinture du pantalon, ces derniers vêtements en toile, étaient transpercés de trous noircis et comme brûlés, et cependant la blouse qui recouvrait tous les vêtements n'était pas trouée. La cravate était percée en plus de 30 endroits; on voyait 11 troussur le col ensanglanté de la chemise et un grand nombre d'autres sur la partie de ce vêtement qui recouvre le devant de la poitrine. On trouvait encore sur cette chemise des trous et deux déchirures plus grandes vis-à-vis le côté droit du ventre. Les bretelles étaient, en devant, parsemées de trous brûlés et noircis, sans que leurs boucles d'acier fussent altérées; le gilet et la ceinture du pantalon étaient également criblés de trous.
Dans un cas cité par Ditharding, le vêtement, dans une certaine étendue, semblait avoir reçu toute une décharge de très-petit plomb : « Ac si grandine plumbo minutissimo lœsus esset. ))
Chez un jeune garçon de 14 ans, les habits correspondant au dos étaient troués d'une infinité de petites ouvertures qui étaient noires et sentaient la poudre à canon (Riïther).
Un homme et deux femmes avaient leurs habits percés en différents endroits de petits trous ronds du diamètre d'un pois, et la peau présentait de petites taches livides de même forme et de même étendue (Ros. Lentilius).
Dans la catastrophe d'Everdon, plusieurs individus eurent leurs vêtements percés de trous, comme si on avait tiré à plomb sur eux ; et même, chez l'un d'eux, le chapeau et une
partie des habits étaient tellement troués, qu'en les plaçant à contre-jour ils resseaiblaient à une écumoire (Wallis).
La distribution des trous multiples présente parfois des singularités fort intéressantes à noter. — Nous allons voir, en effet, le fluide électrique pénétrer de l'extérieur jusqu'à la peau à travers plusieurs couches de vêtements de diverses natures, perforer une ou plusieurs de ces couches et respecter une couche intermédiaire. Le plus ordinairement, c'est l'étoffe en fil qui restera intacte et qui semblera livrer au fluide un libre passage entre ses fils, comme à travers les orifices d'un crible, tandis que la soie, le coton et la laine seront percés en un plus ou moins grand nombre de points.
M. Ladurantie rapporte que la foudre, ayant atteint plusieurs personnes dans l'église d'Arec, brûla un homme aux deux bras. Or, les manches de sa chemise (sans doute en toile) étaient intactes, quoique les manches de ses deux gilets de laine, placés l'un au-dessus de l'autre et au-dessous de la chemise, fussent percées de plusieurs trous.
C'est au docteur Ebell que nous devons les remarquables observations qui suivent : un homme portait, au moment où il fut atteint par la foudre, une redingote ornée d'un galon d'or : le drap de cette redingote fut percé de plusieurs trous ronds gros comme la tête d'une épingle avec des bords roussis. La doublure en schallon présentait, dans les endroits correspondants, des taches roussies. — La veste de dessus, en soie, était percée d'un trou ovalaire de deux pouces de longueur et de 3/8 de pouce de largeur et qui ne comprenait que la soie : la doublure en toile de Silésie était intacte. Il en était de même en deux endroits de la culotte où le fluide avait percé deux trous dans le drap et avait respecté la doublure en parchin. —-Mais, chose remarquable, sous ces doublures restées intactes, la chemise (dont l'étoffe n'est pas spécifiée), était percée de nombreux petits trous et noircie par la brûlure. — Enfin la peau était roussie superficiellement et comme meurtrie dans les points où le fluide l'avait atteinte.
Chez un second individu victime du même coup de foudre, le fluide électrique, sans léser l'étoffe en fil du dessus du
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vêtement, avait roussi et percé la doublure en coton en deux endroits entre le bras et la poche; puis, par plusieurs trous pratiqués à la chemise (dont la substance n'est pas non plus indiquée), il était parvenu jusqu'à la peau, qui était affectée.
I IV. — Vêtements arrachés complètement. — Le 11 août 1855; un homme fut foudroyé sur un chemin, près deVallerois-le Bois (Haute-Saône), et complètement dépouillé de ses vêtements. On n'a pu recueillir de ses vêtements que quelques morceaux des brodequins ferrés qui le chaussaient, une manche de sa chemise et quelques lambeaux de vêtements. Dix minutes après la décharge, il reprit connaissance, ouvrit les yeux, se plaignit du froid, et demandait comment il se trouvait là tout nu. Il portait des blessures à la tête, au cou, des raies sur l'abdomen ; malgré de graves blessures aux pieds on avait l'espoir de le sauver (1).