DE QUELQUES VÊTEMENTS PARTICULIERS
La chaussure est quelquefois aussi décousue dans une étendue d'ailleurs variable. Ainsi :
La semelle d'une botte était décousue dans la longueur de quatre travers de doigts (Brillouët).
Une bottine était presque entièrement décousue (Dicopulo).
Les coulures d'une botte étaient déchirées et le cuir de devant enlevé (Oswald).
Les deux chaussures étaient déchirées dans les coutures (Schaffer).
E. Clous des chaussures. — Les clous des chaussures restent parfois intacts, quoique la foudre ait agi sur les extrémités inférieures. Ainsi :
Chez un foudroyé soumis à notre examen, les pieds et les jambes étaient le siège d'une vaste ecchymose pourpre, et cependant les clous nombreux et volumineux des deux bottines étaient parfaitements intacts; aucun d'eux ne manquait.
Les clous étaient également intacts chez un individu cité par Hoff et dont les bas étaient troués en deux endroits.
Mais il n'en est pas toujours ainsi et on a vu les clous fondus, ou chassés plus ou moins loin dans diverses directions. Par exemple :
Chez un enfant dont parle l'abbé Ghapsal, plusieurs clous furent fondus, et l'étincelle, en suivant plus particulièrement l'un d'eux, se livra passage au travers de la chaussure.
Chez un individu cité par M. de Quatrefages, les chaussettes furent déchirées en mille pièces; un soulier fut enlevé et porté à l'autre bout de la chambre et deux clous furent trouvés enfoncés dans le plancher, tandis qu'un autre, suivant une direction opposée, pénétra à quelque profondeur dans le talon du foudroyé.
Quant aux boucles et autres objets métalliques appartenant aux chaussures, ils sont étudiés avec les objets métalliques des vêtements.
F. Rapports entre les lésions du bas et du soulier. — Le bas et le soulier présentent assez souvent et à la fois le même genre de lésion. Ainsi :
Dans un cas cité par Ant. Louis, la foudre sortit du côté du
talon, qui fut contusionné, et déchira le bas et le quartier du soulier.
L'observation suivante est plus digne encore d'être mentionnée : chez une petite fille citée par Kohlreif, le bas gauche présenta plus de 16 trous, tandis qu'à l'endroit d'où la foudre s'échappa du soulier il n'existait qu'un seul trou, petit, rond et sans bavure.
Parfois cependant les bas sont troués et les souliers restent intacts. Par exemple :
Au rapport de Hoff, le bas fut troué en deux endroits correspondant à deux petites plaies de la plante du pied et les souliers garnis de clous étaient intacts.
D'autres fois, c'est le contraire qui a lieu; ainsi, sur le cadavre de Richman, on trouva au pied gauche une marque bleue, le soulier était percé et cependant le bas était parfaitement intact.
Un homme fut blessé à la tête par la foudre à côté de son fds, le fluide descendit le long de son corps et perça ses bottes. Son fils fut frappé au côté, le fluide traversa l'abdomen, descendit par une des jambes et fit un trou rond dans sa botte en pénétrant dans le sol (1).
I IL — Bas et chaussettes. — Les mêmes lésions que nous avons constatées sur les autres parties du vêtement se retrouvent sur celles-ci. Tantôt on y remarque des traces de brûlure, telles que raies ou taches roussies ou brûlées correspondant ou non à des lésions de la peau ; tantôt ce sont des déchirures plus ou moins étendues; tantôt ce sont des trous en nombre variable; tantôt enfin l'étoffe est mise en pièces et emportée.
Le 8 juin 1747, dans l'église des Grands- Augutins, une fille de 18 ans eut un bas entier brûlé par la foudre, sans que sa jambe fût endommagée.
I IIL — Coiffures. — Il en est des coiffures comme des autres parties de l'habillement : elles subissent de la part de la foudre des altérations qui varient suivant les cas. Tantôt
(1) Monit, univ. du 28 août 1861, et Cosmos, t. XIX.