DE QUELQUES VÊTEMENTS PARTICULIERS
ce sont de simples trous ; tantôt on trouve des coupures ou des déchirures plus ou moins nombreuses ; ou bien encore d'autres modifications assez curieuses. Examinons successivement ces différents cas.
A. Chapeau troué, — Souvent le chapeau est troué par l'étincelle foudroyante. Dans un assez grand nombre d'observations, on ne trouve qu'un seul trou dont le diamètre varie, et dans celles que nous avons sous les yeux, ce trou était rond, infiniment petit et à peine perceptible (xMinonzio) ; — de la grosseur d'un pois (Reimarus) ; — assez grand pour laisser passer l'extrémité du petit doigt (Bullmann et Sestier) ; — grand comme un rouble (Kiessing) ; — ayant une fois 15 lignes et une autre fois 3 pouces de diamètre (Goffin).
Parfois, au contraire, les trous sont nombreux et trèspetits, comme cela a été obsrvé sur le bonnet d'un matelot et sur un chapeau qui paraissait percé comme une écumoire (Wallis).
Les bords du trou sont intéressants à examiner. Tantôt ils sont nets et la pièce semble avoir été enlevée comme avec un instrument tranchant. Dans un cas de ce genre, le trou avait 15 lignes de diamètre et le morceau tenait encore par un point de la circonférence. — Tantôt les bords du trou sont visiblement brûlés. — Tantôt enfin, et c'est le cas le plus ordinaire, ils sont dentelés, taillés en barbe ou en étoiles. Mais alors, et c'est ici un phénomène digne de remarque, les dentelures ou barbes sont dirigées en haut ou du côté opposé au crâne, comme si l'étincelle avait agi de bas en haut. Ainsi :
Un chapeau de feutre grossier, appartenant à un charretier, nous a présenté sur le devant du fond un trou du diamètre de l'extrémité du petit doigt et dont les bords tomenteux et non brûlés étaient retroussés ; presque tout le fond et une grande partie de la forme du chapeau étaient déchirés en six fragments longs et irréguîiers qui tenaient par leur base et étaient divergents en haut, comme si quelque explosion avait eu lieu dans le chapeau et l'avait fait éclater.
Dans un autre cas cité par le docteur Coffin, un chapeau :^^ R?^^ ordinaire avait un trou de 3 pouces de diamètre
percé dans le devant de la forme et, autour des bords de ce trou, toutes les pailles avaient les pointes tournées en l'air.
Enfin le bonnet d'une jeune fille, observé par Régnier, présentait un large trou à bords déchirés et ne présentant pas la moindre trace de combustion. Les filaments de la déchirure étaient dirigés du côté du ciel ; cette déchirure ressemblait absolument à celle qui résulterait de l'action d'un bâton à extrémité arrondie qu'on aurait dirigé de bas en haut.
B. Chapeaux et bonnets déchirés, — coupés, — décousus. — Le chapeau est souvent déchiré ou coupé en nombreux fragments ou même mis en mille pièces. Dans l'un de ces cas, un fragment, large comme la main et examiné par Wasse, présentait un très-grand nombre de fentes irrégulières, comme s'il avait été coupé avec un canif. — Parfois le fond est seul enlevé et le reste du chapeau n'est nullement endommagé. — Ou bien encore c'est la couronne tout entière avec le fond qui est enlevée. — On a même vu un chapeau de paille disparaître entièrement à l'exception du bord. — Le plus ordinairement le chapeau ainsi déchiré n'offre aucune trace de brûlure ; quelquefois cependant, les fragments sont légèrement brûlés ou roussis en quelque point de leur étendue. — Les déchirures et lacérations que nous venons de signaler ont été également observées sur le bonnet de police d'un soldat et sur un bonnet de velours.
Parfois il arrive qu'une partie du chapeau n'est ni brûlée, ni déchirée, ni percée, mais simplement décousue : ainsi, dans un cas cité par Poilroux, le chapeau seul avait été brûlé, mais la coiffe avait été décousue sans être brûlée. — Aucune observation ne signale de chapeau troué dans un point et déchiré ou éclaté dans une grande partie de son étendue.
C. Autres altérations, — L'adhérence d'un plus ou moins grand nombre de cheveux aux morceaux d'un chapeau déchiré par la foudre n'est pas sans quelque importance à signaler, au point de vue de la médecine légale. Nous en pouvons citer deux exemples :
Dans l'un, observé par Brydone, le chapeau avait été
déchiré en mille pièces et on vit que des cheveux adhéraient fortement à ceux des fragments qui avaient fait partie de la couronne.
Dans un autre cas, cité par Bridgman, la couronne du chapeau avait été coupée net comme avec un couteau; on trouva quelques parcelles de cheveux comme incrustées dans la substance même du chapeau.
Les bonnets de femme sont aussi parfois brûlés, troués, déchirés par la foudre. La fontange d'une jeune fille, citée par Behrens, présentait cinq ou six légères brûlures faites comme par des étincelles « ah aspersis scintUHs. »
Quant aux fils de fer ou de cuivre qui entrent assez souvent dans la structure des chapeaux et des bonnets de femme, ils offrent quelquefois des altérations qui sont étudiées plus loin (1).
Un bonnet de nuit, appartenant à un homme, a présenté à l'observateur Kirsh un curieux phénomène : il était flambé ou roussi à l'intérieur, sans porter aucune trace de la foudre à l'extérieur; les cheveux étaient également flambés ou brûlés dans l'endroit correspondant. En dedans de ce bonnet de nuit, on trouva un fragment de la colonne du lit, laquelle, quoique en chêne très-fort et presque neuf, avait été déchirée et fendue de haut en bas en un très-grand nombre d'éclats.
Chez des individus portant perruque et atteints par la foudre, on a vu cette perruque tantôt rester intacte, quoique les cheveux eussent été brûlés par derrière (Bridgman), tantôt être partiellement brûlée (Siegelsbeck), tantôt avoir sa coiffe déchirée (Brereton), etc.
I L— Déshabillement, mise à nu des foudroyés.
— En voyant la foudre dilacérer, brûler les vêtements dans une très-'^grande étendue, on ne s'étonne plus de la voir déshabiller, mettre à nu des hommes et des femmes. C'est
(1) Vo5^ art. 5. Objets métalliques des vêtements.
en effet ce qui a déjà eu lieu plusieurs fois et suivant plusieurs modes.
A. Tantôt les boutons sont arrachés, les cordons rompus et les vêtements, déchirés ou coupés en vastes lambeaux, tombent sur le sol ou sont projetés au loin.
Les habits et les souliers d'une femme qui, au moment du foudroiement, était déguisée en homme, furent coupés ou déchirés par bandes et jetés à cinq ou six pieds autour de son corps, en sorte que, dans l'état de nudité où elle se trouvait, on fut obligé de l'envelopper dans un drap pour la porter au village voisin (Morand).
Une jeune fille, près de Briihl, fut presque déshabillée par la foudre qui déchira en quatre lambeaux un fichu de toile blanche ; le corset fut aussi déchiré en deux morceaux , au-dessous des agrafes; un des morceaux fut trouvé par terre et l'autre avec le lacet dans la déchirure de l'écorce d'un arbre voisin. La chemise était fendue dans une longueur de 30 centimètres ; les cordons du tablier et des upons étaient rompus et les vêtements étaient tombés sur le sol. Le tablier, déchiré dans une longueur de 60 centimètres, était complètement noirci (Hemmer).
C'est peut-être par le même mécanisme que plusieurs matelots ont été déshabillés en partie ou en totalité. Ainsi :
Au rapport de Bladh, trois matelots, frappés par la foudre sur la mâture du Stockholm- Scott, furent trouvés dépouillés de leurs vêtements dans la moitié inférieure du corps.
Quatre hommes se trouvaient au sommet du grand mât du Rodney lorsqu'ils y furent foudroyés. Deux d'entre eux périrent ; leurs vêtements avaient totalement disparu , dit le capitaine Ilyde-Parker : ces deux hommes étaient, quand on les releva, dans un état de nudité complète.- — Les deux autres matelots n'avaient été ni sérieusement blessés, ni même fortement étourdis, quoique le pantalon de l'un d'eux eût été arraché sur la jambe droite.
B. Tantôt la mise à nu du foudroyé résulte de ce que les vêtements ont été réduits en petits lambeaux, en mille morceaux, qui sont projetés au loin.
Un berger dont parle Wasse, avait sa chemise et les vête-
ments qui recouvraient la partie supérieure du corps déchirés en lambeaux qui pendaient autour de lui et, à partir de la ceinture, les vêtements étaient complètement enlevés et éparpillés sur le sol.
Un jeune homme cité par Ralph Thoresby fut compléte- .ment dépouillé de ses vêtements, à l'exception d'une petite portionde sa chemise, qui lui restait autour du cou, et d'une très-petite portion d'un bas sur le pied. De la manche de son habit, il restait tout juste de quoi entourer le poignet. Les souliers avaient été chassés des pieds ; l'un de ces souliers était fendu et on ne put retrouver l'autre. — On ne retrouva pas non plus le chapeau. Quant aux vêtements, ils étaient réduits en lambeaux et disséminés loin les uns des autres.
Les vêtements d'un homme cité par SchuUer furent déchirés d'une manière bien remarquable. Ainsi, le chapeau de feutre noir était divisé en plusieurs morceaux irréguliers et brûlés en partie. La cravate de soie noire et les bretelles en toile étaient en lambeaux ; l'habit de laine bleue, orné de chaque côté de dix boutons en argent (1), était déchiré au dos et sur les côtés. La culotte de velours noir était déchirée sur le devant et arrachée complètement des jambes ; il en était de même des bas dont il ne restait plus que de petits fragments qui pendaient aux orteils. —-Les souliers en cuir étaient réduits en mille morceaux. -— Enfin, les lambeaux de tous ses vêtements se trouvaient à dix pas de là, dispersés par l'action de la foudre et peut-être aussi du vent.
Le 13 mai 1803, un berger fut tué par la foudre près de Fehrbellin. On le trouva étendu et tout à fait nu. La plupart de ses vêtements étaient déchirés en petits morceaux et dispersés à 30 ou 40 pas autour de lui ; la culotte présentait un très-grand nombre de déchirures dont les fi^agments tenaient cependant encore ensemble, en sorte que l'on ne pouvait comprendre comment ce vêtement avait été enlevé. Les bras de la veste étaient seuls entiers. — Les souliers tenaient
(1) Voj^ez plus loin, art, 5. Objets métalliques.
eifcore aux pieds, ayant l'empeigne intacte, mais la semelle fort déchirée. — Ajoutons que son bâton, sa pipe et son carnier portaient également les traces du passage de l'étincelle (J).
C. Parfois enfin, la dénudation du corps résulte à la fois de la combustion et du déchirement des vêtements,, comme Neale en a cité un exemple que nous avons déjà signalé (2).
I II. — Projection de portions de vêtements.—
Nous avons déjà vu plusieurs cas de projection de vêtements à une distance plus ou moins grande; nous y ajouterons les suivants, qui nous ont paru remarquables.
M. Biot dit qu'un chapeau fut lancé à dix pas, bien qu'il n'y eût pas un souffle de vent.
Dans un autre cas, cité par Thoresby, on ne put retrouver le chapeau.
Un ouvrier était assis sous un pavillon en rotonde couvert de chaume ; la foudre l'atteignit ; on trouva les morceaux de son chapeau incrustés au plafond (Arago).
Une boucle de ceinture, en fer, fut projetée à 40 mètres.
Un berger, qui se mouchait dans la rue, a eu son mouchoir emporté et n'a pu découvrir ce qu'il était devenu (Chapsal).
Une robe est enlevée des mains d'une femme et projetée au plafond (Decerfz).
Une jeune fille, citée par Wendt, fut tuée par la foudre : on retrouva disséminées sur la prairie, des boucles de ses cheveux et une multitude de petits morceaux de ses vêtements.
I III. — Objets tenus à la main. — A. Les objets que l'on porte à la main, sont quelquefois enlevés et lancés au loin.
Un gobelet que tenait un buveur fut enlevé de ses mains et porté dans une cour, sans être cassé et sans que le buveur fût blessé.
(1) Voyez p. 337, art. 2. | IV. ~ Vêtements arrachés complètement.
(2) Art. 1. I L — Vêtements brûlés, p. 347.
OBJETS METALLIQUES 369
Un jeune homme de 18 ans chantait l'épître ; le missel lui fut arraché des mains et mis en pièces.
Une cravache fut enlevée des mains d'un cavalier et projetée au loin.
Près de Biirgel, la foudre arracha des mains d'un homme la corde avec laquelle il tenait des bœufs.
Une autre fois, c'est une faux qu'elle enlève aux mains d'une femme.
Deux dames tricotaient, leurs aiguilles leur furent enlevées.
B. D'autres fois, ils subissent des altérations variables, suivant les cas et suivant leur nature.
Une jeune fille foudroyée avait enveloppé dans son tablier une bouteille de grès, contenant un gallon (4 litres et demi) de rhum ; la bouteille fit sans doute explosion, car on trouva des morceaux à une distance considérable.
La foudre mit le feu à un bâton qu'un voyageur tenait à la main.
§1. — Objets métalliques appartenant aux vêtements. — A. Fil de fer des chapeaux. — Le fil de fer qui soutient certaines parties de la coiffure des femmes, sert quelquefois de conducteur à l'étincelle foudroyante et présente des phénomènes dignes d'être mentionnés. Ainsi:
Madame Boddington portait un chapeau soutenu à son bord par un fil de fer entouré de coton. La foudre atteignit ce fil métallique, en avant, au niveau de l'œil gauche et brûla le recouvrement en coton à partir de ce point vers la droite jusque derrière le cou ; tandis que chez une personne, citée dans Voigfs Magazine, le fil de fer du chapeau fut fondu en partie sans que le papier gris qui entourait ce fil eût été brûlé.
Enfin, au moment du foudroiement qui la tua, une jeune paysanne de Briihl portait un bonnet en laine noire dont la doublure ea coton contenait plusieurs couches de papier ; le
Sestier. II — 24
tout était soutenu, aux bords, par un fil de fer enveloppé d'un ruban noir. Ce lil avançait sur le front et se prolongeait jusqu'aux oreilles. Or, la foudre le fondit dans toute sa longueur, à l'exception d'une petite portion de huit lignes dans le voisinage des oreilles. En plusieurs endroits, le ruban qui l'entourait, et aussi la laine, la doublure en coton et les feuilles de papier furent brûlés ; cependant le visage de la jeune fille ne fut pas atteint (Hemmer).
B. Boucles de souliers. — Les boucles de souliers sont souvent atteintes par l'étincelle ; tantôt elles ne présentent que de simples dépressions; tantôt elles sont brisées en deux ou en un plus grand nombre de fragments; plus souvent elles sont fondues en partie, et, dans un cas de ce genre, on a trouvé dans le soulier même les globules résultant de la fusion du métal. — Parfois cependant les boucles sont seulement arrachées avec une portion du cuir de la chaussure et lancées à de grandes distances. Et, chose singulière, on a vu, dit Larmoy, le cercle de fer qui liait le sabot d'un individu foudroyé sous un arbre, être porté sur une branche élevée de cet arbre et y rester accroché.
C. Boutons métalliques des vêtements et agrafes. — Les boutons métalliques des vêtements ou d'autres parties des vêtements sont quelquefois arrachés et dispersés au loin. Ordinairement ils sont altérés de diverses manières et souvent l'étoffe qui les avoisine reste intacte. — Les faits suivants nous paraissent intéressants à conserver.
Un rayon de foudre, s'étant porté sur un bouton de cuivre qui fermait la culotte d'un individu, on trouva ce bouton dans le soulier gauche, dont le quartier était déchiré.
Chez un homme blessé par la foudre, les vêtements étaient déchirés. L'habit était orné des deux côtés de dix boutons en argent : ceux du côté gauche restèrent intacts; mais ceux de la rangée droite furent arrachés en partie et dispersés sur le sol. Plusieurs montraient des traces de fusion ou étaient dégarnis de leur argenture; la plupart étaient courbés ou bosselés (Schulter) .
Chez un vieillard, qui ne fut que blessé par la foudre et qui se rétablit, les boutons de cuivre des habits, une chaîne de
montre en acier, une clef et un canif qui étaient dans une poche furent en partie fondus (T. Curry).
L'observation suivante, qui mentionne les altérations d'une agrafe, est intéressante sous plusieurs rapports :
Le 30 août 1778, dit Hemmer, un soldat de la garnison de Mannheim et une femme se réfugièrent sous un arbre pendant un orage. La femme ne fut frappée qu'au pied sans être renversée. Le soldat levait la tête pour reconnaître si les feuilles et les branches de l'arbre étaient assez touffues pour les défendre contre la pluie, lorsqu'il fut atteint par la foudre et jeté à terre sans connaissance. Le rayon électrique, après avoir brûlé les cheveux, avait frappé une grosse agrafe en tombac du collet. Cette agrafe portait des lésions dont la disposition était très-remarquable. Ainsi elle était fondue à son angle supérieur et externe dans une étendue de 4 lignes. Un peu plus loin, en allant vers l'angle opposé, on trouvait quatre taches, dont une anguleuse et trois arrondies. — L'angle inférieur et interne était encore plus endommagé ; il présentait, à sa marge, cinq taches dont une avait 6/10 de ligne de diamètre. •— Du bord inférieur, la foudre se porta sur le bouton qui servait à la réunion du fermoir. Une partie de ce bouton fut fondue et le trou qui y fut creusé était beaucoup plus profond que sur les autres portions de l'agrafe ; il présentait une largeur de 9/10 de ligne. — La surface du fermoir était couverte d'une enveloppe noire qui ne se détachait pas quand on la frottait avec un linge mouillé. — On voit donc que la fusion n'a porté que sur les parties supérieure et inférieure du corps de l'agrafe et que la portion intermédiaire est restée presque intacte; nouvelle preuve que l'effet du rayon électrique se manifeste surtout à son point d'incidence et à son point d'émergence. Le bouton du fermoir a été plus profondément altéré que les autres parties de l'agrafe, parce que le rayon électrique a sauté de là sur une surface relativement peu conductrice, à savoir : le cou du soldat.
D. Galons métalliques, — Les galons métalliques des vêtements sont quelquefois atteints par la foudre. Le fil métallique peut être seulement noirci; d'autres fois il est fondu, tandis que la soie reste ordinairement intacte, et le métal
oxydé et volatilisé trace parfois sur le vêtement des traînées noires ou colorées. — 11 importe de remarquer que, si minces et si étroils qu'ils soient, ces galons qui s'étendent de haut en bas ont peut-être, en divisant et conduisant l'étincelle, sauvé la vie au foudroyé. — Voici les faits que nous croyons utile de consigner.
Lorsque, en 1670, la foudre pénétra dans l'église de Stralsund, pendant une prédication, un des assistants eut son habit, sa veste et sa chemise percés sans recevoir aucune blessure. Or, sa veste était de taffetas et bordée d'un galon d'or qui se trouva tout taché même jusqu'autour du col (Ditharding).
En 1749, la foudre pénétra dans Téglise de Sagan; le prêtre qui officiait et qui resta sain et sauf, eut le galon d'or du bas de sa robe en partie noirci, en partie dépouillé de son or; la soie était d'ailleurs intacte.
Lorsque, le 11 juillet 1819, la foudre tomba dans l'église de Châteauneuf-leS"Moutiers, au moment de l'office, elle y atteignit, entre autres personnes, le curé, qui fut renversé sans connaissance. On s'empressa d'éteindre la flamme de son surplis et l'on vit que l'étincelle avait touché fortement la partie supérieure du galon d'or de son étole, l'avait suivi jusqu'au bas et avait enlevé le soulier, qui fut porté à l'extrémité de l'église. Le siège sur lequel il était assis avait été brisé. Ce digne ecclésiastique présenta sur plusieurs parties de son corps des eschares qui ne furent cicatrisées que deux mois après l'événement (Trencalye).
Le 25 juillet 1769, à Rendsburg, un officier du génie, qui avait l'épaule droite appuyée contre un pilier, fut renversé et légèrement blessé par la foudre. Or, presque tous les galons métalliques de son uniforme furent noircis et, çà et là, l'or et l'argent étaient entièrement fondus (Ackermann).
Un individu, dont parle Ebell, avait une redingote de drap bleu bordée d'un galon d'argent de la largeur d'un tuyau de paille, avec des boutons recouverts du même drap et entourés d'une petite broderie également en argent. La foudre suivit le galon de la redingote alors boutonnée, jusqu'à l'extrémité de la jupe, ainsi que le galon qui entourait la
patte de la poche. Sur toutes les parties du galon parcourues par le courant électrique, le fil d'argent avait été fondu et enlevé, tandis que la soie était restée intacte. Le long du trajet vertical du galon, on voyait sur le drap des traces descendantes noirâtres d'un demi-pouce à un pouce de largeur; elles avaient de 8 à 13 pouces de longueur sous le galon horizontal des pattes de la poche. Les broderies en argent des boutons ne furent pas touchées, quoique très-voisines du galon.
E. Corspt. Buse. — Sur une servante, dont parle du Tour, et qui avait été atteinte par la foudre, les petites boucles de fer qui attachaient son corset furent presque toutes brisées et l'étoffe fut noircie à leurs points d'attache. Une chaîne de cuivre, qui lui servait de ceinture, avait également marqué sa place en noir sur le vêtement et avait été brisée en morceaux.
Entre autres phénomènes intéressants observés sur madame Boddington, nous signalerons l'état du buse : l'étincelle perça, en avant, l'enveloppe de papier gris de ce buse, vers son extrémité supérieure. Cette extrémité fut superficiellement fondue dans une étendue d'un quart de pouce où elle présentait un aspect de vésication. L'extrémité inférieure offrait la même lésion et le papier gris y laissait voir également un trou, mais du côté opposé ou interne. Quant à la partie du buse et du papier gris qui séparait les deux extrémités atteintes, on n'y trouvait aucune altération, pas même la moindre modification dans la couleur. Les vêtements qui répondaient aux parties atteintes du buse, soit en avant, soit en arrière, étaient brûlés et troués; le buse était aimanté.
Le professeur Powel a montré à la société Ashmoléenne un buse en fer provenant du corset d'une femme qui a été frappée par la foudre sans être blessée. Ce buse était partiellement fondu à son extrémité supérieure et était fortement aimanté.
F. Bandage herniaire. — Un charretier portait un bandage destiné à contenir une hernie inguinale du côté gauche. Au moment du foudroiement, il sentit une vive pression dans cette région, comme si le bandage s'était fortement serré. On
trouva le cuir de la pelote en partie décousu et même un peu brûlé. Un bouton qui servait au sous-cuisse était dépoli, comme par un commencement de fusion, tandis que l'autre bouton qui sert à la ceinture du bandage était resté intact, quoique placé seulement à un centimètre au-dessus du premier, circonstance qui trouve peut-être son explication en ce que ce dernier bouton faisait partie d'une ligne presque horizontale, l'autre se trouvant sur le trajet vertical de la foudre. — Vers l'épine iliaque, on trouva une eschare et de la rougeur au scrotum, tandis que le pli de l'aine en était exempt (Moynier).
1 11. — Ornements. Bijoux. — A. Chaînes de montre. — Il n'est pas rare de voir les chaînes de montre brisées, fondues en partie et presque en totalité, jusque dans la poche qui les contient.
Une chaîne d argent, suspendant une montre, fut brisée et quelques anneaux furent soudés ensemble (Oswald).
Une chaîne en tombac (cuivre et zinc), qui était enfermée dans le gousset, fut fondue dans presque tous ses anneaux (Ebell).
Une chaîne de montre en acier fut en partie fondue (T. Curry).
Une chaîne de fil de fer tressé, qui suspendait une montre d'argent, fut presque entièrement fondue (Petit).
La foudre fondit en un seul morceau la chaîne et la montre dans la poche d'un homme tué à bord d'un bateau passager (Tor. Nelson).
Le 17 mai 1852, un jeune homme fut atteint par la décharge électrique dans la rue de Grenelle-Saint-Germain. L'étincelle porta plus spécialement sur une chaîne qui, accrochée à une boutonnière du gilet, retenait une montre placée dans la poche de ce gilet et supportait plusieurs breloques. La poche du gilet fut percée de part en part, à son fond, d'un trou à passer deux doigts et dont les bords paraissaient à la fois brûlés et déchiquetés. — La chaîne n'offrait, dans toute sa longueur, aucune trace du passage du fluide électrique. Seulement ses deux derniers chaînons inférieurs disparurent avec
le porte-mousqueton qui retenait la montre. Un anneau brisé, en or, qui retenait plusieurs breloques» avait été coupé en cinq morceaux ; la clef de montre en acier, recouverte sur le canon d'une feuille d'or, avait été complètement emportée, à l'exception de cette feuille d'or qui demeura intacte. Une petite boussole en argent avait eu ses pôles intervertis. Près de la montre étaient encore un petit médaillon en fer de Berlin, cerclé d'or, et une petite clef de meuble également en or : ces deux objets disparurent complètement, emportés vraisemblablement avec le porte-mousqueton par le trou fait à la poche du gilet. — Nous dirons ailleurs les changements qui survinrent dans les mouvements de la montre; celle-ci d'ailleurs n'eut aucun mal (Biot).
B, Chaînes du cou.— Les chaînes métalliques que l'on porte au cou sont assez fréquemment atteintes par la foudre; tantôt elles sont brisées ou divisées en un plus ou moins grand nombre de fragments ; tantôt elles sont partiellement fondues ou oxydées, et la peau sous-jacente est diversement colorée suivant la nature du métal oxydé. Citons quelques faits.
Une chaîne mince en argent fut fondue et divisée en cinq parties (Treubler).
Une chaîne mince formant trois rangs autour du cou fut divisée en cinq portions de la longueur du doigt ; quelques fragments présentaient des signes de fusion et furent emportés plus ou moins loin .
Une chaîne en or, garnie d'un crucifix, eut ses anneaux dispersés ; on ne retrouva intacts que le crucifix et un fragment de chaîne d'environ un décimètre (Bermond).
Une chaîne formée de grains d'argent fut rompue et les grains furent noircis et répandus sur le sol (Behrens).
Une chaîne d'or fut fondue et oxydée, et tout le cou était coloré d'une bande noire dentelée.
Une dame portait un collier de perles d'or; la place de chaque perle était distinctement marquée sur le cou par une tache noire et le nombre de ces taches correspondait exactement à celui des perles, qui étaient devenues noires (Rice).
C. Antres ornements. — Les épingles à cheveux, les boucles d'oreilles, les bracelets, les anneaux et même les pierres précieuses présentent parfois diverses altérations curieuses.
Les épingles qui retenaient des boucles de cheveux furent fondues; le foudroyé, blessé sur diverses parties du corps, perdit connaissance pendant plusieurs heures; mais il se rétablit. Ce fait se passa en 1794.
Une dame anglaise portait des boucles d'oreilles en or au moment où elle fut atteinte par la décharge électrique. La boucle gauche présentait une tache semblable à celle que produirait un acide fort sur du cuivre ; elle paraissait noire et corrodée (Rice). Remarquons que Tor anglais n'ayant pas de titre légal peut être fort impur.
Un rayun de foudre ayant atteint une jeune fille assise devant une croisée, la renversa à terre en ne lui occasionnant qu'une légère brûlure à la pointe de l'oreille. Mais l'anneau qu'elle y portait fut fondu en partie ; on ne put du moins en retrouver que la moitié (Oswald).
Une dame aurait eu ses bracelets d'or fondus sans être blessée. Hausmann, qui rapporte ce fait, dit l'avoir lu quelque part.
Suivant Dolœus, des anneaux d'or auraient été fondus sans que les doigts eussent été lésés.
Enfin la foudre, ayant pénétré dans la salle de spectacle de Mantoue où 400 personnes étaient réunies, aurait brisé les diamants que portaient deux dames de haut rang (Howard;. — L'authenticité de ces trois derniers faits nous paraît loin d'être établie.
I IIL — Objets métalliques non atteints. — Il importe cependant de remarquer que les objets métalliques appartenant aux vêtements ou portés par les foudroyés ne sont pas toujours atteints par l'étincelle. Ainsi :
Dans un cité par Keyser, les habits étaient déchirés en pludeurs endroits et cependant les boutons en métal n'étaient pas attaqués.
Un individu, noté par Ebell, fut atteint au-dessus du genou
OBJETS METALLIQUES 377
droit ; la partie inférieure de la culotte et le bas furent troués, déchirés ou roussis. Mais la montre en or, sa chaîne d'acier, l'argent, les boucles et les boutons d'acier de l'habit restèrent intacts.
Chez un individu, cité par Henly, les vêtements furent fortement brûlés, sans que les boucles des genoux, ni les boutons métalliques de l'habit et du gilet, ni un shelling placé dans la poche gauche de la culotte, ni les fermoirs -métalliques d'un livre de prières, qui étaient dans la poche de l'habit, fussent altérés.
I IV. — Armes et objets métalliques divers. —
A. Glaives. Épées. Sabres (1). — Il n'est pas très-rare de voir la lame d'une épée ou d'un glaive partiellement fondue par la foudre. La fusion porte ordinairement sur la pointe, quelquefois sur les bords de l'arme. On a vu, ce qui est beaucoup plus rare, la lame trouée par l'étincelle. Les observations suivantes sont à conserver,
Fabrice de Hilden cite un individu qui fut blessé par la foudre et dont l'épée eut sa pointe fondue comme si elle avait été de plomb.
Ristelhueber rapporte qu'une épée, suspendue près d'une fenêtre par où la foudre sortit, eut sa pointe fondue.
Fiedler dit avoir vu, en 1844, à l'arsenal de Venise, la lame d'un sabre court d'abordage qui avait été atteinte par l'étincelle à bord d'une frégate ; la partie épaisse de cette lame était percée de deux trous voisins l'un de l'autre, régulièrement ronds, de trois millimètres de diamètre, avec desgouttelettes d'acier fondu sur les bords.
L'observation suivante offre un vif intérêt par les détails minutieux qu'elle contient; nous y verrons la lame et le fourreau altérés de diverses manières. Dans le foudroiement qui atteignit, le 12 avril 1781, d'Aussac, de Gautran et de Lavallongue, alors à cheval, et dont les effets ont été décrits par Garipuy fils, nous voyons que d'Aussac, tué sur le coup,
(1) « L'argent se fond dans la bourse sans qu'elle soit endommagée. L'épée se » fond dans le fourreau qui reste entier, le fer des piques coule le long du bois, . qui demeure intact.., » (Senèque, Quest. nat , liv. II, chap. xxxi).
portait uneépée; la pointe en était fondue dans sa surface sur un demi- pouce de longueur ; le bout en fer du fourreau était également fondu dans sa surface et percé d'un trou oblong dans lequel on aurait passé la lame d'un canif plat et large. La lame de l'épée était fondue au tranchant du dessus , à un pied de la poignée, sur trois lignes de longueur et une ligne et demie de hauteur; le fourreau était percé vis-à-vis la partie fondue, sans avoir été brûlé; ce trou avait une hgne de diamètre. La coquille avait également deux petites parties fondues, l'une dessus, l'autre dessous.
Quant à de Gautran, il portait un gros couteau de chasse d'argent à manche d'ivoire; une petite chaîne d'argent qui pendait du pommeau à la garde était fondue près de celle-ci et en avait été détachée par la fusion. Le pommeau de cette garde était fondu en dessus sur une surface carrée de trois lignes et dans toute l'épaisseur de la feuille d'argent qui, du du reste, était très-mince. Le tranchant inférieur de la lame et le bout en argent du fourreau, avaient été fondus, vis àvis l'un de l'autre, sur une ligne et demie en carré, à la jonction du fourreau avec le bout; le fourreau avait été percé entre les deux fusions, sans avoir été brûlé. Le crochet d'acier destiné à suspendre le couteau était également un peu fondu à l'aplomb de la garde. — Lorsque le couteau de chasse fut soumis à l'examen des membres de l'Académie de Toulouse, on constata que les parties de la lame frappées par la foudre ne présentaient point d'encoches, comme on les ferait d'un coup de marteau, mais qu'il y avait, sur les bords, des gouttes de métal formant des éminences, preuve que la fusion avait été complète. On reconnut également que le fourreau n'avait pas été brûlé.
Nous avons déjà signalé (voyez Action de la foudre sur les métaux) plusieurs exemples d'épées fondues partiellement, tandis que le fourreau restait intact.
11 arrive parfois que la lame n'est pas fondue, mais brisée en un plus ou moins grand nombre de morceaux. Le phénomène n'a encore été constaté, à notre connaissance du moins, que sur des lames de couteau.
B. Parapluies. — Ombrelles, — Quelques auteurs ont avancé
OBJETS iMETALLlQUES 379
que des parapluies en soie pouvaient préserver l'homme des atteintes de la foudre; mais les faits suivants nous montrent la soie des parapluies trouée ou brûlée par le fluide électrique.
Noggerath rapporte que la foudre a pratiqué un trou à la soie d'un parapluie déposé dans le coin d'une chambre.
Au rapport de M"^^ Marsh, la foudre, ayant pénétré dans un cabinet où se trouvait une ombrelle dont le bout était en cuivre et les baleines reliées par un fil du même métal, consuma presque entièrement la soie, le manche et les baleines.
Rice parle d'un parapluie qui était dans une chambre et qui fut mis en feu. Aucune de ses garnitures ne fut fondue.
L'observation suivante constate que de deux parapluies, dont l'un était en soie et l'autre en coton, celui-ci a souffert bien plus que le premier. Toutefois, les deux personnes qui les portaient ont été blessées presque aussi gravement l'une que l'autre : M. et M™^ Boddington se trouvaient assis sur le siège de derrière de leur calèche, tenant chacun un parapluie, lorsqu'ils furent foudroyés. Le parapluie de M. Boddington était en soie; il ne fut que fort peu endommagé; une petite partie de la soie, à l'endroit où elle s'insère sur la tige, fut seule déchirée, et aucun des ressorts ni des fils de fer ne fut mis hors d'état de servir. Le parapluie de M""^ Boddington était vieux et en coton ; il avait perdu la pointe de fer dont le bout est ordinairement muni. Les fils de fer qui soutenaient les baleines furent cassés et l'étoffe fut littéralement réduite en lambeaux.
C. Bourses. — Monnaie. — Les pièces de monnaie sont quelquefois en partie fondues par la foudre, mais nulle part je ne vois qu'elles aient totalement disparu, comme quelques auteurs l'ont affirmé sans preuves suffisantes. ~ Parfois la fusion ne porte que sur la monnaie d'argent sans atteindre la monnaie de cuivre; la bourse de soie, reste quelquefois intacte malgré la fusion des pièces qu'elle contient; mais les fils métalliques qui entrent dans sa texture sont fondus, tandis que les fils de soie sont épargnés. — Les individus sur lesquels on a observé ces singuliers phénomènes ont été tués ou seule-
ment blessés et, dans un cas, la fusion de l'argent s'est opérée sans que l'individu ait été même blessé. Inscrivons ici quelques faits :
Plutarqiie cite un homme endormi que la foudre atteignit sans lui faire aucun mal; dans sa ceinture elle fondit plusieurs pièces de monnaie (1).
Pitcairn, atteint par la foudre, eut une pièce d'un demiécu fondue sur lui.
Un homme, cité par Heinrich, ayant été tué par l'étincelle, avait sur lui une montre et de la monnaie d'or (carolins) en partie fondue.
Le Voigfs Magazine mentionne deux hommes également tués par la foudre et dont la monnaie fut partiellement fondue.
Rosinus Lentilius rapporte qu'un boucher de Waldbourg fut très-gravement blessé par la foudre, qui fondit dans sa bourse une pièce d'argent, sans que la bourse fût endommagée.
M. Desormery cheminait à cheval, en Auvergne, lorsqu'une effroyable commotion électrique le jeta à terre, ainsi que son cheval. Revenu à lui, il reconnut qu'il n'était pas blessé, mais en ouvrant sa bourse, qui était en soie, un peu usée et même percée sur un point, il trouva toutes ses pièces blanches soudées ensemble et les traits des ligures comme fondus et effacés. Les pièces de billon d'un décime étaient restées parfaitement intactes. Des fils minces d'argent, entremêlés aux tils de soie dans les glands, avaient complètement disparu, sans que ces derniers fussent endommagés. M. Desormery n'avait éprouvé aucune sensation ni aucune trace de lésion sur la partie du corps correspondant à la situation de la bourse.
Parfois cependant l'altération porte plus spécialement sur la bourse et sur ses ornements ; ainsi :
Dans un cas cité par de la Prade, les coulants dW d'une bourse furerrt fondus et transportés sur les boucles du soulier en forme de perles parfaitement sphériques.
(i) Symposiaques, liv. IV, quest. 2.
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Une bourse que M. Roaldès portait dans la poche droite de son gilet fut fortement déprimée contre les côtes et ses ornements en chrysocale furent bronzés (de Quatrefages).
Terminons ce rapide exposé par l'observation suivante, dont l'authenticité cependant n'est peut-être pas irréprochable. Miisschenbroek rapporte que la foudre ayant atteint un hanap d'étain (sorte de vase dont on fait usage pour boire), dans lequel on avait placé des écus d'argent enveloppés d'un Hnge, fondit les écus ; le hnge ne parut pas brûlé, mais il était réduit en poussière.
D. Clefs. — Tabatières. — Pipes. — Porte-crayon. — Contentons-nous, pour le moment, de citer quelques faits :
Au rapport de Howard , la foudre qui tomba dans le théâtre de Mantoue, au moment d'une représentation, fondit partiellement les clefs de quelques gardiens sans les blesser.
Un individu, cité par Bertholon, portait deux clefs dans la poche de son habit lorsqu'il fut atteint par la foudre; elles furent endommagées en trois endroits qui présentèrent des traces de fusion. La poche qui les contenait ne fut d'ailleurs nullement brûlée.
Un homme, cité par le docteur Girault, avait la main posée sur la clef d'une porte d'entrée lorsqu'il fut atteint par la foudre; la clef fut trouvé tordue.
Reuchenius rapporte qu'une femme très-âgée se trouva dans une cuisine séparée par un passage d'une chambre où la foudre pénétra; elle ne fut pas blessée, elle ne sentit pas de violente commotion, et cependant, à son grand étonnement, elle découvrit que le couvercle de sa tabatière d'argent était marqué de points noirs. — Il semblerait donc que le courant électrique principal enverrait à distance un grand nombre de petits rayons.
Parmi les nombreux phénomènes observés dans la catastrophe d'Everdon, Morton rapporte qu'on trouva une tabatière d'acier, contenue dans un sac, percée en deux ou trois endroits ; les bords de la tabatière avaient été fondus et le métal en fusion avait formé comme des vésicules, — Suivant Wallis, qui a donné l'histoire du même événement, une taba-
tière en cuivre offrait un petit trou rond qui la traversait ; une petite quantité de métal était fondue et avait coulé près de là.
Ebeli raporte qu'un homme avait dans la poche de son vêtement un tuyau de pipe de baleine entouré de fils d'argent faux et enveloppé dans du papier. — Le tuyau lui-même, la tête de la pipe et sa monture en argent ne furent pas endommagés , mais le 01 du tuyau était à moitié fondu ; l'intérieur de la poche était noirci, sans cependant présenter aucune perforation; le papier d'enveloppe, en partie noirci, présentait des dessins jaunes et violets.
Enfin un porte-crayon en or, que portait M. Boddington, fut fondu à l'une de ses extrémités et la poche du gilet fut trouée aux daux points correspondant à ces extrémités.
Rappelons enfin qu'il est parlé dans Plutarque d'un soldat qui fut frappé par la foudre dans un temple où il était en sentinelle; la foudre fondit sur lui des boîtes d'argent renfermées dans des étuis de bois qu'elle laissa intacts (1).
I V. — Montres. — Les montres, frappées par la foudre directement ou soumises seulement à son action à distance, sont souvent modifiées dans leur marche. Sans parler des cas où cette marche devient irrégulière, elles sont assez fréquemment arrêtées à l'instant même du coup. Citons-en quelques exemples.
Les montres des passagers abord du bâtiment de la douane, le Chichester, frappé de la foudre (sous la forme d'une boule de feu) s'arrêtèrent à l'instant même et l'aimantation des boussoles fut détruite (2).
La foudre qui fracassa plusieurs planches du pont du schooner VEagle n'atteignit aucun des passagers et cependant toutes leurs montres s'arrêtèrent au moment même du choc (3).
L'observation suivante est fort intéressante au point de vue
(1) Symposiaques, liv. IV, quest. 2.
(2) Nantie. Mag., t. IX, p. 387.
(3)/6id., t. Vin,p. 120.
du mécanisme particulier en vertu duquel l'arrêt a eu lieu : Un jeune homme, dont parle M. Biot, fut légèrement touché par la foudre, dans la rue de Grenelîe-Saint-Germain. Sa montre n'offrait aucun signe extérieur de détérioration, pas même à l'anneau d'où le porte-mousqueton de la chaîne avait été arraché. Mais bien qu'il ne fût que 11 heures un quart, les aiguilles marquaient 4 heures trois quarts et le mouvement ne marchait plus. Dans la persuasion que le grand ressort ou quelque autre pièce était brisé, le jeune homme laissa cette montre sur sa table en se proposant de l'envoyer chez l'horloger. Mais, le lendemain matin, s'étant avisé de la monter pour vérifier jusqu'à quel point elle était détraquée, il vit, avec non moins de satisfaction que d'étonnement, les aiguilles se remettre en mouvement avec une marche fort régulière qui n'a point varié jusqu'au jour où cette observation a été communiquée; on aurait pu penser que la foudre, en même temps qu'elle déplaçait les aiguilles, avait débandé le ressort moteur et l'avait conduit brusquement à l'extrémité de sa course.
Ce n'est pas seulement l'étincelle foudroyante elle-même qui arrête le mouvement des montres : un changement brusque et considérable dans l'électricité atmosphérique, sans éclairs ni tonnerre, paraît pouvoir donner lieu au même phénomène. Ainsi :
Le 14 juin 1852, MM. Quételet et Bouvy (1) se livraient, à l'observatoire de Bruxelles, à des recherches sur l'électricité statique, sur l'électricité dynamique de l'air pendant les pluies et les orages, lorsque, après le passage au zénith de la partie la plus sombre d'un nimbus et l'arrivée d'une nouvelle pluie, l'électromètre passa brusquemment de 0 à 75 degrés. M. Quételet voulut en ce moment prendre l'heure, mais il s'îîperçut avec étonnement que sa montre s'était arrêtée. Celle de M. Bouvy, qui observait le galvanomètre, s'arrêta presque en même temps que celle de M. Quételet, c'est-à-dire au moment où se faisait le changement brusque dans le signe de l'électricité atmos-
(1) Acad. roy. de Belgique, 3 juillet 1852.
phérique. — Pendant le temps que durèrent ces observations, on n'entendit pas un seul coup de tonnerre, on ne vit pas le moindre éclair. — Doit-on rapporter ces faits au fluide électrique ou à une simple coïncidence? C'est ce qu'il serait difficile de dire. — M. Quételet se borne à les signaler.
Il est digne de remarque que parfois une montre reçoive extérieurement de graves lésions, sans s'arrêter pour cela, comme nous en citerons bientôt un exemple.
Si la foudre suspend souvent la marche des montres, il paraît qu'elle produit parfois un effet contraire :
Beyer rapporte que l'étincelle ayant pénétré dans une chambre et enfoncé l'angle d'une glace, donna le mouvement à une montre qui depuis longtemps s'était arrêtée.
Il est à regretter qu'on n'ait pas toujours examiné avec attention l'intérieur des montres soumises à l'action de la foudre ; tout ce que nous savons à cet égard, c'est que les pièces d'acier de quelques-unes d'entre elles ont été plus ou moins fortement aimantées. En voici des exemples.:
En 1769, à Rendsburg, un officier du génie fut blessé par l'étincelle; sa montre, sans présenter aucun dommage extérieur, alla si mal à partir de cette époque qu'on ne put la réparer; lorsqu'on enleva le ressort, on le trouva évidemment magnétique (Ackermann).
La montre de M. Boddington eut plusieurs de ses parties fortement aimantées ; le balancier, en particulier, eut des pôles si bien définis que, placé sur un flotteur, il put servir de boussole.
Lorsque le vaisseau de ligne français le Gohjmin fut frappé dans la nuit du 21 au 22 février 1812 et eut son mât d'artimon brisé, toutes les pièces de la montre du lieutenant restèrent aimantées; lui-même avait été superficiellement touché. Vingt-sept ans après, cette aimantation durait encore.
Enfin plusieurs montres à bord du paquebot le New-York présentèrent la même altération. (Voyez Chronomètres) .
La hoîte des montres présente assez souvent des traces de fusion; tantôt elles sont superficielles. Ainsi :
La circonférence de la montre d'argent d'un individu, cité par Petit, avait éprouvé un commencement de fusion. Les endroits fondus offraient une couleur jaune sulfureuse que l'on remarque parfois sur les métaux altérés par la foudre. Une chaîne de fil de fer tressé qui suspendait cette montre était presque entièrement fondue.
La boîte de la montre en or de M. Eugène Bermond, blessé grièvement à bord de V Hélène, avait été dépolie dans une foule de points, comme si elle avait été attaquée par du mercure.
Tantôt la fusion est profonde, quoique partielle; par exemple :
La montre de Pitcairn eut son verre brisé en mille morceaux et sa boite en argent fondue en partie.
Sur un homme tué par la foudre, on trouva une montre et des carolins (monnaie d'or) en partie fondus.
Le 24 juin 1822, à Hayingen (Wurtemberg), un berger fut tué par la foudre; on trouva sa montre à cinq pas de là, brisée, et le cadran d'émail fondu.
Lorsque, le 17 septembre 1780, à East-Bourn (Sussex), Adair fut renversé et blessé par la foudre, sa montre d'or eut sa boîte fondue en trois endroits. L'anneau auquel la chaîne était attachée et cette chaîne même, qui était en acier, étaient partiellement fondus et soudés ensemble. La montre s'arrêta immédiatement (Brereton).
Parfois aussi la boîte est trouée. En voici deux exemples :
Un individu, cité par M. Oswald, portait une montre d'or à double cuvette suspendue à une chaîne d'argent. La chaîne fut brisée et quelques anneaux soudés ensemble. La cuvette présentait une ouverture et l'or fondu était répandu dans la poche du gilet. La montre elle-même n'avait subi aucune altération.
Une montre d'or avait sa boîte extérieure trouée entre le cadre et le verre ; celui-ci était cassé. La chaîne en tombac, enfoncée dans le gousset, était fondue dans presque tous ses anneaux, et cependant le mouvement de la montre n'était ni endommagé, ni arrêté, ni troublé dans sa marche (Ebell).
Sestier. II — 23
Mais, clans certains cas, la fusion atteint la plus grande partie de la boîte; peut-être même s'étend-elle jusqu'au mouvement.
D'après Jos. Nelson, la foudre fondit en un seul bloc une montre et sa chaîne dans la poche d'un des hommes tués à bord d'un bateau passager, le 16 juillet 1708, à 18 milles N.-E. de Golchester.
Au rapport de M. G.-W. Spence, le mât d'un bateau pêcheur des îles Shetland ayant été brisé par la foudre, un individu qui était appuyé contre ce mât, et qui d'ailleurs ne reçut aucune blessure et n'eut ses vêtements aucunement endommagés trouva, dans sa poche, sa montre fondue en une seule masse (fused into one mass).
Parfois enfin, la montre n'est plus fondue, elle est broyée par la décharge électrique.
Au mois de juin 1853, un homme d'Aigremont (Gard) fut tué par la foudre, sa montre en argent fut trouvée dans son gousset entièrement broyée.
I YI. — Armes à feu. - Les armes à feu sont assez fréquemment frappées par la foudre, et les désordres qu'elles présentent alors sont très-variés. Notons plus particulièrement une fusion superficielle et plus ou moins étendue qui affecte la pointe de la baïonnette, l'extrémité libre du canon, la longueur de celui-ci à l'extérieur et même à l'intérieur du canal ; quelques parties de la platine, de la sous-garde, des ferrures de la crosse. — Le bois de l'arme, de la crosse surtout, est parfois fendu ou brisé en éclats. — La batterie ou quelque autre pièce métallique peut être arrachée et lancée à distance.
Mais il est une circonstance qui doit spécialement fixer ici notre attention : c'est que tantôt les armes à feu partent au choc de la foudre et que tantôt elles ne partent pas. Citons quelques faits :
Le 4 juin 1810, pendant un violent orage, M. Gowens, fermier à East-Thriston, entrait dans la cuisine de sa maison, accompagné de son chien, au moment où la foudre y pénétrait. Son chien fut tué; lui-môme ne reçut aucune
atteinte ; mais il aurait pu être tué ou blessé par la charge d'un fusil qui partit à ses côtés (Howard).
Le 27 juillet 1721, le météore tomba sur une des guérites du fort Nicolaï, a Breslau, et en perça le sommet pour atteindre la sentinelle et son fusil. Le canon de Tarme fut noirci et la crosse fut brisée et lancée à une certaine distance. Le cou[) était parti et la balle avait frappé le ph^fond de la guérite. — La foudre, de son côté, avait percé le plancher d'un trou de la grandeur d'un écu, ainsi que la paroi postérieure, près du sol. En passant du canon sur la batterie amorcée, elle avait pu enflammer la poudre. — Quant à l'homme luimême, il fut renversé sans connaissance ; quelques minutes après, il revint à lui, mais paralysé du membre supérieur et du membre inférieur gauches ; probablement il tenait l'arme de la main gauche, La cuisse et la hanche du même côté présentaient quelques taches d'un bleu rougeâtre. — Le 3« jour, il put, quoique en boitant, se rendre à l'église (Bresl. Samml.).
Nous n'avons pas besoin de faire remarquer tout ce que de pareils faits ont d'intéressant au point de vue de la médecine légale.
Parfois les armes chargées ne partent pas, quoique directement atteintes par l'électricité.
Le fait a été observé une fois à Lich, en 1771 (Guden). A Prifling, la foudre pénétra dans la chambre d'un gardechasse et aucune des nombreuses armes ^à feu qui s'y trouvaient suspendues ne partit. Entre chaque fusil, la muraille était endommagée. Un canon de fusil était debout dans un coin de la chambre : le mur était lésé au niveau de son extrémité inférieure et, sous son extrémité inférieure, on voyait un trou dans le plancher (Steiglehner).
Les deux observations suivantes, la seconde surtout, sont fort remarquables :
Au rapport de Guden, le 1^^ juin 1761, près de Nimburg,
la foudre pénétra dans la maison d'un garde à cheval; un
de ses rayons atteignit, au rez-de-chaussée, une carabine
chargée et obliquement appuyée contre la muraille. Après
' i'avou^ légèrement fondue près de l'orifice, l'étincelle descen-
dit le long du canon sur la batterie et sur sa garniture qui furent en quelques points soudées entre elles ; puis elle pénétra dans le magasin de la crosse où l'on trouva cinq balles fondues et soudées et leurs bourres assez fortement brûlées. Le fer et les ressorts avaient également éprouvé quelque fusion; et cependant, malgré tous ces désordres si rapprochés de la lumière et du tonnerre de l'arme, celle-ci n'était pas partie.
Au rapport de MM. Bischof et Noggerath, un fusil chargé fut atteint par la foudre. L'étincelle, ainsi que le constate l'un de ces deux auteurs, avait suivi en dehors et en dedans toute la longueur du canon, y laissant une Ugne étroite de fusion ; et, chose à peine croyable, quoique la fusion s'étendît jusqu'à la poudre, l'arme ne partit pas. Elle put d'ailleurs servir plus tard.
Les armes à feu dont l'homme est porteur paraissent attirer la foudre sur lui. Cette proposition résulte de l'examen de plusieurs faits, que nous avons cités ou que nous signalerons bientôt, et auxquels nous ajoutons les deux suivants :
Une sentinelle chargeait son fusil abord d'un navire; la foudre, après avoir suivi la chaîne du paratonnerre, se jeta sur l'arme, l'enleva des mains du factionnaire et rompit la baguette (Hawherworth).
Un soldat en sentinelle à bord d'un navire était, pendant un orage, appuyé contre le bordage, dans la construction duquel entre, comme on le sait, une grande quantité de fer ; il tenaif à la main sa baïonnette, lorsqu'il fut frappé de la foudre (Pétrie).
Les effets du météore sur l'homme seront sans doute alors différents suivant la manière dont il portera l'arme. S'il est au port d'armes, l'arme au bras, ou l'arme à volonté, en d'autres termes, si la crosse, dirigée en bas, se trouve à certaine distance du sol, l'étincelle passera très-probablement de l'arme sur l'homme lui-même qu'elle blessera ou tuera. — Si des soldats en marche, pendant un orage accompagné de pluie, portent, comme c'est l'ordinaire, l'arme sous le bras, la crosse en haut, souvent alors protégée par la capote, l'étincelle aura sans doute moins de tendance à se jeter sur
l'arme, et, si elle l'atteint, ce sera pour en suivre le canon, puis- par un léger saut, pénétrer dans le sol en épargnant probablement l'homme. Ces diverses circonstances expliquent peut être en partie la rareté du foudroiement des soldats en marche pendant les orages. — Qu'une sentinelle enfin ait l'arme au pied, l'extrémité du canon appuyée sur l'épaule, la foudre se jettera sur l'arme, la suivra jusqu'au sol en laissant ordinairement l'homme intact ou à peu près, comme le prouve l'observation suivante :
Le major Thomas Lewell, de l'armée du Bengale, rapporte, qu'en 1844, pendant un violent orage qui avait éclaté sur Calcutta, une guérite située sur le rempart du fort et bâtie solidement en briques et en mortier, fut frappée à son sommet. En ce moment le factionnaire s'y trouvait, à l'abri de la pluie, la crosse de son fusil au pied, la baïonnette et le bout du canon appuyés sur l'épaule. L'étincelle atteignit et endommagea la pointe de la baïonnette dans la longueur d'un pouce et demi et descendit le long du canon jusqu'à la crosse en bois qu'elle brisa avant de se perdre dans le sol. — Le seul dommage que le factionnaire éprouva fut une légère brûlure à l'endroit où le fer était en contact avec l'épaule ; et, phénomène fort remarquable, le bras et la main, qui reposaient sur le dos de l'arme, ne furent pas touchés. Trois ou quatre jours après, le blessé avait repris son service.
Une excellente précaution serait, en temps d'orage, de s'éloigner des armes à feu, chargées ou non ; de placer celles qui sont chargées de telle sorte que l'explosion ne puisse causer aucun malheur ; enfin, si l'on ne peut s'en éloigner, de faire en sorte qu'elles reposent sur le sol.
I VIL — Appendice. — Selles. — Harnais, etc. — Il ne nous semble pas inutile d'étudier ici les effets de la foudre sur les harnachements des animaux domestiques,. à cause des rapports si fréquents de l'homme avec ces animaux. Les faits de ce genre n'ont été recueillis qu'en très-petit nombre ; nous nous contenterons de citer les suivants :
En 1783, à Glaret, en Provence, la foudre a débâté un âne sans lui faire de mal et a emporté le bât (Toaldo).
Une selle fut mise en mille pièces ; la hanche et l'épaule du cheval furent brûlées et contusionnées (Neale).
Dans l'accident décrit par le docteur Garipuy, le quartier de la selle d'un des chevaux tués fut percé comme d'un coup d'épée et la boucle de l'étrivière, auprès du trou de la selle, fut un peu fondue. — Sur un autre cheval, le quartier et l'arçon gauche du devant de la selle, d'un cuir vieux et sec, furent percés, à l'extrémité inférieure de l'arçon, d'un petit trou de la grosseur d'une forte épingle. Aucune partie des ferrures de la selle ne parut marquée de la foudre.