ART. 2. — PARATONNERRE SANS TIGE
Un conducteur sans tige n'étend pas son action au-delà du bâtiment auquel il appartient, mais il le garantit néanmoins quand il est frappé. La tige est même supprimée dans le système de Reimarus que nous allons exposer. Gay- Lussac (2) croit même que pour les magasins à poudre, on pourrait se contenter d'un double conducteur en cuivre sans tige. Il pense même que pour des magasins ordinaires ce
(1) Harris, Thund., p. 130.
(1) Instruction de 1823.
système est parfaitement suffisant, et que si l'on éprouve de trop grandes diflicultos à armer de tiges les paratonnerres des clochers, des dômes, il faut n'en point établir, et faire communiquer intimement le pied de chaque croix avec le sol.
I I. — Paratonnerre de Reimarus. — Dans plusieurs contrées de l'AHemagne, on a adopté le système de paratonnerre préconisé par Reimarus. La tige est trèscourte ou manque même tout à fait; le conducteur est composé de plaques métalliques disposées en série et dont le pied, au lieu de s'enfoncer dans le sol, reste à sa surface.
Reimarus n'est pas le seul qui ait proposé des conducteurs en plaques métalliques.
Hauch a proposé d'établir une ligne de plaques de cuivre ou de fer, de 4 lignes d'épaisseur et de 3 à 6 pouces de largeur, depuis le haut des cheminées jusqu'à la surface du sol, sur un ou deox côtés de la maison (I).
Morgan conseille de fixer sur toute la ligne qui joint le mur au sol une bande de plomb. De celle armature inférieure s'élève, des deux côtés du bâtiment, une bande semblable qui aboutit à un cercle de plomb entourant le haut dudit bâtiment. Ce cercle communique aux différentes pièces métalliques de la toiture et à une bande métallique appliquée à chaque cheminée (2).
Revenons au paratonnerre de Reimarus : la tige de réception manque ordinairement ; quand elle existe, elle consiste en une barre de 3/4 de pouce d'épaisseur, obtuse à son sommet et seulement de 3 à 5 pieds de longueur.
Elle est placée sur le sommet d'une cheminée ou sur le point culminant de la maison ; sa base est entourée d'un anneau de plomb en connexion avec le conducteur.
Le conducteur est formé de plaques de cuivre ou de plomb. Le cuivre est certainement préférable au plomb qui est moins bon conducteur et fond beaucoup plus facilement ; cependant
(1) Voigt's Mag., art. 2 (1801-2).
(2) Bibl. brit. so. et arts, p. 216, fig. 56.
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Reimarus affirme que des plaques de plomb larges de trois pouces conduisent la foudre sans dégâts. Pour plus de sûreté, elles seraient de 6 pouces de largeur dans les endroits où l'on pourrait redouterl'effetdegrandes masses métalliques voisines.
Les plaques de plomb ont toutefois un grave inconvénient; en effet, elles s'oxydent facilement et perdent alors une grande partie de leur puissance conductrice, surtout à leurs points de jonction ; de là des explosions et même des déviations de l'étincelle. En outre, par suite de l'oxydation, les plaques se trouent en maints endroits, dès lors le bois sousjacent se pourrit et prend feu comme de l'amadou sous l'action de la foudre, ainsi qu'on l'a observé lors du foudroiement du clocher de Reinhold à Dortmonde. (Voyez Armatures naturelles.) Pour prévenir cette oxydation, il convient de couvrir le plomb d'une forte couche de vernis à l'huile et au noir de fumée.
Sur le faîte, le plomb est préférable puisqu'il s'adapte plus facilement et plus exactement aux tuiles faîtières ; sur la descente du toit, une double tige de cuivre est préférable, et sur les faces on peut indifféremment adopter le plomb ou le cuivre.
Trechsel recommande pour les lignes conductrices, au lieu de plomb ou de cuivre, du fer-blanc, qui est meilleur marché, et qui sur le faîte des toits a duré cent ans.
Des rubans de tôle zinguée de 3 à 4 pouces de largeur et épais de i à 2 lignes peuvent servir à établir des communications avec le conducteur principal.
Le peu de durée du fer-blanc ordinaire est démontrée expérimentalement parce qui se passe pour les gouttières.
Il n'est pas absolument nécessaire de conduire les bandes métalliques par le plus court chemin vers le sol ; elles peuvent sans inconvénient s'adapter à la forme du bâtiment, à celles des corniches, etc.; elles peuvent être horizontales et même ascendantes, car la foudre les suivra dans toutes les directions, si leur surface et leur volume lui offrent un conducteur suffisant. Toutefois, il est préférable de suivre le plus court chemin.
Il est superflu et même nuisible, suivant Reimarus, d'éloi-
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gner le conducteur de la surface du bâtiment par des appuis de bois ou des crampons de fer, car la foudre ne quittera pas le conducteur pour pénétrer dans les murs ou dans la charpente.
Suivant le même auteur, la bande métallique sera mise en communication, non pas avec tous les métaux qui se trouvent en dehors du bâtiment, mais avec ceux qui font saillie à son faîte ou à ses angles, ou qui couvrent les arêtes, ainsi qu'avec les gouttières et les conduites de descente. La bande conductrice sera simplement éloignée des masses métaUiques, telles que les cloches et les horloges avec lesquelles elle ne doit pas être en connexion.
Il est de toute importance de laisser le conducteur à Textérieur du bâtiment et de ne pas l'enfermer dans la muraille même.
Pour une maison ordinaire une seule ligne suffit ; plusieurs lignes sont nécessaires si le bâtiment est plus étendu ou si une seule ligne ne peut être conduite vers le sol que par de longs détours.
Si le toit est couvert de métal, Reimarus conseille, pour empêcher la diffusion de la matière fulminique, de faire descendre de l'arête faîtière, vers la ligne conductrice, une bande de métal plus épaisse et plus large que celle employée habituellement.
Quant à l'extrémité inférieure du conducteur, il aboutit, s'il est possible, à une masse d'eau libre, ou seulement â un ruisseau ou à une rigole : mais non point dans un canal profondément creusé dans la terre ou dans un puits profond. A défaut de masse d'eau libre, on laisse le pied du conducteur à la surface du sol, qu'il ne fait que toucher : on facilite la dissémination en le divisant en plusieurs branches. Et afin que des hommes ou des animaux ne puissent se trouver en contact avec lui, on l'entoure d'un treillage en bois.
Sur le faîte du toit, on pose une lame de plomb de 3 à 6 pouces de largeur, que l'on fixe aux poutres sous-jacentes ou aux cheminées avec de gros clous.
La lame de plomb pénètre entre toutes les tuiles faîtières et on la fixe dans la chaux qui les unit à l'aide de petits clous de préférence en plomb. Les différents morceaux de la ligne de