‹ De la foudre (volume 2)Chapitre 152 sur 198 · ART. 3. — PARATONNERRES SUR MATS · texte numérisé non relu

ART. 3. — PARATONNERRES SUR MATS

Le paratonnere sur mât se compose d'une tige métallique pointue de 2 à 3 mètres de longueur, solidement fixée à un mât, lui-même implanté dans le sol. Le conducteur, en communication intime avec la base de la tige métallique, se dirige vers le sol, tantôt le long du mât auquel il est fixé par divers moyens, tantôt obliquement en dehors. Il pourrait être en plaques de cuivre incrustées dans le bois. Le pied du conducteur est d'ailleurs en communicaton avec le réservoir commun. La pointe, la tige, le conducteur et son pied doivent d'ailleurs remplir les conditions que nous indiquons en décrivant le paratonnerre pointu élevé sur le faîte d'un bâtiment.

Le mât doit avoir une hauteur telle, qu'avec sa tige, il domine de quatre à cinq mètres le bâtiment qu'il doit protéger. On le placera â 2 ou 3 mètres du mur. On multiplie suffisamment cet appareil.

Déjà, en 1776, Toaldo proposa d'employer des paratonnerre sur mâts pour protéger les magasins à poudre, et cette proposition a été hautement approuvée, en 1823, par l'Académie des sciences.

Il sera suffisant de donner aux tiges deux mètres de longueur, mais on donnera aux mâts une hauteur telle qu'avec leur tige ils dominent les bâtiments d'au moins quatre à cinq mètres. lisseront placés à deux ou trois mètres des murs; ils seront suffisamment multipliés et l'on évitera avec le plus grand soin de mettre sur le toit du magasin des pièces métalliques un peu considérables (i). « Malheureusement, ajoute

(1) Instruction de V Académie 1823.

Arago, il se présente dans l'application une difficulté fort grave. »

On sait très-bien que les pointes doivent s'élever plus haut que le faîte de l'édifice, mais quel est leur rayon d'action ? Supposez-le égal au double de la hauteur absolue de chaque paratonnerre au-dessus du sol et un petit nombre de ces appareils suffira pour mettre à l'abri toutes les parties du plus vaste magasin. Admettez, d'autre part, que le rayon d'action ne doive être calculé que sur le double de la hauteur des pointes au-dessus des parties culminantes des magasins, et il y a tel de ces magasins, qu'à moins d'immenses dépenses, il faudrait renoncer à garantir avec des mâtsparatonnerres.

Guden propose pour plus de sécurité, de placer quatre ou cinq mâts-paratonnerres autour du magasin qui serait, en outre, muni de tiges pointues avec conducteurs.

Les paratonnerres sur mâts ont été souvent proposés, mais rarement établis et employés, aussi nous paraîl-il utile de citer l'observation suivante: Le 15 mai 1782, M. Schachmann, après divers accidents causés par la foudre, fit construire deux paratonnerres sur mâts pour protéger deux de ses granges dans sa propriété près de Gorlitz. A un pied et demi de ces granges on éleva deux poteaux de sapins de 70 pieds de hauteur. La tige de fer qui les surmontait avait 10 pieds de longueur; elle se terminait en pointe très-aiguë et était entourée de quatre pointes, toutes dorées au feu. Le conducteur en tringles de fer d'un tiers de pouce d'épaisseur se rendait dans l'eau (1).

En décrivant les paratonnerres portatifs, nous en citerons une variété établie sur mât et proposée par Guden.

Les paratonnerres sur arbres et leS paragrêles se rapprochent des paratonnerres sur mâts."

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