PARATONNERRES SUR ARBRES
M. Richardot, il suffit d'attacher à leur sommité, qu'elle devra surmonter d'un mètre au moins, une perche goudronnée portant une pointe métallique, au bas de laquelle sera attaché un toron de fer que l'on fera descendre jusqu'au pied de l'arbre où il sera enfoncé avec toutes les précautions voulues pour tout autre conducteur. Des arbres ainsi disposés autour d'un bâtiment, ou groupe de bàtimens, le défendraient efficacement contre la chute de la foudre, et dans le cas où il se présenterait des inconvénients ou trop de difficultés pour établir un appareil conducteur sur un bâtiment quelconque, on pourrait y suppléer par des arbres armés que l'on placerait à environ deux mètres à chaque extrémité, ou de chaque côté du bâtiment. On prendrait de préférence des arbres dont la tige s'élance naturellement tels que le peuplier et le cerisier pyramidal. Ces arbres armés seraient d'un très-grand effet, puisque déjà par eux-mêmes, ils ont beaucoup d'action sur la matière électrique.
ART. 5. — DES MOYENS DE PRÉSERVER DE LA FOUDRE CERTAINS MONUMENTS, TELS QUE COLONNES, ORÉ- LISQUES.
L'obéhsque qui s'élève au centre de la vaste place de la Concorde, à Paris, pourrait être brisé par la foudre. Ajoutons qu'une opinion populaire attribue à un coup de foudre la chute et la rupture de grand menhir de Lockmariaker. Arago propose donc de substituer, au pyramidion actuel dont on a surmonté l'obélisque, un pyramidion en métal. A chacun de ses angles correspondants à ceux de l'obélisque serait attachée une corde métallique descendant jusqu'au sol, ce qui n'altérerait pas l'aspect monumental du monolithe, et ne cacherait aucune partie des inscriptions hiéroglyphiques dont ses faces sont couvertes. Les quatre cordes seraient prolongées à travers la bâtisse du piédestal jusqu'au terrain humide.
La colonne de la place Vendôme, comme le remarque M. Arago, est revêtue, dans toute sa hauteur, d'une enveloppe
534 PAHATOiNNERRES DIVERS
métallique épaisse : « On peut donc l'assimiler à un para- » tonnerre de dimensions colossales. La matière de la foudre, » en tombant sur une portion quelconque de la statue dont » la colonne est surmontée, doit se répandre aussitôt sur » toutes les parties métalliques qui constituent le monument » et diminuer par là d'intensité dans une immense propor- » tion; en arrivant à la base de la colonne, le courant fulmi- » nique trouvera un écoulement suffisant dans le sol ; mais » comme le sol pourrait être parfaitement desséché et offrir » quelque résistance, il y aurait peut-être quelque utilité à » placer aux quatre angles du piédestal une barre métallique X qui plongerait profondément dans le sol. »
Le conducteur de la colonne de Melville, à Edimbourg, avait été enroulé imprudemment autour d'un bâton et quand la foudre l'atteignit, en 1838, elle occasionna quelques dégâts, faute de trouver une issue facile dans le sol. Au lieu d'un conducteur libre et flottant dans l'intérieur il eut mieux valu recourir à un conducteur en plaques.
La colonne de Nelson, sur la place Trafalgar, à Londres, est munie d'un conducteur en plaques de cuivre longues de 10 pieds, larges de 3 pouces, épaisses d'un cinquième de pouce, réunies bout à bout, en queue d'aronde, au moyen du nouveau chalumeau, et fixées dans la maçonnerie à l'aide du plomb. Les plaques sont disposées en deux lignes, sur les filets adjacents aux cannelures du monument. Le double conducteur, après s'être modifié dans sa forme, traverse la statue, et se termine en deux pointes, l'une à l'aigrette du chapeau, l'autre à la pointe de Tépée. En bas, les deux lignes de métal se réunissent à une plaque de six pouces de large qui s'enfonce dans le sol où elles se terminent en trois branches pointues.
Nous avons déjà parlé des moyens de protection du Monument de Londres.
ART. 6. — MOYENS DE PROTÉGER LES MAGASINS A POUDRE. PARATONNERRES A TIGES POINTUES.
La construction des paratonnerres à tiges pointues pour les poudrières est semblable à celle des autres paratonnerres,