J0YENS DIVERS DE PROTÉGER UNE CONTRÉE S
let 1810, au milieu d'une fête donnée par l'ambassadeur d'Autriche à Napoléon et à Marie-Louise, un effroyable incendie dévora la salle de bal de l'hôtel du prince de Schwartzenberg, nio du Mont-Blanc (chaussée d'Antin), et cependant vers la fin de cette nuit éclata un épouvantable orage avec éclairs et tonnerre.
Des feux multiples ont-ils plus d'action ? Près de Gésène, en Romagne, il existe une paroisse sur laquelle, à 12 kilomètres à la ronde, d'après le conseil du curé, on dispose, de 15 en 15 mètres, des tas de paille et de bois léger ; quand un orage approche, on les allume; et depuis trois ans que l'on suit cette pratique, la paroisse n'est pas ravagée par la grêle comme auparavant et comme le sont encore les paroisses voisines. Mais trois ans î c'est bien peu pour juger une pareille question. Ce fait a été communiqué à Arago par M. Matteucci(l).
Si nous portons notre attention sur les contrées où des feux multiples sont habituellement entretenus d'une façon continue, nous verrons bientôt qu'il résulte de l'observation directe que les pays agricoles anglais sont plus souvent orageux que ceux de mine, sur lesquels sont établis des hauts fourneaux nombreux; mais la rareté des orages pourrait bien être due à la différence de nature du sol bien plus qu'aux sources de chaleur disséminées en plus ou moins grand nombre.
M. Matteucci a observé dans les Apennins que les cantons où l'on fabrique le charbon et où l'on prépare le soufre, sont très-peu sujets aux orages et jamais grêlés (2).
La végétation donnant lieu à un dégagement considérable d'électricité, il n'est pas d'ailleurs étonnant que les pays des mines qui sont très-pauvres en agriculture soient plus rarement le siège d'orages considérables.
En résumé, nous ne regardons pas comme rigoureusement établi, que les feux nombreux soient doués d'une influence assez grande pour prévenir ou dissiper les orages.
(1) Notice, p. 540
[1) iMoiice, p. o^u.
f2) Comptes rendus, î. IX, p. 60o (1839).
ART. 11. — DES ARMATURES NATURELLES DES ÉDIFICES COMME MOYEN CE PROTECTION.
Nous avons déjà signalé bien des fois l'action de la foudre sur les pièces métalliques qui font partie intégrante des maisons, et nous avons vu que dans des cas nombreux ces pièces, à cause de leur communication parfaite avec le sol, avaient fonctionné comme des paratonnerres parfaits.
Nous allons examiner maintenant quels sont les moyens à Paide desquels on peut faire servir le plus avantageusement ces différentes pièces métalliques à la protection des édifices.
L'Académie des sciences, en juin 1837, s'est prononcée pour l'exclusion du zinc de tous les bâtiments surmontés d'un comble en bois, se fondant sur la facile combustion de ce métal dans le cas d'incendie.
Le ferzingué, qui n'offre pas ce danger, est bien préférable au zinc; d'ailleurs, à prix égal, il est au moins aussi résistant et plus léger.
Le cuivre, dont sont couverts quelques grands édifices, comme la cathédrale de Strasbourg, est d'un excellent emploi, mais coûte malheureusement trop cher.
Ce qu'il est important d'observer, c'est que la masse métallique qui arme l'édifice soit suffisamment considérable, et que nulle part il n'y ait de solution de continuité jusqu'au sol. La grande surface offerte par le conducteur à la foudre est un garant de bonne préservation.
D'ailleurs, ces armatures métalliques exigent de rares réparations, celles-ci sont toujours faciles, tandis que les faîtages et garnitures en mortier demandent de fréquentes réparations, et si la foudre vient à les atteindre, elle y produit des dégâts très-considérables.
Il est important aussi de munir d'une lame de métal chaque corps de cheminée, ou, suivant M. Henry, d'une tige de fer qui le dépassera de 15 à 20 pouces; et cette lame ou cette tige communiquera avec la ligne faîtière ou avec les chéneaux.