ODEUR DU CORPS ET DES VETEMENTS
la foudre dans leur chambre ; ils sentirent pendant quelques jours tellement le soufre, qu'on pouvait à peine les approcher (Davies).
Wolkmar s'étant trouvé avec plusieurs compagnons au centre même d'un orage, sur le sommet du Riesen, où chaque éclair les enveloppait de feu, affirme que le lendemain encore leurs habits exhalaient une très-forte odeur de soufre.
Le cas suivant offre un intérêt particulier.
Beuttenmûller rapporte que chez un homme âgé de 59 ans, frappé directement par la foudre, on remarqua à la joue gauche et à la partie antérieure de la poitrine, une odeur douce, fade, ressemblant à celle du soufre, d'ailleurs sans changement notable à la peau ; mais trois jours après ces parties présentèrent tous les caractères d'une brûlure qui suppura abondamment.
L'abbé Raulet, qui venait de faire plusieurs expériences avec l'appareil que Dalibard avait élevé à Marly et qui dans le cours de ses observations avait soutiré de l'atmosphère orageuse de grandes et fortes étincelles dont l'une l'avait blessé au bras, exhalait une odeur de soufre qui frappait ceux qui s approchaient de lui (1).
Madame Boddington fut foudroyée sur le siège de sa voiture; les coussins sur lesquels elle était assise furent percés d'un trou d'un demi-pouce de diamètre, dont les bords étaient roussis et répandaient une forte odeur sulfureuse immédiatement après l'accident ; un peu plus tard, lorsque M. Faraday arriva auprès des blessés, toute odeur avait disparu.
Dans les cas suivants l'odeur n'a pas été uniquement et franchement sulfureuse.
Le chapeau d'un foudroyé, dont parle Hoffmann, était déchiré en bandes irrégulières et exhalait une odeur sulfureuse et acide qui avait pénétré intimement dans tout son tissu.
Au rapport deKeyler, plusieurs individus, blessés en même temps par la foudre dans une chambre, répandaient une forte odeur de brûlure et de soufre, et il ajoute : comme si l'on avait vivement frotté du fer sur une pierre.
(1) jMém. de Dalibard, lu à l'Acad. des se. (17o2).
Le 28 juillet 1701, la foudre tomba sur l'église de Ganibourg, y tua sept personnes, en blessa plus de vingt autres : toutes répandaient une forte odeur sulfureuse (1).
Le 2 août 1862, la foudre, après avoir suivi le conducteur du paratonnerre de la caserne du Prince-Eugène, pénétra dans le poste du pavillon du milieu, jeta à terre les hommes qui étaient debout, mit sur pied ceux qui étaient couchés et laissa derrière elle une odeur sulfureuse suffocante (2).
Le 11 juillet 1857, la foudre tomba dans l'église de Grosshau, à deux lieues de Diiren, elle y tua six hommes, blessa cent personnes appartenant aux deux sexes et renversa les autres assistants. L'église était remplie d'une odeur sulfureuse qui avait pénétré dans les vêtements des blessés(3).
Riither rapporte que la foudre pratiqua un grand nombre d'ouvertures aux vêtements d'un jeune garçon ; elles étaient noires et exhalaient l'odeur de la poudre à canon.
Le docteur Minonzio rapporte que trois personnes furent blessées par la foudre sur la frégate autrichienne la Médée. « Je me rappelle la sensation que faisait éprouver la puan- » teur qui s'exhalait du corps et des vêtements de ces fou- » droyés, dans le local où ils furent recueillis ; puanteur » presque égale à celle du soufre qui aurait brûlé, mêlé » aux exhalations d'une huile empyreumatique. »
Voici des observations où l'odeur est, non pas celle du soufre, mais du roussi, ce n'est donc qu'un effet secondaire de la foudre.
M. Moynier observa, à l' Hôtel-Dieu, que le pantalon d'un foudroyé exhalait une odeur de roussi.
Pétrie rapporte que le corps d'un foudroyé, qui paraissait sans vie, répandait l'odeur de la corne brûlée ou de la laine roussie.
C'est l'odeur de roussi que nous avons aussi constatée sur le cadavre d'un foudroyé que l'on avait transporté à la Morgue. La tête, dont les cheveux étaient brûlés par derrière, exhalait l'odeur propre à cette combustion.
(1) Janius Cassius Posarnii. Icna (1701).
(2) Moniteur universel du 4 août 1862.
(3) Jack, in Follin. Pathologie externe, t. I, p. Soi.