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ART. 5. — PUTRÉFACTION DES CADAVRES

Fulmine icta corpora intra paucos dies verminant ( Se-

nèque) (1). Les vers pullulent au bout de peu de jours dans les cadavres des foudroyés.

Plutarque (2) affirme au contraire que les corps des foudroyés restent longtemps sans se putréfier : il note l'odeur sulfureuse des cadavres et fait observer que les chiens et les oiseaux ne touchent point aux cadavres des individus foudroyés.

L'un et l'autre ont raison, mais des faits nombreux démontrent que la putréfaction rapide après la fulguration est le fait le plus ordinaire. Nous croyons devoir faire remarquer que cette putréfaction rapide n'est pas en contradiction avec ce fait, que la roideur cadavérique se montre ordinairement sur les cadavres des foudroyés, puisque nous avons montré que cette rigidité est généralement de peu de durée.

Le 22 août 1780, à Amsterdam, vers huit heures du matin, un garçon meunier fut tué par la foudre ; le lendemain matin, le cadavre répandait une odeur très-forte de putréfaction (Barnweld).

Un fermier du village de Lichtenberg fut foudroyé au mois de juillet entre 5 et 6 heures du soir; le lendemain il exhalait une odeur très-forte de pourriture, qui devint insupportable le soir (Achard). Brandis dit la même chose d'une femme atteinte par la foudre.

Le 20 juillet 1784, à Ratisbonne, vers 4 heures et demie du soir, un prêtre fut foudroyé ; 24 heures après il avait commencé à se putréfier (P. Heinrich) . Wendt, qui raconte un accident pareil arrivé à une jeune fille, et la putréfaction rapide du cadavre, ajoute avoir vu cette prompte décomposition se montrer chez plusieurs autres foudroyés.

•Trois jeunes gens furent frappés par la foudre près de Sedan, au mois d'août 1809; la putréfaction fut si rapide qu'on n'eut que le temps d'enlever les cadavres pour les inhumer au plus vite.

(1) Questions naturelles, liv. II, chap. xxxi. Sénèque dit encore que les animaux venimeux foudroyés cessent d'être venimeux, il en donne pour preuve que les vers s'y mettent, tandis que morts naturellement les vers ne les attaqueraient point!

(2) Symposiaques, liv. IV, quest. 2.

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