‹ De la foudreChapitre 125 sur 174 · ET RÉCIPROQUEMENT · texte numérisé non relu

ET RÉCIPROQUEMENT

Sommaire. ~ Art. 1. -> Action des paratonnerres sur la foudre. — f T. Les paratoDverres attirent-ils la foudre? ~ | H. De la sphère d'actifitè des paratonnerres. — f ni. Écoulement de la foudre par le paratonnerre. — | IV. Division de la décharge. — | V. D«$ paratonnerres multipliés sur une région la garantissent-ils des coups de Ibndre et A(< orages? ~ | VI. Solidarité d'action des diferses parties du paratonnerre. — Art. II. ~ Action de la foudre sur les paratonnerres . — Lésions des paratonnerres. A. Le>JoB> de la pointe. B. Lésions de la tige. C. Lésions du condurteur. —An. IW.S/fieaeiif dw paratonnerres démontrée par des faits. — f I. Edifices préservés parce qae la foudre a suivi leurs paratonnerres. — f II. Bâtiments foudroyés avant l'établissement (lc> paratonnerres, qui ne sont plus atteints depuis qu'ils sont armés de paratonnerres. — § III. Influence de la foudre sur deux bâtiments voisins dent l'un est armé d'un {«intonnerre. — § IV. Clochers. — f V. Magasins à poudre. — | VI. Maisons, r\\\\:ir^ non armés et endommagés par la foudre. — S VII. Na\ires. — f VIII. Siaiisti«|ut' iWs coups de foudre qui ont frappé les paratonnerres des éditlces et des navires. — Art IV - Phénomènes divers. — S I- Phénomènes divers observés à la petite des paralonirrrr"», sifllement, détonations, feu Saiut-Elme. —fil. Phénomènes observes en temps d'orj;'' sur des conducteurs interrompus. — S III. Phénomènes observés en temps d'orai-e ^ur des conducteurs continus. — S IV. Nuées perdant leurs caractères orageux au-di'-Mh des pointes de paratonnerres. — f V. Phénomènes lumineux obser\es sur les condurttuo des paratonnerres frappés par la foudre. — § VI. Expériences destinées li dcmoiiuor l'avantage des tiges pointues sur les liges obtuses ou terminées en boule. — Art. V. — Protection des édifices par leurs armatures naturelles. — I I. Edifices prot^^t•^ par des masses métalliques en communiration avec le sol. — f II. Edilires eniicn^ ment protégés par leurs armatures acculen telles. — $ III. Conducteurs accidentels ex(<*rieurs. Couvertures métalliques. - § IV. Ferrures de la façade. Symétrie dans la diNiribution des rayons de la foudre. — f V. Gouttières et tuyaux de descente. — Art. VI. — Prétendus inconvénients et dangers des paratonnerres. — | I. Les paratonncrrt-* attirent-ils la foudre sur les édifices ou sur les navires qui en sont munis? — { II. K-li lices foudroyés quoique munis de paratonnerres. Paratonnerres vicieux. — { III. Panitoonerres non assez multipliés sur un bâtiment. — f IV. Bifurcation de la foudre.

§ I. — Les paratonnerres attirent-ils la foudre?

— Les paratonnerres à pointe attirent la foudre, mais à trèslaible distance. Nous avons vu maintes fois la foudre se porter môme à travers les murailles sur les corps métalliques, nous devons bien pressentir que la foudre se jettera de préférence sur l'extrémité pointue d'un appareil aussi important qu'un paratonnerre qui lui offre un facile écoulement jusqu'au sol.

ACTION DBS PARATONNERRES 451

La pointe des paratonnerres a fréquemment, malgré sa petitesse, montré des effets directs de la foudre, il faut donc admettre une action élective spéciale des pointes sur la foudre, car, sans cela» la foudre aurait préféré une masse plus considérable qu'une pointe.

On a Vu réclair s'infléchir, se courber, et atteindre le sommet d'un paratonnerre.

Le 10 juillet 1843, la foudre frappa presque coup sur coup le paratonnerre de la tour de Strasbourg, M. le professeur Frink,averli par la première détonation, porta aussitôt les veux sur le sommet de la tour et vit le second éclair arriver horizontalement, se recourber et atteindre la pointe du conducteur.

Certes, nous n'attribuons pas ici la direction horizontale de la foudre à l'attraction qu'aurait exercée de fort loin la lige du paratonnerre, car les lignes en zigzag de la foudre ^ont souvent horizontales et d'une grande étendue ; mais il oous parait démontré que rincurvation si brusque signalée par M. Finck a été réellement produite par l'action attractive delà pointe de l'appareil.

Mais cette attraction s'opère-t-elle aussi à distance consi-iêrablef

Pour répondre à celte question importante, passons rapidement en revue un* grand nombre de cas où la foudre est tombée à des distances variables du paratonnerre. Nous diviserons ces cas en deux groupes suivant qu'ils ont été observés iur terre ou sur mer, en commençant par les distances les plus considérables de celles que nous jugeons utiles de consigner.

Le 13 mai 1827, près de Landshul, un homme fut tué par la foudre sur une route bordée d'arbres de hauteur moyenne, a 600 pas d'un paratonnerre. L'habit qu'il portait offrait deux rangées de boutons d'argent (Schulter).

Les quatre tours du château de Presbourg étaient surmontées chacune d'un paratonnerre dont les pointes étaient â 148 pieds au-dessus du sol. Et cependant, le 24 août 1786, la foudre alla tomber sur la cheminée d'une maison donnant sur la cour du château et plus basse que les tours de 132 pieds

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et dont elle n'était éloignée que de 90 toises (175 mètres environ) (Felbiger).

Le 16 août 1804, l'étincelle atteignit le bâtiment de l'université de Breslau, à 400 pieds (130 mètres environ) du paratonnerre élevé sur la tour de l'observatoire (Jungnitz).

En mai 1841, la décharge atteignit, à Piymouth, une des hautes cheminées de Yictualling-Yard, à environ 91 mètres (100 yards) de la tour de Thorloge armée d'un paratonnerre. — La cheminée en question est une colonne ronde de granit de 120 pieds environ de hauteur, sans métal dans sa construction et sans points autrement saillants ; tandis que la tour de l'horloge a son dôme couvert de cuivre, surmonté d'une girouette de métal et de quatre barres de fer qui indiquent les points cardinaux ; elle est en outre munie d'un conducteur puissant qui s'étend du dôme au sol. Et cependant la foudre a frappé, non pas le paratonnerre de la tour, mais la cheminée du Victualling-Yard (Harris).

< La tour de l'église de Saint-Michel, Cornhill, à Londres, est surmontée d'un excellent paratonnerre; cela n'empêcha pas la foudre de tomber sur la couverture en plomb qui revêt le sommet du clocher de Saint-Pierre, quoique coluici soit considérablement plus bas et que sa distance à la tour de Saint-Michel ne surpasse pas 61 mètres. Il manque ici, remarque M. Arago, la hauteur verticale de la pointe du paratonnerre du clocher de Saint-Michel, au-dessus do la couverture en plomb du clocher de Saint-Pierre. Si celte hauteur n'est pas de 31 mètres, comme on doit le supp<^ser, Vévénement ^l'infirmera point la règle d'après laquelle le rayon d'action devrait se mesurer sur le double des hauteurs relatives. »

Le 24 août 1783, le météore atteignit un balcon en iVr situé à l'angle occidental du chftteau de Dresde, à 106 aunes (59 mètres) du, paratonnerre élevé sur la tour de ce château. Il s'échappa d'ian nuage assez éloigné du château et se dirige;i sur lui presque horizontalement.

Un tilleul, près de Gorlitz, fut frappé à 170 pieds environ (54 mètres) d'un paratonnerre dont la tige le dépassait de 5 pieds (1 mètre, 64) (Schachmann).

Le 14 septembre 1822, un orage épouvantable éclata sur Navarreux ; la foudre endommagea deux maisons sans paratoonerre, à 130 pas (41 mètres environ) d'un magasin à poudre armé d'un paratonnerre qui ne fut pas atteint (Paiassou).

La foudre, tomba à Zurich sur la cheminée d'une maison située à 100 pas (32 mètres environ) de deux paratonnerres bien établis (Breitinger).

L'angle de la maison d'Heckingham, frappé par le météore, était éloigné de 70 pieds (22 mètres, 07) du paratonaerre le plus voisin. Mais il parait que la foudre se divisa dans l'atmosphère en trois branches, dont l'une atteignit le paratonnerre.

En 1837, à Ghowringhec (Indes Orientales), une maison sans paratonnerre fut endommagée par la foudre en un point éloigné de 66 pieds (22 mètres environ) du paratonnerre d'une autre maison. On vit la foudre se bifurquer (O'Shanghnessy).

Le 13 juillet 1807, la décharge atteignit simultanément le paratonnerre de l'hôtel de la Monnaie et une cheminée à 60 pieds (19 mètres environ) du paratonnerre. Il y a donc eu encore bifurcation.

La maison de Richard Haffenden, à Tenterden (Kent), avait 50 pieds de large et 40 de haut. Sur les extrémités les plus étroites vers les angles, s'élevaient les tuyaux de quatre cheminées. Une tige de paratonnerre était fixée à l'une de ces cheminées qu'elle ne dépassait que de 5 pieds environ !l mètre, 52). Le 17 juin 1774, une nuée orageuse arriva du côté de l'extrémité non armée de la maison et un coup de foudre démolit l'une des deux cheminées qui la surmontaient à oO pieds de distance (16 mètres environ).

Ainsi la cheminée en question se trouvait à une distance dix fois plus grande que la hauteur de la tige du paratonnerre au-dessus du niveau des cheminées ; ajoutons que ce paratonnerre était mal construit. En effet, son conducteur consistait en une barre de fer courbée pour aller joindre un tuyau de conduite en plomb. Le tuyau servait de conducteur jusqu'à quatre pieds au-dessus du sol. A cet endroit, on lui avait adapté extérieurement une autre barre de fer qui en-

trait obliquement dans la terre; mais celte barre était rouillée, et, ce qui est plus grave, elle n'était pas exactement en contact avec le tuyau, aussi fut-il troué par rcxplosion. Cet événement n'infirme donc nullement la règle assez généralement adoptée aujourd'hui.

Le docteur Wintrop, de New-Cambridge, rapporte qu'un arbre fut frappé et sillonné dans toute sa longueur, quoiqu'il ne se trouvât éloigné horizontalement que de 16 mètres du paratonnerre établi sur le clocher d'une église. Si le clocher dépassait le sommet de l'arbre de 8 mètres au plus, comme il parait naturel de le croire, le fait cité par le docteur Wintrop serait directement contraire à l'idée que le rayon d'action d'un paratonnerre doit être mesuré par le double de la hauteur verticale absolue de la pointe de la tige au-dessus de chaque objet,

La foudre est tombée le dimanche 16 juin 1861, à Brionnc (Eure), sur une filature protégée par cinq paratonnerres; cllr mit le feu dans les greniers et au troisième étage, près d'une croisée tabatière, et dans un métier à filer, long de 28 mètres. Le feu a pris sur une longueur de 20 mètres. Il était aussi au t^ étage dans un pignon de commande. Grftce à une prompte organisation des secours, le feu fut bientôt éteint.

La longueur totale des bâtiments est de 6S mètres; la foudre est tombée sur le haut du toit, à 12 mètres du paratonnerre le plus voisin. Les tiges des paratonnerres avaient cimi mètres de hauteur; à la suite d'un examen minutieux, on n'a pu constater aucune trace d'interruption depuis la poinlo jusqu'au sol, où le conducteur pénètre dans un terrain toujours humide dans une profondeur d'un mètre. L'auteur de cette observation, qui est le propriétaire de cette usine, se demande à quelle cause il doit attribuer l'inellicacité de ses paratonnerres ; à défaut de renseignements plus complets, et en supposant que toutes les autres conditions fussent remplies, nous ferons remarquer que la foudre a frappé à une distance du paratonnerre le plus voisin, plus du double égale à deux fois la hauteur de la tige (1).

(i) Dareli CompUi rendoi, t. LUI, p. S3 (1861).

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