‹ De la foudreChapitre 132 sur 174 · IXCONVËNIBNTS ET DANGERS DES PARATONNERRES SI · texte numérisé non relu

IXCONVËNIBNTS ET DANGERS DES PARATONNERRES SI

17 mètres 76 et celle-ci ne s'élevait pas au-dessus de lui de plus de 6 mètres 70 ( Arago).

Mais il parait qu'un observateur a vu la foudre se diviser dans ratroosphère en trois boules de feu ; l'une d'elles frappa l'aogle de la maison, une autre atteignit un paratonnerre, une troisième enfin atteignit le sol devant la maison. Une seule des branches s'était donc trouvée dans la sphère d'activité d'un des paratonnerres (1).

Au rapport du docteur O'Shanghnessy, deux maisons voisines à Ghowringhee (Indes-Orientales) furent foudroyées en mai 1837. L'une d'elles, qui n'avait pas de paratonnerre fut gravement endommagée ; l'autre fut aussi frappée, mais la foudre suivit son paratonnerre. Or, le docteur Goodève vit la foudre frapper simultanément ces deux bdtiments. La distance entre la maison endommagée et le conducteur de l'autre était de 66 pieds, à peu près comme dans le cas précédent.

Quand le brick le Racer fut foudroyé, en 1835, le mal de petit perroquet, éloigné d'environ 40 pieds de la chaîne conductrice fut fracassé, et au même instant, on vit briller des étincelles et on entendit un fort bruissement sur la longueur du conducteur. La foudre a dû évidemment se bifurquer avant d'atteindre le bâtiment (2).

Dans d'autres cas, la bifurcation de la foudre dans l'atmosphère nous parait résulter de la présence de lésions simultanéesde la tige du paratonnerre et d'autres points du bâtiment.

Le 13 juillet 1807, la foudre frappa a la fois le paratonnerre de la Monnaie de Paris et une cheminée éloignée de 60 pieds ; on put retrouver sur le tuyau de tôle de la cheminée et sur le paratonnerre des traces de la foudre, d'ailleurs le conducteur ne plongeait plus dans l'eau du puits (3).

Le professeur 01 msted signale un pareil exemple, mais la cheminée frappée en même temps que le paratonnerre n'était distante de celui-ci que d'environ 40 pieds (4).

Une maison de Berne avait un paratonnerre dont la tige

(1) Barris, Tkund,p. SU; Reimarns. SwedA^Abhondl., t.XXXU, pi. vi, flg. i. (1) Harria. Thund., p. lit.

(3) /ottm. de ph^., X. LXV, p. 909 (1807).

(4) Roned, of the amer. auoe. (1850).

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514 ACTION DBS PAHATONNKRRËS SUR LA FOUDRE

s'élevait près d'une cheminée. Le conducteur était un simple fll de fer de trois lignes de diamètre et seulement de deux lignes inférieurement. La foudre frappa cette maison, atteignit le paratonnerre, fondit sa pointe, et sans briser le conducteur le couvrit d'une couche d'oxyde noir comme si on venait de le recuire. La cheminée avait été fracassée, la foudre avait pénétré dans la cuisine, et y avait blessé plusieurs personnes. Un autre rayon avait pénétré dans une chambre en suivant la façade de la maison. Enfm on avait vu du feu rouler sur la terre au pied du paratonnerre. Tout semble donc démontrer la bifurcation de la foudre à la fois sur le paratonnerre et sur la cheminée. Le sol était sablonneux et sec, ce qui, s'ajoutant à T insuffisance de la section du conducteur, explique les effets produits sur la pointe et sur le conducteur (1).

Dans quelques cas la bifurcation parait moins certaine, quoique probable.

Une maison de Nev^-Ghester (États-Unis) est bfttie sur un banc de rocher au pied d'une pente rapide et à quelques yar(i^ d'un moulin. La maison est en pierres; elle est élevée de deux étages à l'ouest et de trois à Test ; à chaque extrémité est une cheminée, à laquelle est adaptée une tige de fer qui descend directement au dehors de la muraille et se termine dans le roc. Une gouttière en cuivre longe le toit et communique au moyen d'un tuyau de cuivre» le long de la muraille, jusqu'à quatre pieds environ d'une citerne creusée dans le sol.

Malgré ses deux conducteurs pointus, cette maison ne fut pas entièrement protégée : le toit fut endommagé, des barreaux furent arrachés près d'une des cheminées, les dégâts s'étendirent jusqu'à la gouttière de cuivre et à une corniche voisine. La muraille voisine d'un des conducteui*s fut altérée par la foudre ; enfm la pointe du paratonnerre fut fondue e( le sol du pied du conducteur fut labouré et entr'ouvert (2).

Suivant M. Sn. Harris, la foudre s'est divisée dans l'atmos-

(1) Gilbirei Ànn„ t. LXIV, p. n? (1810); el Bibl. «mîv. w. «f «tt, l. XV p. 19.

(2) David, Riltenhouse et Franc» Hopkinflon» Tram. 0fthê âmtr. pkU. $oe,, t. nu p. m (1793).

INCONVÉNIENTS BT DANGERS DES PAnATUNNERRES Wî

phère en deux rayons; l'un d'eux a Frappé un des paratonnerres, l'autre le côté sud de l'autre cheminée, a suivi le toii et a gagné enfin le conducteur.

Board'house à Purfleet. — Le Board-house, à Purfleet, est situé sur le penchant d'une colline à la distance de 450 pieds environ de cinq magasins à poudre qu'il domine beaucoup. Le toit pointu et toutes les saillies du bâtiment sont couverts en plomb. Sur la partie la plus élevée est placée une tige de paratonnerre longue do 10 pieds (anglais) environ. Autour du toit règne une corniche en pierres de taille unies par des crampons de ter, scellées avec du plomb fondu. Une gouttières de plomb fait le tour de la corniche en dedans et décharge les eaux dans des tuyaux de descente en métal.

Le 15 mai 1777, vers 6 heures du soir, le foudre tomba sur l'angle nord-est du Board-house ; l'orage venait aussi (lu nord-est; elle y atteignit un crampon de fer qui unissait deux dalles de la corniche ; de là, elle s'élança sur un tuyau de décharge et le suivit jusque dans l'eau d'un puits sans autre dégât que la rupture de la pierre qui se trouvait interposée entre le crampon et le tuyau.

Cet événement qui lit alors grand bruit se prête à deux explications :

Dans la première» on admet que la foudre, sans se diviser dans l'atmosphère, a frappé tout entier l'angle nord-est du bâtiment, la tige du paratonnerre n'ayant pas étendu jusquelà sa protection.

La tige avait environ 10 pieds (anglais) de longueur. La distance horizontale du pied de cette tige à l'angle endommagé était de 25 pieds; cet angle restait donc de 5 pieds en dehors dû double de la hauteur de la tige.

En outre, à cet angle se trouvait un crampon de fer distant seulement de 7 pieds 1/2 du conducteur principal, et l'espace qui l'en séparait avait été fortement humecté par la pluie. Ajoutons enfin que la pointe de la tige était très-notablement émoussée antérieurement à l'orage, et que le conducteur formé en grande partie par la gouttière et la conduite métallique, n'était pas absolument continu, comme l'inspection de la ligne semble l'indiquer.

f5l6 ACTION DES PARATONNERRES SUR LA FOUDRE

Ainsi plusieurs circonstances expliqueraient comment la foudre aurait frappé l'angle du bâtiment sans toucher à la tige du paratonnerre.

Il est cependant une autre manière d'interpréter l'événement en question. La décharge électrique qui atteignit le Board-house fut d'après tous les documents, d'une trèsgrande violence. Or, en voyant le très-léger dégât qu'elle occasionna à l'angle du bâtiment, ne peut-on pas soupçonner que le noétéorè s'est bifurqué dans l'atmosphère, son plus fort rayon aurait frappé le paratonnerre et suivi le conducteur jusque dans l'eau du puits, et c'est le plus faible rayon qui aurait frappé l'angle nord-est. M. Snow Harris n'est pas éloigné d'adopter cette opinion dont la valeur est cependant diminuée, s'il est vrai que Henly ayant fait descendre et examiné la pointe du paratonnerre n'y a constaté aucune trace de lésion.

On trouvera une foule de détails et d'appréciations sur l'accident occasionné par la foudre dans le Board-house de Purfleet(l).

Magasin à poudre de Bayonne. — Le magasin à poudre de Bayonne est un bâtiment de 17 mètres o de long sur 1 1 mètres 4 de large. Le toit est à deux eaux; la faîtière et la couverture des murs du pignon sont formées de larges lames de plomb liées les unes aux autres. Le paratonnerre à 6 mètres 8 d'élévation; une douille en plomb, qui l'enveloppe à sa base, est soudée à l'une des lames du faite. Par cette disposition, toutes les parties métalliques du toit communiquent entre elles.

Le conducteur a au moins 27 millimètres, au lieu de pénétrer au pied du bâtiment, il est soutenu horizontalement à 8 décimètres de hauteur, par cinq poteaux en bois. Ce nVsl qu'à la distance de 10 mètres du mur extérieur du magasin, que le conducteur s'enfonce verticalement dans une fosse carrée d'environ 2 mètres de côté, revêtue en maçonnnerie sur ses quatre faces latérales; mais chacun des murs est évidé dans le bas au moyen de deux arceaux, afin d'établir

(1) Journal de Bozier, t. XVÏ, p. 4i8 (1780); t. XVII, p. Srtrt.

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