COMME MOYEN DE PROTECTION
Nous avons déjà signalé bien deâ fois l'action de la foudre sur les pièces métalliques qui font partie intégrante des maisons, et nous avons vu que dans des cas nombreux ces pièces, à cause de leur communication parfaite avec le sol, avaient fonctionné comme des paratonnerres parfaits.
Nous allons examiner maintenant quels sont les moyens à l'aide desquels on peut faire servir le plus avantageusement ces différentes pièces métalliques à la protection des édifices.
L'Académie des sciences, en juin 1837, s'est prononeée pour l'exclusion du zinc de tous les bâtiments surmontés d'un comble en bois, se fondant sur la facile combustion de ce métal dans le cas d'incendie.
Le ferzingué, qui n'offre pas ce danger, est bien préférable au zinc; d'ailleurs, à prix égal, il est au moins aussi résistant et plus léger.
Le cuivre, dont sont couverts quelques grands édifices, comme la cathédrale de Strasbourg, est d'un excellent emploi, mais coûte malheureusement trop cher.
Ce qu'il est important d'observer, c'est que la masse métallique qui arme l'édifice soit sufBsamment considérable, e( que nulle part il n'y ait de solution de continuité jusqu'au sol. La grande surface offerte par le conducteur à la foudre est un garant de bonne préservation.
D'ailleurs, ces armatures métalliques exigent de rares réparationst celles-ci sont toujours faciles, tandis que les faîtages et garnitures en mortier demandent de fréquentes réparations, et si la foudre vient à les atteindre, elle y produit des dégâts très-considérables.
Il est important aussi de munir d'une lame de métal chaque corps de cheminée, ou« suivant M. Henry, d'une tige de fer qui le dépassera de 15 à 20 pouces; et cette lame (Xt cette tige communiquera avec la ligne faîtière ou avec le chéneaux.
DES ARMATURES NATURELLES DBS ÉDIFICES m
Toutes ces pièces devront communiquer avec les tuyaux de descente, et ceux-ci seront mis dans un rapport intime avec le sol au moyen d'une épaisse lame de cuivre qui sera soudée à In partie inférieure du tuyau. Cette lame devra plonger dans le sol humide, ou communiquer dans le sol profondément, au moyen de branches multiples, afln d'assurer un écoulement prompt et facile de la matière fulminique.
Les grandes ferrures des façades, telles que les balcons, devraient toujours être mises en communication métallique avec le sol, soit directement, soit par l'intermédiaire des tuyaux de descente (1).
M. Marchai (de Lunéville) a présentée l'Académie des sciences la figure d'un des appareils qui surmontent presque toujours les hautes flèches aiguës que l'on trouve dans les villes chinoises. Les chaînes qui enveloppent la flèche, et qui, partant de son pied, vont rejoindre les angles saillants de la tour, sont de vrais conducteurs du fluide électrique; il est probable que l'efficacité de cette armature métallique est connue des Chinois. Dans la construction des tours chinoises, comme aussi dans les maisons, il n'entre point de substances métalliques. Ces tours, protégées par une enveloppe conductrice, n'ont jamais été frappées par la foudre. M. Marchai fait remarquer qu'en Italie, les hautes flèches sont consolidées par des haubans métalliques qui vont se flxer aux angles du bâtiment. Dans les flèches chinoises, on remarque au sommet une flamme dorée et par conséquent conductrice (2).
AHT. 12. — PARAFOUDRES POUR LA TÉLÉGRAPHIE