CHAPITRE V
PAéSERVATION PEBSONNELLE DE L'HOMHC.
SdnAniC. — Art. I. — Prêeauiioni à prendre en qtiêlfuê Ueu que ton $e tnmrr. -^ Art. II. *- Prèumtkmi à prendfe éim$ une wai9on. ^ Art. UI. — PrèotnJwu à prendre dam une rue. — Art. IV* — Précautions à prendre dans Uxeainpagne.
Les précautioDS destinées à garantir rhomiue personnellement sont très^variées» mais toutes n'ont pas une bien grande valeur. Nous avons dû éliminer toutes celles que l'ignorance et la superstition ont suggérées, et nous borner à celles qui sont fondées sur Texpérience ou sur la théorie.
Nous considérerons les précautions à prendre :
1° En quelque lieu que Ton se trouve.
2^ Dans une habitation .
3^ Dans la rue.
4® En rase campagne.
5® Sur un navire ou sur un bateau.
art. 1. — précautions 4 prendre en quelque lieu
qu'on se trouve.
Précautions relatives aux courants d'air, *» A. La plupart des auteurs recommandent d'éviter les courants d'air des portes, des fenêtres ; d'éviter aussi, en rase campagne <ni dans les rues, de courir à pied, à cheval ou en voiture. Mais le conseil est-il réellement fondé sur l'observation? Est-il démontré que les courants d'air attirent ou conduisent la foudre? Distinguons ici deux espèces de courants:
1^ On dit que la foudre suit la direction du vent, que la pluie entraînée par le vent forme des courants que la foudre a de la disposition à suivre. Mais où sont les faits sur lesquels se fondent ces assertions? C'est là un des points nom*
pRfcAtiTiORS A PMnbnt iM
bretix de rhîstoire dé la ftiigtiratioh qui réetament^e ndu- Yellei obsefTatlons.
9'' L'atmosphère oppose une certaine résistance au passage de rétiAcelle ; si elle est raréfiée dans un point, Tétincelle s'y précipite ; il est donc dangereux, ajoute-t-on , en temps d'oragei de coorir à pied, à cheval, car on laisse derrière soi un espèce où l'air est raréfié. Mais l'observation directe ne prouve nullement cjue cette légère et toute locale raréftictbn de Tatr ait jamais eu quelque notable influence sur la direction de la foudre. Parmi lés trèë^nombreuses histoires de ibl^ gnration que nous avons analysées, nous ne voyons pas que le météore ait souvent frappé des individus qui ctHH raient à pied ou à cheval ; les faits de ce genre sont au contraire fort rares. Les voitures publiques, les chaises de poste roulent continuellement sur les roules, traversent les orages sans précaution et sont cependant très-rareoient atteintes par la foudre, llien plus, si la raréfaction de l'air, derrière un corps «n mouvement, attirait sur eux la foudre^ nous verrions le météore frapper souvent le dernier viragoti des trains de chemin de fier; et cependant nous ne connaît^ sons pas encore un seul fait de ce genre. Nous sommes fort disposés à croire que l'homme peut, en toute sécurité, courir pour Se mettre à l'abri de l'orage; et que les très-légers coorants d'air qui s'établissent à la surface du sol, dans les maisons, entre les portes et les fenêtres, n'ont aucune action smr la marche de l'étincelle foudroyante.
Arago n'est pas cependant tout à fait de cet avis, t Tout
> cequi amoindrit la densitérde l'air en un point donné, dit^il, » tend» peu ou prou, à y appeler la foudre. Or, un homme qui » court par un temps calme laisse derrière lui un espace «ù,
> mathématiquement pariant, l'air est raréfié. A parité de
> circonstances, cet espace sera donc celui où les coups de » foudre deviendront le plus imminents. ^
B. S'éhigner âeê mur$ et dn objets méiatliquês. -* Il est prudent de se tenir à une certaine distance des murs de la chambre, et d'éviter les objets métalliques qu'elle renferme ; tels sont : les lustres, les glaces élamées, les iambrîa iotéê, les tringles, toa eordmi de aonnettes *
eOi PRÉSERVATION PERSONNELLE DE L'HOMME
Les fils métalliques des sonnettes ne doivent pas pendre perpendiculairement le long du chambranle de la cheminée, ni contre la paroi voisine du lit; il faut que ce dernier soit non conducteur et par conséquent en soie. Il serait même bon de prolonger le fil métallique horizontal au-delà de sa destination, aûn de donner issue au courant en dehors deslieax où Ton a l'habitude de se tenir.
C. Eviter les grandes réunions, — Les rassemblements de personnes» au bal, au café, au spectacle, à l'église sont des lieux moins sûrs qu'une chambre où l'on est seul ou en petite société. Il faut éviter aussi lés rassemblements d'animaux, les étables,
D. Situation à prendre. — Les coups defoudrequi frappenlle crâne sont de tous les plus dangereux ; la mortalité est alors des 2/3, tandis qu'elle n'est plus que de 1 /6 quand l'étiocelle n'atteint pas celte région (Voyez Pronostic). Il est donc de bonne précaution, une fois menacé par le météore, dans une maison comme en rase cam|i!Bgne, de ne pas rester debout, de prendre au contraire une position horizontale, sur iti chaises, un lit ou un matelas, ou sur le sol lui-même.
E. Eviter d'accourir sur le lieu même qui vient d'être foudroffé. — En quelque lieu que la foudre tombe, dans uoe maison, dans une rue ou en rase campagne, gardez-vous de vous y transporter immédiatement, à moins que ce ne soit pour y porter secours ; car, maintes fois déjà, la foudre a coup sur coup, ou à quelques minutes d'intervalle, frappé précisément le même point, et suivi exactement le même trajet, ainsi que nous en avons cité plusieurs exemples.
F. Influence des vêtements et de leurs métaux. — Des vêtements mouillés sont-ils préférables k des vêtements secs? NoUet redoute les premiers comme attirant, le fluide électrique, et Bergman se demande comment des vêtemenLs mouillés peuvent préserver l'homme, puisque l'étinceUe des machines et la foudre tuent les poissons dans le seio des eaux.
Mais Franklin pense que des habits mouillés, en transmettant immédiatement au sol la matière ftilminante, préservent mieux que des habits secs, et nous partageons entièremeot