PRÉCAUTIONS A PRENDRE
son opinion. < Lorsque les liabits sont tnouillés, dit-il (1), si f UD tourbillon, dans son chemin vers la terre, vient à tou- I cher votre tête, il courra dans l'eau sur la surface de votre » corps; au lieu que si vos habits sont secs, votre corps en 1 sera traversé. C'est pour cette raison qu'un rat mouillé ne > peut être tué par l'explosion de la bouteille électrique, ce i qui peut arriver à un rat dont la peau est sèche. » Berg-nao craint que Franklin n'ait été entraîné à quelque erreur dans ses expériences.
Quand la foudre frappe un individu, elle atteint presque toujours les objets métalliques qu'il porte. Il convient donc, 60 temps d'orage, d'éviter de porter des masses métalliques un peu volumineuses, et même il serait bon de déposer à une certaine distance de soi la monnaie, les armes et les bijoux que l'on peut avoir sur soi.
Harris fait remarquer qu'un homme revêtu d'une armure serait probablement à l'abri ; la foudre gagnerait le sol sans toucher à sa personne.
La laine, la soie, le taffetas ciré, corps moins bons conducteurs que le chanvre et le lin, donnent des étoffes qui peuvent, jusqu'à un certain point, protéger ceux qui les portent. Nous avons signalé quelques faits qui tendent à justifier cette assertion. (Voir Vétemefas.)
Les Tartares, dont parle Rubruquis dans la relation de son voyage en Tartarie, entrepris par l'ordre de Louis IX, avaient peut-être appris par l'expérience que les feutres et les draps noirs sont des préservatifs contre la foudre, car ils s'en enveloppaient et restaient immobiles pendant toute la durée de l'orage.
On sait que Tibère croyait se préserver tle la foudre en portant une branche de laurier, et Auguste une peau de veau marin. Ce sont de purs préjugés (Suétone).
Dans une maison^ il importe de choisir une chambre opposée au point d'où vient l'orage, car très-probablement les
(i) LeUm à CoUiimn, iraduet. française, p. iSO (I76S).
60a PRÉSERVATIOM PBaSONNBLL£ DR {.'HOIIHR
nuages lanoeront la foudre de préféreaea wf la preoMèn face des maisoDS au-dessus desquelles ils passeront. Si donc 1-orage vieot du sud, on se réfugiera dans unp pièce ^u nordv Cette coutume est, diton, assez géuéraieneiit adoptée eu Italie où, suivaut M. Balitoro, la foudre ne frappe iwm la face uord des édifices» Ce n'est pas à dire cependant qM'il en soit toujours ainsi, en Frwce, du moins.
On préfère Tétège i&eyea ou inférieur à rétege supéri^r et surtout aux mansardes, car le plus ordifiaireaieot la fim4r^ se divisa et s'affaiblit du sommet à la base (fat bjktimeqt.
La cave, dans certaines conditions que nous sigmAma» bieotAt, est le lieu où l'on court te moins de risqua. |il est tràsHrare en efiet, que la foudre y pénètre. Nous en dimp^ autant des iouterraim et des grMes naturellee.
Qu'on ne s'y croie pas cependant tout àlfait en sûreté, car la foudre pénètre quelquefois profondément dans les (oaves et dans le sol sablonneux. (Voyez Fulgurites.) Et (i^uisaitiu juste le rôle que peut jouer ici la foudre ascendaqie, dont les coups, suivant Guden et d'autres euteurs, partîraieflyt surtout des souterrains et des endroits voûtés?
Si l'on se réfugie dans une cave, ce q^ est, nous le ratons, uoe précaution uUl0« eu nioins faut-il qu'elle ne ca»munique pas avec l'extérieur per des soupiraux munis de barreaux ou de grilles en fier, car plusieurs fois déjà la foudre, qui avait parcouru la faœ extérieuiiB d'un bâtiment, s'est jetée sur les grilles, sur les barreaux eu question et a pénétré diuis une cave dont elle a suivi les murs bumides*
Signalons plus particulièrement le danger que feraîjl alars
courir une conduite métallique qui, partant d'une goottiérei
se terminerait à une certaine distance du sol et près du soapi-
rail d'une cave. U ne &ut pas non pius que la eare eoolieaae
quelque masse métallique un peu considérable* emwà^
tuyaux de pompe ou autres.
CAaio; ifiiiu ibU/a(ten. -«-• Une habitation est généraieineBl
assez bien garantie contre les atteintes de la foudre par le voisinage d'un bâtiment ou d'un édifice plus élevé, surtout 81 ce bâtiment ou cet édifice est, par rapport à lliabitatieA dont nous parlons, du e^té d'où vient l'orage^
PIËOAOTIOHS A PRENDRE DAKS UVE MAISON 107
On évitera, mi contraire, de se réfugier dms une nuiteofi isolée au milieu d'une plaine ou sur une hatiteur.
Les hnbitatioas %w le bord de la mer ou d'un lae ofi^t quelques dangera, non pas tant, peoaona*QOua« à eauaa du voisinage de i'eau oiéaie, que parce qu'elles (bot saillie au*" dessus d'une vaste surface plane.
Oq évitera de chercher un abri dans une église. Et ai Ton ne croit pas deroir sortir de cette église, du moîoa s«ra44l pradeot de s'éloigner des principales masses métailîqMS qu'elle renferme, telles que les orgues, Tautel, les Ius(ms« las balostrades, etc.
Abrii fréparA à dessein. — Les aficieos se disaieot eoos^ traire des tentes de peaux de vemuB marine, eroyant que la foudra n'atteignait jamais ces animaux (1), non plus que les aigles.
On pourrait, dit l'abbé Richard, se procurer de petits logements impéaétrables à l'ai^on de la foudre si oo les eodui* sait au dehors d*aiie couche épaisse de poix, et si on las la* pissait en dedans de peaux de caeiare.
On a proposé des guérites isolées^ construiies avec du Mt très-sec el fortement imprégné d'huile bouiHaate, ou euduites en dedans et en dehors d'une couche épaisse de poix ou do eire d'Espagne.
On pourrait, dit l'abbé Noilet, dans une lettre i de ltQil4S« se faire construtre un réduit dent les murs serviient construits en eea matières vîtriftées et de reimt qui Jibnudeult daos les verreries, réunies avec un mortter 4mnposé de poii^^ de résine, de cire et de tarie pulvérisée. Pareils usalérisw^ encadrés dans du bois formeraieut la porte qui serait fort petite, et ce bois sertit séché et passé à l'huile heuiilanlo tvaat d'elle employé.
On a même proposé une grande cloche de verre^
Une ehaad^re en maçonnerie, voûtée par haut et par hns, oflmait certainesnent uoe très^ande séeurîté. Mine (2)
(1) Pliae^ ffiêt nul., Ur. U, cbap. lti.
(1) Pline, Bia. nol., liv. If, cbap. lvi; • unquam qmnque iMm tenuBI Ml C«myn. >
croyait à tort que la foudre ne pénétrait jamais à plus de cinq pieds en terre.
, Une grotte creusée dans le sol et couverte d'une oouehe épaisse de terre glaise serait à Tabri de la foudre qui, en arrivant sur cette couche, se disséminerait en filaments sans force destructive (Voyez Fulgurites.)
Une voûte souterraine couverte d'un grand bassin d*eau est adoptée, suivant Kempfer, comme lieu de refuge par les empereurs du Japon. Elle peut avoir en effet, une très-graode efficacité.
Dernièrement enfin M. Surgeon a proposé de doubler en cuivre la chambre qu'on veut préserver, et d'établir une communication métallique complète entre ce doublage et le sol ; personne, dans un réduit pareil, ne pourrait souffrir ni du choc direct ni même du choc latéral.
LU. — La croyance que la foudre ne frappe pas les personnes dans leur lit est fort ancienne et quelques modernes la partagent, mais elle n'est nullement fondée. Nous savons, il est vrai, que parfois le météore a endommagé des lits sans blesser les personnes couchées ; ainsi :
Le 3 juillet 1828, la foudre tomba sur un cottage, à Bo^ dham, près de Ghichester. Elle brisa un bois de lit, roula par terre les draps, les matelas et la personne qui reposait, sans lui faire aucun mal (Howard).
Le 9 du même mois, à Great-Hougton, près de Duncaster, la matière fulminique pénétra à travers le plafond dans la chambre 6 coucher d'une dame, brisa le ciel de lit, enlevais couverture, et la dame ne reçut aucune blessure.
Le 24 juin 1781, la foudre ayant pénétré dans la salle d'un hôpital d'une petite ville de la Bavière autrichienne, parcourut plusieurs lits (sans doute munis de tringles) sans blesser aucun malade.
Mais à ces faits nous pouvons en opposer un beaucoup plus grand nombre d'une nature toute différente. Et d'abord, maintes fois, les couvertures, les draps et même les matelas d'un lit ont été percés, brûlés, déchirés parla foudre au moment où fort heureusement personne ne reposait dans ce lit. En outre, nous trouvons dans les observations que nous avons
analysées, 20 personnes qui ont été blessées ou tuées dans leur lit, et un enfant tué dans son berceau ; et remarquons que la mortalité chez ces personnes a été plus considérable que dans plusieurs autres circonstances, puisque sur ces 21 personnes, 9, ou un peu moins de la moitié, ont succombé, et 12 seulement ont guéri. On pourrait ajouter que trèsprobablement le danger résultait principalement de ce que les personnes foudroyées dans leur lit avaient été le plus ordinairement frappées à la tête (Voyez Pronostic).
Parmi plusieurs observations de ce genre nous croyons utile de citer les suivantes :
Deux enfants étaient dans leur berceau ; la foudre tua Tun et respecta l'autre, qui fut Torateur Scopelianus (Gardanus).
Un jeune garçon fut tué dans son lit pendant qu'il dormait (Reschin).
Le 27 septembre 1819, l'étincelle tua une femme couchée dans son lit à Gonfolens (Charente). Le corps était sillonné depuis le cou jusqu'à la jambe droite (Arago).
Les observations qui suivent sont plus particulièrement intéressantes par le nombre des personnes atteintes du même coup.
Un homme, sa femme et son enfant étaient couchés dans le même lit. L'homme et l'enfant furent tués et la femme ne reçut qu'une légère blessure.
Ce fait se passa le 26 juin 1613, dans le comté de Southampton (Hilliard).
Le 18 juin 1727, peu après minuit, la foudre atteignit à Ratisbonne, une habitation où dormaient sur la paille, un homme, sa femme et son fils âgé de 7 ans environ. Le premier fut tué sur le coup ; le sourcil et la partie gauche de la face présentaient des traces de brûlures ; la femme fut blessée à la cuisse et l'enfant resta sain et sauf. Le drap qui les recouvrait offrait une tache noire brûlée de la grandeur de la paume de la main (Gœritz).
Le 10 septembre 1761, deux jeunes sœurs couchées ensemble dans le château de Saint-Barthélémy, à deux lieues de Condom (Gers), furent blessées par la foudre, l'aînée au front, au menton et à l'épaule gauche ; la cadette, aux deux
Sbstieb. 11 — 39
010 PRËSEIIVATION PERSONNELLE DfC L'HOMME
épaules e\ à un pied. Les couvertures et les rideaux ne recurent pas i^ plus petit dommage (Pélisspn).
Au mof$ d'août 1805, dans ia conampne de ^int- Jeanci' Aubrigoué (Haute-Loire), deux filles reposaient sur le même lit ; Tune, celle qui était sur 1^ devant, fut tuée instanlanémenl* ; l'autre resta sans connaissance pendai^t quelques heures et se rétablit (de la Prade).
Si nous recherchons les causes qui ont attiré ain$i la foudre sur Içs lit^, nous voyons que les métaux, tels que le fer dont certains lils se composent, les tringles horizontales ou verticales des rideaux, les fils métalliques des sonnettes ou des lattes de plafond, certains objets métalliques que les individus portaient sur eux ont joué ici un certain rôle.
En voici quelques preuves :
La foudre qui pénétra dans la caserne de Saint-Maurice, à Lille, le 5 septembre 1838, à 3 heures 1/2 après midi, frappa deux hommes couchés sur un Ut en fer^ en face de la porte, et dont le matelas fut percé de plusieurs trous. Un caporal, assis sur un lit également en fer, fut blessé au bras. A côté de lui et sur le même lit, un soldat nettoyait son fusil, qu'il tenait par le fût de la main gauche; la crosse éclata et fut séparée du canon ; Thomme ne fut pas blessé. La baïonnette de ce fusil se trouvant sur le lit, fut lancée contre le mur où elle demeura (Poggiale).
En 1770, la foudre tomba sur une des tours du collège académique de Vienne, et pénétra dans une chambre en suivant les lils du lattis du plafond : un matelas, placé sur un lit en fer, y fut percé de trois trous (Mako et Hemmer).
Dans les deux cas suivants l'événement fut moins beu* reux.
Le 29 décembre 1833, un peu après minuit, la foudre atteignit la maison du gardien d'un phare, près d'Holy-Head. Le gardien était couché avec ses deux enfants, il fut brûlé sur une grande partie du corps, et un des enfants le fut légèrement ; les piliers du lit étaient cassés, Toreiller était déchir^ dans toutes les directions et les tringles du rideau particulièrement fondues.
Le docteur Kirhshaw rapporte que le 29 septembre 1772,
vers 2 heures du matin, la foudre tomba sur une maison à llarrowgale. — Le nommé Ileartley était dans son lit avec sa femme. Celle-ci, réveillée subitement, se leva, alla vers la fenêtre, puis se remit au lit et se rendormit. Vers cinq heures, n'entendant et ne voyant pas respirer son mari, elle s'efforça de le réveiller, mais en vain ; le docteur Hatchinson, appelé à Tinslant même, ne put le rappeler à la vie. Ses cheveux étaient brûlés du côté droit (Heartley était couché sur le côté gauche au moment où il ifut frappé). Le bas de la joue droite était tuméfié et très-dur; le reste de la surface du corps ne présentait aucune lésion. En dedans du bonnet de nuit, qu'on trouva près de la tète du défunt, on voyait un éclat de la colonne du lit qui avait été déchirée de haut en bas en de nombreux fragments.
Dans ce cas, la foudre, attirée par le cadre et les barres en fer de la fenêtre, après avoir percé deux carreaux de vitre, s'est sans doute élancée sur les tringles des rideaux et, en suivant la colonne du lit située dans le coin du mur, est venue frapper le malheureux Heartley à la tête.
Il n'est pas jusqu'aux objets métalliques que portent les personnes couchées sur un lit qui ne puissent exercer ici quelque fâcheuse inlluence. Par exemple :
Le jeune Spiridione Politi était couché sur son lit lorsque, le 0 octobre 1836, vers 4 heures après midi, il y fut tué par la foudre. 11 portait un ceinturon contenant 14 pièces dor.
Les fils des sonnettes dont quelques-lins aboutissent généralement au-dessus du lit, ont parfois conduit la foudre jusqu'en ce point. Ainsi :
Le 4 juin 1810, la maison de M. Cowens à East-Thriston, fut atteinte par le météore. Un bois de lit fut mis en pièces dans la cuisine. Le fluide électrique, suivant les fils de sonnettes correspondant à trois chambres du second étage, y mit le feu aux garnitures et aux rideaux de plusieurs lits. La flamme fut promptement éteinte (Howard).
Nous rappellerons que plusieurs individus couchés dans leur lit, ont été brûlés par les globules provenant de la fusion des fils de sonnettes.
Dans le cas suivant, c'est un fii de fer communiquant à un clocher qui conduisit la foudre vers un lit :
Le curé de Saint-Orens près de Toulouse, avait fait arriver dans sa chambre à coucher un gros fil de fer. De cette manière il pouvait, étant dans son lit, sonner lui-même la cloche. Cette route fut celle que le fluide électrique suivit, dans la nuit du 25 au 26 août 1826 : le pauvre curé fut tué roide dans son lit(l).
En résumé, des faits nombreux démontrent qu'un lit oe peut offrir quelque sécurité ^contre les atteintes de la foudre qu'autant qu'il n'est pas en fer, qu'il n'est pas muni de tringles de fer, que des fils métalliques de sonnettes n'arrivent pas au-dessus, qu'il n'est pas appuyé contre une ou deux parois. Si le lit ne remplit pas ces principales conditions, il convient de ne pas s'y placer, ou même d'en sortir pendant un orage. Cette précaution est d'autant plus importante, qu'il pourrait arriver qu'étant dans son lit, on y fût blessé par la foudi^ et qu'on restât sans connaissance pendant que le feu consumerait les rideaux et les couvertures. Voici un exemple :
La foudre pénétra dans une maison à Augusta (États-Unis). M. W. Martin et sa femme étaient couchés, ils furent frappés tous deux pendant leur sommeil. Un enfant couché dans la même chambre se mit à crier. Alors seulement madame Martin s'éveilla, mais incapable de rerouer les membres. Ce ne fut qu'après plusieurs efforts qu elle réussit à sortir du lit dont les couvertures et les rideaux étaient en feu. Son mari était sans connaissance blessé à la tête et aux épaules; elle-même l'était aux deux bras et dans la région des. reins. (Voyez : Traitement par leau froide.) Un miroir accroché au pied du lit avait été brisé. C'est sans doute de ce miroir que la foudre s'élança sur les deux époux (J. Gilbert). Il est, dit-on, de bonne précaution en temps d'orage de s'abriter sous un matelas de son lit, mais alors il importe que celui-ci ne soit pas en fer, car nous avons vu, dans deux circonstances de ce genre, les matelas percés de plusieurs trous.
(I) Mém, de VAead, de Bruxelles.
FRËCAUTIONS A PRENDRE DANS UNE MAISON di3
Fenêtres. — Il importe de s'éloigner des fenêtres, car un grand nombre de personnes ont été foudroyées dans leur voisinage, au moment où elles contemplaient Torage, lorsqu'elles fermaient ou ouvraient leurs croisées ; et sur 52 d'entre elles, 11 ont succombé et les 41 autres ont été plus ou moins grièvement blessées. Il est constant qu'un grand nombre d'autres personnes, sans être atteintes directement par le météore, ont éprouvé de violentes commotions, ont été renversées par son influence à distance, et momentanément aveuglées par la vivacité des éclairs.
Et il est positif que dans plusieurs cas de foudroiement, les personnes qui étaient les plus rapprochées des fenêtres ou de la cheminée, ont été tuées ou grièvement blessées, tandis que celles qui se trouvaient vers le milieu de la chambre, sont restées saines et sauves ou n'ont reçu que de trèslégères blessures.
Parmi les nombreuses observations que nous pourrions citer ici, nous choisirons la suivante :
Le 3 juin 1836, la foudre tomba à Oels sur une maison couverte en zinc. Après s'être divisée sur la toiture métallique, elle se répandit sur les faces antérieure et postérieure du bâtiment et de là dans plusieurs chambres, en pénétrant par les fenêtres. A l'étage supérieur un rayon entra dans une chambre, par une croisée devant laquelle était assise une jeune fille, qui fut renversée et blessée sur plusieurs parties du corps. Deux croisées de la chambre voisine furent complètement brisées, et dans une troisième pièce du même étage, un homme et sa femme qui se trouvaient près d'une fenêtre furent également renversés et blessés. Le premier portait une montre en or et une chaîne en argent, qui furent partiellement fondues. Quant à l'étage inférieur, et c'est ici un contraste digne de remarque, plusieurs personnes se trouvaient non pas près des fenêtres, mais au milieu d'une chambre ; elles en furent quittes pour la peur et un étourdissement passager, quoique la foudre eût fait de grands ravages aux croisées, et que plusieurs pierres eussent été arrachées de leur encadrement. Au total, dans cette maison le météore avait brisé trente-huit carreaux
de vitre et endommagé la plupart des châssis (Oswald).
Durant l'orage, les fenêtres sont en effet pour Thomme un voisinage dangereux par le grand nombre de pièces métalliques qu'elles présentent et dont l'ensemble attire la foudre, surtout si, comme cela est très-fréquent, elle a déjà pris sa route sur la face extérieure des nmrs ; signalons les ferrures des contrevents, ieui*s gonds, leurs espagnolettes, leurs arêtes à bascule, leurs crochets ; les balcons en fer, la barre d*appui sous laquelle se trouvent trois ou quatre autres barres de fer ; les lames de plomb ou de zinc qui recouvrent la partie inférieure de rencadrement en pierre ; les gomis de la croisée elle-même, son espagnolelte surlout, la ferrure des volets intérieurs, qui parfois en outre se fermenta l'aide d'une forte barre de fer ; signalons aussi les tringles des grands et des petits rideaux, les patères, les miroirs altacliés à l'espagnolette ou près de là. Notons enfin les cadres de plomb et les tringles en fer, qui, dans certains pays, maintiennent les carreaux de vitrç; ces nombreuses pièces de mêlai se répùlenl pour chaque fenêtre et forment au total une masse amsidérable ; et comme la [ilupart de ces |^iètT^ sont séparément lixées dans des corps mauvais conducleui-s, la foudre saute de l'une à lautre, les arrache, brise la pierre et le bois dont elle projette souvent les éclats avec une extrême violence. Aussi, ()ourrions-nous ciler plusieurs personnes dont les blessures ont eu celte origine. Disons seulement, qu'au mois de septembre 1780, à East-Bourn (Sus^exi. une pierre d'environ huit pouces carrés, fut arrachée d» l'encadrement d'une fenêtre et trouvée dans le milieu de la chambre tout près du cadavre d'un homme foudn>\é. au moment où il arrangeait ses cheveux près de cette feuèliv (J. Adair).
L'attraction de la foudre est souvent encore augmenlot par les divers objets métalliques que les personnes plae«-e5 imprudemment près des fenêtres portent à la main ou sur leurs vêtements. N'oublions pas enfin que l'homme est par lui-même un corps bon conducteur el assez fortement attractif de l'électricité.
Nous conseillons de fermer les croisées^ uon pas que nous
redoutions rinfluencë que le courant d'air pourrait exercer sur la direction de l'étincelle ; mais parce que, les croisées étant ouvertes, si la foudre atteint les ferrures extérieures, elle sera probablement conduite dans l'intérieur même de rappartemeùt par les ferrures successives qu'elle rencontrera de ce cAté, d'ailleurs les croisées étant fermées les carreaux (le vitre et le châssis de bois forment un écran isolant dont l'action protectrice, sahs être absolue, a cependant quelque utilité; surtout si l'étihcelle rase la fbnétre.
Cependant, les croisées fermées, quon se garde bien de rester immédiatement derrière, croyant que les carreaux de vitre sont pour la foudre, une barrière infranchissable ; car très-souvent, par son choc direct, elle a brisé et troué ces carreaux ou leur ettcadremehl pour tuer ou blesser des personnes placées près de là. Rappelons plus particulièrement ici les observations de carreaux troués que nous avons citées, ^insi que les relations détaillées qui conccrnenl les personnes atteintes par la foudre derrière des croisées fermées.
Une autre précaution est de ne pas attendre que l'orage soit dans toute sa violence pour fermer lés croisées. Si elles sont restées ouvertes pendant le commencement de Torage, comme plusieurs personnes ont été foudroyées au moment où comme pour les fermer, elles saisissaient Tespagnoletle, il conviendra de les pousser à l'aide d'une canne ou de toute autre tige non métallique.
Cheminées. — Dans une chambre, il est de toute importance de se tenir éloigné de la cheminée. Tous les auteurs donnent ce conseil. Nous avons indiqué les nombreuses circonstances en vertu desquelles la foudre est attirée sur le tuyau extérieur des cheminées jusqu'à leur foyer; et nous pourrions citer un grand nombre d'individus qui, se trouvant près de celui-ci, ont été atteints par le météore, signalons quelquesuns de ces accidents.
Un vieillard occupé pendant un orage à lire la Bible auprès de son feu fut tué par la foudre (l'abbé Miner).
Le 8 juin 1826, entre 9 et 10 heures du soir, un négociant à Champân-Seraing, était assis près du foyer de la cuisine, à côté de sa femme lorsqu'il fut tué roide par la foudre qui
avait pénétré par la cheminée : la femme fut grièvemeot blessée.
En l'an IX, la foudre tomba aux environs de Londres sur une maison appartenant à M. Hiil ; elle entra dans une chambre par la cheminée. Une dame qui se trouvait debout, le dos tourné vers le foyer, fut frappée et tomba morte sur la place (Berger).
Le 26 juillet 1841, vers 9 heures du matin, plusieurs personnes étaient réunies dans la cuisine d'une chaumière où il y avait bon feu, lorsque la foudre descendant par la chemioée tua roide l'individu qui se trouvait le plus rapproché du foyer : deux de ses camarades furent i*enversés (Perego).
Ce que nous disons des cheminées est applicable aux poêles de faïence et surtout aux poêles en fer; il faut s'en éloigner pendant la durée d'un orage, car leur tuyau de métal aboutit directement au dehors ou monte plus ou moins dans le canal d'une cheminée, et d'ailleurs un poêle en* faïence par . ses propres ferrures peut attirer sur lui l'étincelle.
Il est d'autant plus important de s'éloigner du trou de II cheminée, qu'outre le danger d'être atteint par la foudre on y court parfois celui d'ôtre blessé grièvement par des briques ou des pierres, ou par divers objets métalliques tels que chaudrons, bouilloires, etc., ainsi :
En 1765, près de la ville de Hanovre, la foudre pénétra par la cheminée dans la maison d'un jardinier : au-dessus du foyer allumé était un chaudron en cuivre avec du riz. Un jeune garçon était occupé à entretenir le feu sans doute avec un fourgon de fer, lorsqu'il fut lancé à 3 pas du foyer et griéve* ment blessé. Le chaudron avait été arraché de la grille en fer qui le soutenait et lancé à quelques pas; le fond de ce vase présentait trois trous par fusion (Volger).
Le 20 décembre 1752, à Ludgvan (Gornwallis), la foudre pénétra par la cheminée dans la cuisine d'une ferme où elle renversa plusieurs personnes. Le fermier placé près du foyer fut presque mortellement brûlé par l'eau bouillante cooleoue dans un chaudron qui fut renversé par la chute de la crémaillière.
Lorsque du feu est allumé au foyer d'une cheminée, la colonne d'air chaud qui s'en élève exerce sans doute sur la foudre un certain degré d'attraction; aussi donn&-t-on le conseil d'éteindre promptement le feu. Cette précaution est assurément utile ; mais il faut la prendre de bonne heure et ne pas attendre que l'orage ait pris toute sa violence; autrement il y aurait danger de s'approcher du foyer pour l'éteindre. Ajoutons que la fumée et la vapeur épaisses résultant de l'eau jetée sur le feu et qui s'échapperait du sommet de la cheminée serait sans doute plus propre à attirer et à conduire la foudre que l'air simplement dilaté par la.chaleur.
Lors même qu'il n'y aurait pas de feu allumé dans la che* minée, le voisinage de celle-ci est dangereux parce que la suie conduit bien l'électricité, et qu'elle lui offre un facile écoulement jusqu'au bas de la cheminée.
Eviter de se tenir sur le pas d'une parle. — - Dans une pièce dont la porte ouvre sur la rue, on se gardera bien de se placer entre la cheminée et la porte, et surtout sur le pas de cette porte, car souvent l'homme y a été foudroyé; et nous avons remarqué (voy. Pronostic) que ces coups de foudre étaient plus dangereux que ceux qui atteignaient les personnes placées près d'une fenêtre ou d'une cheminée. Le plus ordinairement alors, l'homme est atteint par l'étincelle qui a suivi la face extérieure des murs, ou est tombée directement de l'atmosphère; quelquefois aussi elle avait pénétré par la cheminée et était sortie par la porte. En voici un exemple.
En 1765, près de la ville de Hanovre, un enfant fut grièvement blessé près de la cheminée par laquelle la foudre s'était introduite dans la cuisiné, et le père qui était assis en face du foyer devant la porte de la maison, fut brûlé aux jambes au moment où le météore s'élançait au dehors. (Volger.)
Ne pas se placer entre une cheminée et une croisée. — U importe de ne pas se tenir entre une cheminée et une croisée ; car plusieurs fois, la foudre ayant pénétré par la cheminée est sortie par la fenêtre et réciproquement. Les nombreux objets métalliques qui garnissent ces ouvertures expliquent
ôië PRÉSkRVATION PERSONNELLE DE L'HOMME
fortbiéh cette marche dérétincelle. Citons quelques MM de ce genre :
Au mois db juillet 1764, à Evreux, là foudre s'étânt introduite par la cheminée dans une salle où sept personnes allaient se mettre à table, frappa de mort madame Siret assise près d'une croisée (Ruault).
Au mois de septembre 1824, à Campeltown, la foudre pénétra daris une cuisine par la cheminée, laboura le sol, contourna les pieds d une chaise sur laquelle une dame élail assise , et sortit par la croisée en brisant un carreau. (Howard).
Le 16 mai 1806, le météore tomba sur une maison du fau* bourg Saint-Jacques, descendit par la cheminée, traversa une chan.bre et sortit par une croisée. L'abbé Faytot, assis près de la cheminée, courut grand risque d'être lue.
En 1842, à Arbois, la foudre pénétra dans une chambre en passant entre le châssis de la fenêtre et la tailledu mur, et se jeta sur un poêle. Madame Jourd'hui, assise près de là, fut grièvement blessée ; il est vrai qu'elle portait une chaioe au cou.
S'il faut éviter le voisinage des fenêtres et celui des cheminées, ainsi que les lignes qui les joignent, on conçoit qu'il faut se tenir autant que possible en dehors de ces hgnes, et par conséquent le milieu de la chambre n'est pas toujours le lieu où l'on est le plus en sécurité, ainsi que l'ont pensé Frankhn, Hemmer, Singer, Jungnitz.
Autantquepossible,iirautdonc se réfugier dans une chambre élevée et spacieuse, parce que Tair étaht mauvais conducteur la foudre suivra plus facilement les murs qu'elle ne s'élancera du plafond au plancher. Il est donc encore plus prudent de choisir une chambre qui n'ait pas de cheminée, et dont les fenêtres ne soient point du côté d'où vient iorage.
Moyens isolants. — Plusieurs auteurs conseillent de se placer dans une chambre sur des corps plus ou moins isolants. Franklin propose un hatMc suspendu avec des cordons de soie, placés à égale distance» des quatre murs, do plafond et du plancher; ce hamac, ajoute-t-iU offre la situation la plus sûre qu'il soit possible d'avoir dans quelque
PRÉCAtjTtONS À PRENDRE DANS DNB MAISON «1»
Chambre que ce soit: Comme moi^eti iJlus facile, il propose une chaise placée sur des matelas plies en double. Comme il est important de garantir autant que possible la tête, on pourrait se placer horizontalement éur deux chaises, ou sur un canapé sans clous dorés, dont les pieds, smvant le conseil de quelques auteurs seraient isolés au moyen de disques en verre ; on pourrait encore se coucher sur un matelas de fcnn bien sec. que Van Mons propose de recouvrir de soie. Enl n, pour surcroît de précautions, on pourrait se couvrir de vêtements en soie.