‹ De la foudreChapitre 36 sur 174 · ART. 1. — ATTITUDE DU CADAVRE · texte numérisé non relu

ART. 1. — ATTITUDE DU CADAVRE

§ L — De la mort debout. — Nous avons déjà bi< r. des fois tait remarquer que le cadavre des foudroyés e:)i trouvé plus ou moins loin de l'endroit où l'accident a eu lieu. Mais plus ordinairement l'homme ou l'animal foudroy s'affaisse à l'endroit où la foudre le frappe, et alors, en Minéral, rien ne témoigne dans sa situation, ni sur le sol, (|uï y ait eu lutte ou agonie même de peu d'instants, ce qui n est pas sans importance au point de vue médico-légal.

Une jeune fille fut trouvée le visage et le ventre contre terre, et les bras n'étaient pas portés en avant comme on l'observe dans les chutes qui ont donné à l'instinct le tein|>> d'agir (Régnier).

Dans l'accident d'Everdon, on trouve au contraire qu uii des quatre individus tués s'est débattu, car il fut trouvé su; le dos hors du fossé où il avait été frappé (Wallis).

On a vu aussi un cheval frappé dans son écurie se débat liv avant de mourir.

Mais un des effets remarquables de la foudre est de lami rkomme ou l'animal dans Vattitude quil avait au moment d' l'accident.

De nombreuses observations sur des hommes tués ou qui ont survécu, et des expériences directes, ont démontré hi réalité de ce phénomène. Ainsi, assez souvent on a trouvé It cadavre des foudroyés assis.

Un jeune homme fut foudroyé sur un bateau qui perlait l'abbé de Lorraine et sa suite ; on ne s'aperçut de la mort

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qu'ao moment où» le croyant endormi, on essaya de le ré- Tdller; ce jeune homme avait gardé sa position assise (DoTemey).

Lyon cite un voiturier foudroyé qu'on trouva assis sous un

A t'approche d'un orage, un vigneron s'était pssis sous un eyer planté au bord d'une haie ; après l'orage deux de ses mrs, qui s'étaient mises à l'abri sous la haie, l'aperçurent ^iset l'appelèrent pour retourner au travail; mais comme ii De répondait pas^ elles s'approchèrent et le trouvèrent fflort (Defay).

« En 1698, comme j'étais à peu près sur le travers de risle de Saint-Pierre, dit le comte de Forbin, le tonnerre doQoa dans mon vaisseau, environ sur les quatre heures

du matin Quand le jour fut venu, nous trouvâmes sur

lavant un matelot, qui s*appelait Marin, assis h)ide mort, ayant les yeux ouverts et tout le.corps dans une attitude si oalurelle qu^il paraissait être en vie; après l'avoir fait visiter, sans qu on lui trouvât la moindre contusion sur le corps, je le As ouvrir; ses entrailles ne parurent aucuneoient altérées ; sans doute que le feu du tonnerre l'avait » étouffé sur-le-champ. >

Nous ajouterons qu'un jetine homme cité par Gabrielli fut troavé au fond d'une cuve de bois, la tête et le corps droits et appuyés contre les parois de la cuve; et qu'en i8S3, ta foudre ayant tué un prêtre aux environs d'Asti pendant qu'il dînait, le mort resta eq place.

S'il faut en croire les deux relations suivantes, un cavalier tué par la foudre serait resté en selle, dans une attitude toute naturelle.

Vers la fin du siècle dernier, dit l'abbé Richard, le procureur du séminaire deTroyes en Champagne revenait à chenal, de la campagne à la ville, lorsqu'il fut frappé par la iûudre; un frère qui le suivait, ne s'en étant point aperçu, crut qu'il s'était endormi, parce qu'il le voyait vaciller sur son cheval; ayant essayé de le réveiller, il le trouva mort. Mais un des faits les plus curieux de ce genre est peut-être celui d'un prêtre qui fut tué par la foudre, pendant qu'il était

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à cbevai. L'amimli «DnUfVUâ s^ r^dute «t mitten* wci mailre à la nraison, dans l'attitude ordinaire^ d'un homme à cheval, après avoir fait deux lieues à pnrtir de l'endroit où ta foudre l'avait frappé (4).

Un fait non moins curieux est celui de l'homme restant debout après la fulguration.

Un manouvrier, cité par Palassôn, ayant été tué sans proférer une parole, fut trouvé debout contre le mur'sur lequel il était appuyé.

Dans le courant de juillet 4845, quatre habitants d'Heiltzle-Maurupt, près Vitry-le-Français, se réfugièrent, trois d'entre eux sous un peuplier et le quatrième sous un saule contre lequel il était sans doute appuyé. Bientôt après, ce maiheii* reux fut frappé de la foudre; une flamme elaire jaillissait de ses vêtements, et toujours debout sous le saule, il ne paraissait s'apercevoir de rien. Tu brûles, mais tu ne vois donc pas que tu brûles! lui criaient ses camarades. N'obtenant pas de réponse, ils s'approchèrent de lui et restèrent RHiets de terreur en s'apercevant qu'il n'était plus qu'un cadavre.

Dans ces deux cas, la présence d'un mur ou d'un arbre servant d'appui nous explique la position gardée par le cadavre. Mais nous ne pouvons admettre le fart suivant consi< gné par te docteur Boudin. La femme du vigneron de M. Bon fils, de Nancy, ayant été foudr(^ée, il y a environ qoaranU ans, au moment môme où elle cueillait un co«iuelieot, or trouva son cadavre debout, seulement un peu penché et tenant encore la fleur dans la main. Évidemment, les lois de l'équilibre s'opposent à ce qu'un cadavre humain reste déhut^ un peu penché^ sans un appui pour empêcher sa chute.

Les observations suivantes offrent de l'intérêt en raiaor des attitudes spéciales qu'auraient conservées les cadavres.

Un navire de 74, qui se trouvait à Port-Mahon, fût frappa au moment où l'équipage, ferlant les voiles, était dispersé sui toutes les vergues, c J'ai vu, dit lord William Napier, quin» » matelots, épars sur le beaupré, tués ou brûlés en un clir 9 d'ouil; quelques-uns furent précipités dans l'eau; d'autres

(I) BosiiiB. TrmU dt ghg. el d$ êtoHU. mèdû., t. h p. 519.

ATTITUDB t>U CADAVRE U9

9 courbés morts en travers des enteniles, demeurèrent dans » la position quMIs avaient avant Taccident. »

Gautlanus rapporte que huit moissonneurs, qui prenaient leur repas sous un chêne, furent tués par la foudre; lorsqo'on s'approcha d'eux, l'un semblait manger^ l'autre tenait M ¥erre : ils étaient hoirs et représentaient autant de sta-

Le 27 juillet 4694, à Everdon, dix moissonneurs se réfugièrent sous une haie à l'approche d'un orage. Quatre d'entre eux forent tués : l'un fut trouvé tenant encore entre ses doigts éa tabac (smisb), comme prêt à te prendre; un autre avait on petit chien mort sur ses genoux, une main sur la tète de ranimai; de l'autre main, it tenait un morceau de pain, eooune prêt à le lui donner ; un troisième était assis, tes yeux ouverts et la tête tournée du cdté de l'orage. Deux de ces malheureux, ayant sans doute le dos appuyé contre la baie» étaient restés dans la même position peodiiant trois ou quatre heures, lorsque le révérend Butler les vit (Wallis. — J. Mortoo).

Lorsque nous voyons le même phénomène signalé par plusieurs auteurs de temps et de pays différents, malgré ce qu'il profite d'extraordinaire, il nous est impossible de le relé<guer dans le domaine des fables. S'il est accepté comme réel daifô un cas, il peut l'être dans tous; or, nous avons vu dans Faccident d'Everdon le pasteur Butler en être lui-mémele témoin.

Nous signalerons plus tard, en faisant l'histoire des symptômes, des individus foudroyés, mais sans perdre la vie, affecter aussi des attitudes fixes et variées pendant un temps plus ou moins long.

Des phénomènes semblables ont été observés sur des animaux tués par Tétincelle de nos machines.

Ajoutons enfin qu'un phénomène analogue a été positivement constaté, quoique dans une circonstance différente, par un témoin qui nous inspire la plus entière confiance. M. Goffart , ingénieur et inspecteur des mines, nous a affirmé que plusieurs enfants et jeunes gens, surpris brusquement par l'asphyxie dans une mine, ftirent trouvés dans des attitudes

SaO EXAMBN EXTÉRIEUR OU CADAVRE

diverses parfaitement naturelles, et qu'ils avaient sans doute pendant la vie.

La possibilité du fait étant admise, il faut en rechercher l'explication. Il est fort à regretter que dans tous les cas, on ne se soit pas assuré de l'état des articulations, de leur mobilité ou de leur fixité. Nous reviendrons plus tard sur ce point intéressant. Nous dirons seulement ici que ces positions fixes, affectées par les corps des foudroyés, ne peuvent se concevoir qu'en admettant la production pour ainsi dire instantanée de la roideur cadavérique; autrement, le poids de la tête et du tronc auraient déterminé la chute. D'ailleurs, cette roideur cadavérique est spécialement mentionnée dans l'histoire du matelot qui fut trouvé mort a$$U roide mari sur l'avant du navire. Mais il aurait fallu tenir compte du temps écoulé depuis la fulguration pour éclairer la question.

^ IL — Expression de la face. — L'homme foudroyé passant presque instantanément et sans souffrance de la vie à la mort, ses traits ne paraissent point altérés, d'où l'idée que tes foudroyés entrent subitement dans le royaume des bienheureux.* Hlnc at quod olim felicitatis cœlestis subite participes facti, putati sunt a fulmine percussi > (de Fischer) .

Le plus souvent, les yeux sont fermés; quand ils sont ouverts, ainsi que la bouche, la face prend une expression singulière.

§ 111. — Coloration du cadavre. — La coloration du cadavre des foudroyés présente de nombreuses variétés. La face a quelquefois la pâleur cadavérique, mais parfois elle conserve sa couleur ordinaire. Hemmer, Lyon, Fischer, Ra« zout en ont cité des exem|)les.

On a vu la face des foudroyés livide, d'un rouge tnolacé, d'un violet bronzé; d'autres fois, elle est noire, jaune, ou parsemée de taches brunes ou bleues.

Quand la foudre frappe simultanément plusieurs individus, ils ne présentent ))as toujours la même coloration de la face. Voigt rapporte que deux hommes et une jeune ûlle furent frappés de mort par la foudre dans une salle de bal : les deux

TBMPÉRArURË DES CADAVRES iil

fcofflmes semblaient frappés d'apoplexie, tandis que la flile élsitpâle comme dans la syncope.

La coloration de la face peut s'étendre à tout ou à près- ({ne tout le corps.

Cardaous rapporte que plusieurs moissonneurs tués sous n chêoe étaient tout à fait noirs. Cette coloration noire de liHit le cadavre a été constatée par Brerelon et James Âdair sir deux hommes, et par divers autres observateurs

I IV. — Erectio ant inilatlo mémbrl genitalis.^ Coe circonstance utile ^ signaler, au point de vue médicolégal, est la tuméfaction de la verge ; toutefois, nous ne la troovoos mentionnée que deux fois par MM. Michelot et Gavon.

Dans Tune de ces observations, Tabdomen et la verge ^ieot le siège d'un gonflement (infiatio) considérable; ce qui parait indiquer, dans ce dernier organe, plutôt un état emfthysémateux, qu'une érection proprement dite.

Dans l'autre observation, recueillie sur un adulte, 24 heures après l'accident, il est dit que Ton trouva de la rigidité musculaire et une érection incomplète du pénis.

Volimar, faisant sans doute allusion à des cas plus nombreux que ceux que nous connaissons, dit : t Non nunqHàm «knrala fuit abdominis et membri genitalis infiatio. »

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