‹ De la foudreChapitre 42 sur 174 · ODEUR DU CORPS ET DES VÊTEMENTS SS · texte numérisé non relu

ODEUR DU CORPS ET DES VÊTEMENTS SS

ia foudre dans leur cliambre ; ils sentirent pendant quelques jours tellement le soufre, qu'on pouvait à peine les approcher (Davies) .

Wolkmar s'étant trouvé avec plusieurs compagnons au eefltre même d'un orage, sur le sommet du Riesen, où chaque ^ir les enveloppait de feu, aflirme que le lendemain encore Ifflrs habits exhalaient une très-forte odeur de soufre.

Le cas suivant offre un intérêt particulier.

Beutlenmiiller rapporte que chez un homme âgé de 59 ans, frappé directement par la foudre, on remarqua à la joue ?aucheet à la partie antérieure de la poitrine, une odeur douce, fade, ressemblant à celle du soufre, d'ailleurs sans thaogement notable à la peau ; mais trois jours après ces parties présentèrent tous les caractères d'une brûlure qui Hjppura abondamment.

L'abbé Raulet, qui venait de faire plusieurs expériences ïïec l'appareil que Dalibard avait élevé à Marly et qui dans lo cours de ses observations avait soutiré de l'atmosphère orageuse de grandes et fortes étincelles dont l'une l'avait blessé au bras, exhalait une odeur de soufre qui frappait ceux qui approchaient de lui (1).

Madame Boddington fut foudroyée sur le siège de sa voiture; les coussins sur lesquels elle était assise furent percés dufi trou d'un demi-pouce de diamètre, dont les bords étaient tnussis et répandaient une forte odeur sulfureuse immédiatement après l'accident ; un peu plus tard, lorsque M. Faraday irriva auprès des blessés, toute odeur avait disparu.

Dans les cas suivants l'odeur n a pas été uniquement et bachement sulfureuse.

Le chapeau d'un foudroyé, dont parle Hoffmann, était *^hiré en bandes irrégulières et exhalait une odeur sulfureuse et acide qui avait pénétré intimement dans tout son tissu.

Au rapport de Keyier, plusieurs individus, blessés en même temps par la foudre dans une chambre^ répandaient une forte odeur de brûlure et de soufre^ et il ajoute : comme si l'on ivait vivement frotté du fer sur une pierre.

{i)Mèm, de Dalibard, la à rAcad. des se. (1752).

lao EXAMEN eXTÉRIEUa DU CADAVRE

Le 28 juillet 1701, la foudre tomba sur Téglise de Gainbourg, y tua sept personnes, en blessa plus de vingt autres : toutes répandaient une forte odeur sulfureuse (I).

Le 2 août 1862, la foudre^ après avoir suivi le conducteur du paratonnerre de la caserne du Prince-Eugène, pénétra dans le poste du pavillon du milieu, jeta à terre les hommes qui étaient debout, mit sur pied ceux qui étaient couchés et laissa derrière elle une odeur sulfureuse suffocante (2).

Le 11 juillet 1857, la foudre tomba dans l'église de Grosshau, à deux lieues de Diircn, elle y tua six hommes, blessa cent personnes appartenant aux deux sexes et ren versâtes autres assistants. L'église était remplie d'une odeur sulfureuse qui avait pénétré dans les vêtements des blessés(:i

Riither rapporte que la foudre pratiqua un grand nombn d'ouvertures aux vêtements d'un jeune garçon ; elles étaient noires et exhalaient l'odeur de la poudre à canon.

Le docteur Minonzio rapporte que trois personnes furent blessées par la foudre sur la frégate autrichienne la Méd'f. € Je me rappelle la sensation que faisait éprouver la puan- » teur qui s'exhalait du corps et des vêtements de ces fuu- » droyés, dans le local où ils furent recueillis; puantou; 9 presque égale à celle du soufre qui aurait brûlé, mol » aux exhalations d'une huile empyreumatique. »

Voici des observations où l'odeur est, non pas celle du soufre, mais du roussi, ce n'est donc qu'un effet secondaii > de la foudre.

M. Moynier observa, à l'Hôtel-Dieu, que le pantalon dur foudroyé exhalait une odeur de roussi.

Pétrie rapporte que le corps d'un foudroyé, qui paraissiii sans vie, répandait l'odeur de la corne brûlée ou de la lain roussie.

C'est l'odeur de roussi que nous avons aussi constatée su le cadavre d'un foudroyé que l'on avait transporté à U Morgue. La tête, dont les cheveux étaient brûlés par derrière, exhalait l'odeur propre à cette combustion.

(1) Janius Cassius Posernii. lëna (1701).

($) Moniteur univerul du 4 aoftl 186jt.

(3) Jack, in FolUn. Pathologie externe, 1. 1, p. S5i.

PUTREFACTION DBS CADAVRES Sai

Peal-éiie eonsUilerait-on plus souvent ces odeurs variéeSi siratteotion était plus éveillée sur ce poinU

Suiraot qoelques physiciens, la maiière fulminique ellelaêffle, san^ la coopération de matières étrangères» pourrait ^ sur les papilles nerveuses du sens de Todorat de manière ibi fiiire percevoir des odeurs. Mais il ne faut pas oublier

W '^ plus souvent la présence d'une fumée, d'une vapeur M faire rejeter cette hypothèse.

Lodeur que la foudre laisse après elle, souvent pendant s temps assez long, est fréquemment Je résultat d^ moletsb pondérables qu'elle enlève aux arbres» au sol, aux ■^ux qui entrât dans la construction des navires, des faisons et des édifices qu'elle a déjà rencontrés. D'ailleurs •simosphère renferme quelquefois des matières sulfureuses 'Origine volcanique ou autre, que Ton a fréquemment ^oaes à Tair libre; cela expliquerait la formation de (iAires sur les métaux frappés par un rayon de foudre qui laorait encore jusque-là traversé que l'atmosphère.

L'<aone, l'acide nitreux dont la formation dans l'atmosphère I surtout lieu pendant les temps d'orages peuvent ajouter •^r propre odeur à celle que la foudre apporte avec soi et à ^ie qu'elle produit sur place.

)i. Boussingault a vu sept fois la foudre frapper des arbres A ^ présence, il a vu un nègre tué sous ses yeux ; à Zupia, ^ maison a été incendiée ; en Europe, le tonnerre est tombé ^ sa chambre tout près de lui, et jamais il n'a senti «leor de Tacide sulfureux. Il compare l'odeur qu'il a <^rvée à celle que dégage le bois que l'on distille, et il pense ^si les observateurs parlent presque toujours de l'odeur de «nfire, c'est à cause de l'habitude que Ton a de désigner iosi toutes les odeurs fortes et nauséabondes qu'on ne peut ^Vporterà aucune cause connue.

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