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13 octobre, dans un cellier pour y fouler la vendange, quand la foudre le frappa : on le trouva au fond d'une cuve de bois, la tète et le tronc droits appuyés contre la paroi de la cuve. !,Hiand, bieotât après, M. Gabrielli arriva, il put s'assurer que la cuve était à peine en fermentation et qu'il n'y avait à attribuer la mort qu'à la fulguration.
Ouvrard nous a laissé l'exemple unique de perforation du ^oumon que nous rapportons ci-dessous.
Une dame fut foudroyée ; on remarqua deux légères excoitions à la partie antérieure de la poitrine et une ecchymose •jft étendue sur tout le côté gauche de cette région, dans t«Hite sa hauteur ; après avoir ouvert le thorax :
> Nous avons vu, dit l'auteur, le lobe inférieur gorgé de ' sang et percé de haut en bas dans quatre points, offrant > chacun une petite plaie que je ne puis mieux comparer ' qu'à celle que ferait un grain de plomb. Une seule de ces ' lésions m'a paru traverser la base des poumons de part en
• part; il y avait une Uvre de sang environ épanché dans le ' colé de la poitrine. Du reste, les deux lobes supérieurs ■étaient très-sains, ainsi que le poumon gauche; le cœur ' n offrait rien de remarquable, il était vide de sang.
> A l'endroit correspondant à la lésion principale du pou- ' mon, on remarquait que cette blessure se continuait sur le » diaphragme en le traversant par une ouverture oblique ; le
• foie présentait à la partie moyenne de sa face convexe une
• déchirure peu profonde, d'un pouce et demi environ de
• longueur et se dirigeant vers son bord antérieur. L'épi-
• ploon gastro-hépatique était ecchymose dans toute son ' étendue, et l'estomac, sans aucune contusion, présentait à ' sa région splénique, une petite ouverture circulaire à ' lK)rds contus. Nous n'y trouvâmes aucun liquide, il conte-
• nait encore des végétaux non altérés par la digestion; sa
• membrane muqueuse était saine. L'épiploon gastro-splé-
• nique était ecchymose ; la rate sans déformation était dé- » pouillée de ses enveloppes sans qu'on ait pu les retrou-
• ver (lie); la capsule surrénale et l'extrémité supérieure du » rein gauche étaient ecchymosées : le , reste des viscères ' abdominaux était sain, p
§ n. — Epanchements dans les plàvres. — Nous
avons plusieurs fois déjà signalé des epanchements dans les plèvres des foudroyés. Nous avons cité trois epanchements sanguins; dans un cas il fut manifestement en rapport avec une perforation multiple du poumon (Ouvrard) ; sur le cadavre de Richman il y avait une apoplexie pulmonaire et peut-être une perforation de la plèvre; enfin sur le sujet de Schuller. il n'y avait, avec Tépanchement d'une livre de sang noir, aucune lésion des poumons; car ces organes étaient sain^, grands, bien développés, d'un bleu foncé et remplis d'air et de sang.
Il nous reste à citer un cas où l'épanchement pleural et a il formé, non pas par du sang en nature, mais par de la sérosit/ sanguinolente.
Chez un soldat tué par la foudre, Ânt. Louis trouva danf la poitrine un épanchement peu considérable de lymphe sanguinolente : les poumons d'ailleurs étaient fort dilatés.
Un tel épanchement n'aurait-il pas été antérieur au foudroiement?
§ III. — Lésions du larynx et de la tracliéeartère. — Il est assez rarement fait mention du larj^nx r\ de la trachée-artère dans les observations que nous avni,> analysées : on a trouvé parfois dans ces organes un miici]> spumeux blanc, du mucus sanguinolent, et même du sanj,^. comme nous Tavons indiqué en parlant de l'état des poumons.
Mais il est deux lésions observées chez des animaux seulement et sur lesquelles nous devons fixer notre attention; Ui première consiste en une brûlure du larynx; la seconde en une section longitudinale de "la trachée-artère.
Le 9 septembre 1843, vers 9 heures du soir, la foutJrt atteignit une écurie de la caserne de Fougères (Ille-et-Vi-! laine), et y tua huit chevaux; plusieurs de ces cadavre> furent examinés immédiatement; les autres quatorze heures après. Voici les résultats de ces nécropsies, tels qu'ils ont cl' • communiqués au docteur Blondeau, par MM. Marcus et Clandon, anciens élèves de l'école d'Alfort. I
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Qme les premiers, les v^nes sous-cutanées étaient trèsapparentes, les muqueuses pâles, les tissus flasques; le tissu oellolaire était rouge et injecté; le tissu musculaire plus ferme qu'à l'état normal ; les veines étaient goirgées de sang ooir et poisseux, tandis que les artères étaient vides.
Catité crânienne. Sinus de la dure*mère et vaisseaux de la pe-fflère engorgés ; plexus choroïdes noirâtres ; liquide des ventricules en petite quantité ; aspect et consistance de la substance cérébrale comme dans l'état normal. Enveloppes de la moelle épinière gorgées de sang. .
Caoiié thoracique. Les poumons ne se sont point affaissés » moment de l'ouverture du thorax; ils présentaient leur couleur, leur consistance et leur densité naturelles. Les bronches et In trachée-artère contenaient une petite quantité d'un liquide spumeux et blanchâtre ; la muqueuse de . la trachée était rouge ; quant au larynx, ses altérations étaient profondes et singulières : ainsi la muqueuse de l'épiglotte, de l'oriQce supérieur du larynx et des cordes vocales était livide, granuleuse et épaissie par une accumulation considérable de sang dans ses vaisseaux. Une ligne de démarcation bien tranchée existait entre la muqueuse du larynx et celle de la trachée, cette dernière étant beaucoup moins rouge, à partir du pr^ mier cerceau trachéal; les cartilages du larynx qui sont peu mculaires, présentaient cependant une ii^ection remarquable.
Les veines de la membrane pituitaire étaient remplies de sang, et cette membrane était d'un rouge foncé.
Les cavités droites du cœur renfermaient une grande quantité de sang noir non coagulé, tandis que les. cavités gauches étaient vides.
Organes digestifs. La membrane muqueuse buccale était d'une pâleur extrême ; le pharynx offrait les mêmes lésions que le larynx : une ligne de démarcation existait également à l'entrée de l'œsophage; dans cet endroit, la muqueuse
^devenait pâle comme la muqueuse buccale et présentait la
même pâleur dans toute la longueur du tube digestif; les
^ndes salivaires étaient tuméfiées et de la couleur du tissu
NoMMudre ( il est â remarquer que chez un autre cbeval qui
a survécu, il y a eu une salivation fort abondante); les viscères abdominaux étaient intacts.
Plusieurs chevaux, avons-nous dit, ne furent examinés que quatorze heures après la mort ; or cet examen fournit le même résultat que le précédent, à cette différence près que les cadavres étaient considérablement ballonnés.
Une grande quantité de sang avait été extraite des veines de ces animaux, et ne s'était point coagulée par un séjour prolongé au contact de l'air.
Cette lésion de la membrane pituitaire et de la membrane muqueuse du larynx, du pharynx, identique chez plusieui's chevaux tués par le même coup de foudre, reconnaît évidemment pour cause laction directe du feu électrique; c'est uno brûlure de la membrane muqueuse de ces organes. L'ageni délétère a passé par les fosses nasales et non point par la bouche, à en juger par la rougeur de la membrane pituitaire et par la pâleur extrême de la muqueuse de b bouche.
Sur treize chevaux réunis au même râtelier, huit ont éli frappés à mort, ce sont ceux dont nous venons de parler ; ii est probable qu'ils avaient en ce moment la tête baissée sur la mangeoire, or cette mangeoire était garnie d'un bande de fer que la foudre a sans doute suivie.
L'observation suivante nous offre le plus haut intérêt; aussi croyons-nous utile de la rapporter dans presque tou> ses détails.
Un vacher du cercle de Trêves, au rapport de Tobias. s'était réfugié avec son troupeau sous un arbre, lorsqu'il s< vit tout-â-coup entouré comme d'une pluie de feu et tomlKi sans connaissance. Revenu à lui après une demi-heure, il ^< trouva au milieu de 27 bêtes à cornes tuées par la foudrr : ellesfurent examinées 21 heures après l'accident.
Sur 21 de ces cadavres, on trouva sur le côté gaucln des stries larges de deux lignes, dues à la combustion de> poils et qui s'étendaient en zigzags vers le creux du jarret, les tétines, les lombes et le trumeau ; plusieurs d'entre elk > se ternàinaient à des espèces de fossettes, de la graodeu! d'une pièca de cinq francs, également dues à la combuslioi)
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ces animaux ne présentaient aucune lésion extérieure. La putréfaction de tous ces cadavres était déjà fort avancée, sans doute favorisée par une température de 22^«5au mois de jaillet. L'abdomen était énormément tuméfié, par la distensioQ gazeuse de l'estomac et des intestins; du sang liquide très-ooir, ou une sérosité jaune rougeâtre, s'écoula des diverses ouvertures naturelles du corps, de la gueule, des narines, de l'anus et môme chez quelques-unes des tétines. La muqueuse de ces orifices, d'un rougeî bleuâtre ou noir, faisait une saillie plus ou moins prononcée ; les yeux étaient fortement injectés ; les endroits privés de poils, au ventre et m poitrail, étaient d'une couleur rouge bleuâtre. La peau ayant été enlevée, on trouva de larges ecchymoses, correspondantes aux stries précédemment signalées. Les veines étaient généralement gorgées d'un sang noir et liquide, que Ion retrouvait en abondance dans l'estomac, les intestins, fépiploon, le mésentère et le foie. La rate était flasque; son parencbyme,réduit en une sorte de bouillie,contenaitdu sang gluant comme du goudron^ Le sang des veines caves et de la veine porte offrait les mêmes caractères.
Chez l'un de ces animaux on trouva la langue dépouillée d^épithélium sur le côté droit, le voile du palais fendu et 1 epiglotte détruite. La trachée-artère elle-même était fendue sur le milieu de sa paroi postérieure et dans toute sa longueur, depuis le larynx jusqu'à la bifurcation, comme si elle avait été divisée avec un couteau : sa cavité et celle des bronches étaient remplies de caillots de sang noir.
Les poumons et les cavités droites du cœur étaient remplis
de sang.
Chez d'autres animaux, la trachée, le larynx, les poumons
offraient de la rougeur sans aucune déchirure des tissus. Chez tous les cavités droites du cœur étaient remplies de
sang poisseux.
Il n'y avait aucune altération du cerveau ni des autres
appareils nerveux.
Si nous considérons plus particulièrement la lésion de la
bouche et des conduits respiratoires, nous voyons la langue
dépouillée d'épilhélium sur le côté droit, le voile du palais
fendu, Pépiglotte détruite, la trachée-artère elle-môme fendue dans toute sa longueur comme avec un couteau. Ces lésions sont des plus remarquables et ne sauraient être attribuées à une recherche maladroite-; d'ailleurs la présence du sang dans les voies respiratoires indique bien encore que ce n'est pas Tinstrument tranchant, mais la foudre^ qui a pro* duit ces lésions.