‹ De la foudreChapitre 63 sur 174 · CIRCULATION · texte numérisé non relu

CIRCULATION

quatre cavités et les gros vaisseaux. Dans tous ces cas, les seuls que nous connaissions, le sang a été trouvé liquidé et jamais coagulé. Chez un jeune homme, Lentin dit avoir trouvé les cavités droites remplies de bulles d'air.

§ II. — Lésions de tissus. — Dans les observations précédentes il n'est pas question du tissu du cœur lequel est sans doute resté sain ; c'est ce qu'ont fait spécialement remarquer Wallîs, Gœritz et Duverney.

Mais plusieurs fois aussi on a signalé la rupture ou la déchirure de cet organe. La rupture comme effet de foudroiement n'a été vue que sur des chevaux. Voici une obser- Yation intéressante pour appuyer ce résultat ; elle est due au R. Lyon, ministre protestant.

Le 14 août 1795, un homme et quatre chevaux furent tués [lar la foudre, sur la colline appelée les Heights, au S.-O. de Douvres. On examina avec attention les quatre chevaux et Ton ne découvrit aucun indice du coup qui les avait tués ; seulement quelques longs crins sur la poitrine de l'un d'eux étaient brûlés. Mais à l'ouverture des cadavres de ces chevaux, on constata la rupture du cœur; trois d'entre eux parurent, dit l'auteur, avoir une déchirure au cœur, au travers du ventricule droit et dans une direction oblique, située à égale distance de la base de l'oreillette droite et de la pointe du cœur.

Chez le quatrième cheval, le cœur ne paraissait pas avoir été lésé, mais l'artère carotide droite, au cou, était rompue. L animal avait rendu un peu de sang par la bouche; on en trouva aussi d'extravasé dans le thorax.

Quoique cette observation soit fort incomplète et ait été recueillie par un homme étranger à l'art, elle n'est cependant pas sans valeur.

Quant au fait que nous allons rapporter, Reimarus dit le tenir d'un observateur dignb de toute confiance, et qui fit procéder devant lui à l'ouverture des deux cadavres.

Le 7 juillet 1778, à Dockenhuden, sur l'Elbe, près de Hambourg, la foudre atteignit la maison de campagne de M. Stephen et pénétra dans l'écurie. Deux chevaux s'y trou-

vaient, le côté droit tourné vers une fenêtre qui fut brisée, ils furent tous deux renversés. Le domestique, qui était devant la porte de 1 écurie, accourut aussitôt et trouva mort le cheval qui était le plus rapproché de la fenêtre; l'autre se débattait encore dans des mouvements convulsifs, et il mourut bientôt après.

A l'ouverture des cadavres, on trouva dans le premier les deux oreillettes du cœur, déchirées et le cœur nageant dans le sang; chez le second, roreillelte gauche seule élait rompue; chez tous les deux, les artères pulmonaires étaient trèsdilatées. Dans la région du cou, jusqu'au poitrail, du sang était extravasé, épanché sous la peau, comme après une forte contusion; les deux chevaux n'offraient d'ailleurs extérieurement aucune trace de brûlure ; ils avaient encore dans la bouche une portion du foin dont on avait rempli leur râtelier peu avant Taccident, circonstance qui semblerait indiquer qu'au moment où ils furent frappés, ils avaient le cou et les mâchoires élevés.

§ III. — Lésions des vaisseaux artériels et veineux. — L'état de réplélion ou de vacuité des gros vaisseaux[présente, comme pour les cavités du cœur, de nombreuses variétés, autant du moins que nous pouvons en juger par les observations, généralement fort incomplètes, parvenues à notre connaissance. Ainsi :

Chez un jeune homme, les gros vaisseaux étaient vides comme les ventricules et les oreillettes (Michelot).

Sur plusieurs chevaux, les artères étaient vides et les veines gorgées de sang (Blondeau).

Le système artériel était vide chez le jeune homme observé par Gabrielli. Les grosses artères contenaient peu de san^ dans un cas cité par Schaffer. FernoU au contraire, ayant ouvert des hommes et des animaux tués par la foudre, aurait trouvé leur système artériel rempli de sang.

Gœritz rapporte qu'à l'ouverture d'un homme foudroyé, le prosecteur ayant ouvert par mégarde l'artère carotide, une grande quantité de sang s'en écoula ; qu'alors les sugillations de la peau disparurent et que le corps devint p&le.

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