‹ De la foudreChapitre 64 sur 174 · CIRCULATION S · texte numérisé non relu

CIRCULATION S

Chez une jeune femme, observée par Krebs, les gros vaisseaux» ainsi que les oreillettes et les ventricules, étaient distendus par une grande quantité de sang.

Les veines étaient généralement distendues et engorgées chez plusieurs bètcs à cornes tuées par le môme coup de foudre (Tobias).

Sur une jument, observée par Tessier, les gros vaisseaux situés au-dessous du cœur étaient pour la plupart vides et flasques, tandis que ceux du cou et de la tête étaient gorgés d'un sang noir et presque coagulé.

La coloration interne des vaisseaux n'a été, jusqu'ici, que fort rarement recherchée sur le cadavre des foudroyés ; nous voyons seulement que :

Chez un jeune homme de 23 ans, tué par la foudre le 12 octobre, à Sienne, et examiné 48 heures après la mort, le docteur Gabrielli trouva l'artère pulmonaire colorée en rouge à son intérieur, surtout au voisinage des valvules sigmoïdes. L*aorte présentait le même état, seulement la rougeur ne commençait qu'à quelques pouces de son origine; le système artériel était sans altération, mais vide ; les veines étaient à Fétat normal, moins les veines pulmonaires, colorées en rouge vineux.

Quant aux lésions de tissu des gros vaisseaux, nous n'en coonaissons qu'un seul exemple, c'est celui de la rupture de la carotide droite, chez un cheval dont il a déjà été fait mention.

§ IV. — Écoulements de sang par diverses voies sar les cadavres des foudroyés. — Il n'est pas rare de voir du sang s'écouler en quantité variable, par la bouche, le nez et les oreilles du cadavre des foudroyés.

C'est le plus ordinairement au moment même où l'homme tombe instantanément frappé de mort que le sang s'échappe de ces cavités.

D'autres fois ce phénomène se montre plus tard : ainsi, un homme ayant été instantanément tué par la foudre, au mois de juillet, à quatre heures et demie du soir, ce ne fut que

dans la nuit suivante que du sang s'échappa du nez, de la bouche et des oreilles (Ileinrich) •

Le sang qui s'écoule ainsi est remarquablement liquide, cl la couche peu épaisse d'ailleurs qu'il forme sur la face et le coUfSe dessèche bientôt, mais ne se coagule pas.Parfois, comme Krebs l'a remarqué, ce sang décèle par son odeur une putréfaction déjà avancée. Il est presque toujours noir, trèsrarement d'un rouge clair ; cette circonstance est indiquée dans une relation de Hemmer.

Il s'agit d'une jeune fille de 18 ans, foudroyée le 17 août 1776, près du village de Briihl ; à l'instant où elle fut frappée, du sang s'écoula abondamment du nez, de la bouche et des oreilles. Lorsque Hemmer la vit, dix heures après, son teiiil n'était pas celui d'un cadavre, mais bien d'une personne endormie; en tournant le corps, du sang s'écoula en grande quantité du nez; il était d'une couleur rouge très-clair ; aussi Hemmer conçut-il un instant l'espérance que cctle jeune tille n'était morte qu'en apparence.

Quant à l'écoulement du sang par le méat audilif, il dirigera l'attention de l'anatomiste sur l'état de l'oreille moyenne et de l'oreille interne, et sur celui du cerveau ; car déjà plusieurs fois on a constaté, en pareil cas, une rupture de la membrane du tympan et des épanchements intra-cràniens.

Nous avons signalé des plaies produites par l'étincelle électrique, les unes ayant l'aspect de brûlures, les autres de déchirures de tissus : toutes ne saignent pas ou saignent peu; il est rare que l'écoulement de sang soit abondant.

Un homme foudroyé présentait extérieurement vers la région du cœur une large blessure, qui n'avait presque pas donné issue au sang (Brereton).

Chez un autre, une petite plaie placée derrière l'oreille, bien qu'elle s'étendit jusqu'au péricrànc, ne laissa écouler qu'une petite quantité de sang (J.-M. Hoffmann).

Wasse a cité une blessure analogue qui donna issue au sang.

M. d'Aussac, étant à cheval, fut instantanément frappé de mort par la foudre ; il avait reçu le coup sur la tête ; le crâne fut mutilé à trois doigts au-dessus do l'oreille gauche; et

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