‹ De la foudreChapitre 79 sur 174 · MORTALITÉ SVR · texte numérisé non relu

MORTALITÉ SVR

En conséquence, on ne pourra généralement pas pronostiquer l'issue probable de la fulguration, d'après Texamen des lésions extérieures, et en particulier, si Ton est appelé auprès d'un foudroyé réduit au plus grave état, presque mort« qu'oa se garde bien de désespérer de le rappeler complètement à la vie et à la santé, par cela seul qu'on le voit couvert de plaies nombreuses, larges et profondes ; mais qu'on évite aussi de donner aux assistants un trop grand espoir de salut en ne constatant que des blessures superficielles et d'une petite étendue.

On sera mieux convaincu de l'importance de ce conseil, si l'on reporte son attention sur les trois catégories suivantes d'observations que nous avons exposées en détail lorsque nous avons décrit les lésions extérieures (chap. I, sect. Ii art. v).

i^ Blessures très-graves chez des individus qui ont survécu au foudroiement ;

2^ Blessures très-légères chez des individus qui ont succombé;

3^ Individus tués par la foudre, et chez lesquels on n'a trouvé aucune lésion extérieure.

§ VIL — Pronostic de certaines lisions extérieures et plus particulièrement des brûlures' produites par la foudre. — Parmi les lésions exté« rieures dues à la fulguration, il en est de tellement graves que très-probablement , ou certainement , elles entraîneraient la mort des foudroyés, s'ils ne périssaient pas tou-

DIVERSKS gtJESTIONS DE PRONOSTIC 291

jours alors instantanément sous Tinflu^nce de la fulguration même. Toutefois, dans Timmense majorité des cas» les lésions extérieures n'ont pas cette énorme gravité, et il est fort rare qu'elles soient mortelles par elles-mêmes.

Si, laissant de côté tous les foudroyés qui ont succombé sous le coup mSme de la décharge électrique et dont la mort iostantanée ne peut évidemment être attribuée aux lésions extérieures, nous puisons les éléments de notre démonstralioD, là seulement où ils se trouvent, c'est-à-dire chez les foudroyés, qui ayant été blessés ont survécu au premier choc pour 86 rétablir entièrement, ou pour succomber plus tard à leurs blfê^sures, nous trouvons 233 cas à examiner dans ootre collection.

Or, sur ce grand nombre de foudroyés, il en est six seulement dont la iport peut être attribuée aux blessures et à leurs complications. Trois d'entre eux ont succombé à la suite de brûlures sans complications (Trencalye, Ackermann, Richard) ; un quatrième a succombé à la suite de brûlures compliquées de gangrène (Agricola) ; un cinquième à une brûlure suivie de gangrène et de tétanos (Ristelhueber) ; eiïfm le sixième cas, c'est une femme de 68 ans, gravement brûlée, mats déjà en pleine convalescence, et que des écarts de régime conduisirent au tombeau après une gastro-entérite (Volpelière).

Ainsi, sur 233 foudroyés qui n'ont pas succombé au premier choc et qui furent atteints de lésions extérieures, la mortalité ^lue à ces lésions et à leurs suites est de 26 pour cent. Sur CCS 233 foudroyés, 62 furent atteints de blessures graves et ont survécu au premier choc, et quatre d'entre eux moururent, soit 6,4 pour cent. Presque toutes ces lésions extérieures sont des brûlures, et il est fort remarquable que trois d'entre elles seulement se soient compliquées de gangrène, de tétanos et de gastro- entérite suivis de mort. Chez un ailtre foudroyé, il survint comme complication des brûlures une entérite aiguë qui guérit (Minonzio).

Les brûlures fulminiques nous semblent moins souvent mortelles que les brûlures qui ont une autre Qrigine. Il semble résulter de nos observations :

4® Que rélément douleur domine moins dans les brûlures produites par la foudre que dans les autres, d'abord, parce qu'au moment même de la fulguration, le foudroyé perd souvent connaissance; parce que, consécutivement, il est plus ou moins paralysé, et Ton sait quelle malheureuse influence la douleur exerce chez les personnes brûlées par l'eau ou par le feu.

^ Que les brûlures produites par la foudre sont généralement moins étendues que celles qui résultent de l'action de ces deux agents.

3^ Que l'agent comburant qui a produit la brûlure n'a agi que pendant un instant.

4^ Que la plupart des brûlures fulminiques sont superficielles, rarement elles atteignent toute l'épaisseur de la peau. Limitées d'une façon fort singulière par le tissu cellulaire sous-cutané qu'elles respectent, il est rare qu'elles arrivent jusqu'à la couche musculaire. Quelquefois, la teinte noire de la peau et la sécheresse des eschares ont fait croire, mal à propos, à une carbonisation profonde.

5^ Que les lésions extérieures causées par la foudre, les brûlures en particulier, pourraient bien être dangereuses par le caractère toxique que la foudre imprimerait. G*est l'opinioo de quelques auteurs, et en particulier celle de Van-Mons.

Suivant Daquin, les plaies dues à la foudre ont généralement un mauvais caractère, provenant en partie de la nature même du feu de la foudre.

Nous ne voyons rien qui démontre cette action toxique, spéciale de l'agent comburant ; la suppuration de ces plaies a été généralement de bonne nature. 11 est encore plus impossible de croire, comme quelques personnes ont osé Taflirroer, que quelques foudroyés aient péri au moment même du coup de foudre à cause de l'intoxication de leurs blessures. D'ailleurs, nous ne saurions trop rappeler contre cette prétendue intoxication des blessures, qu'elles n'ont été mortelles que six fois sur 233 cas.

Les blessures et les brûlures fulminiques en particulier ont donc en général un pronostic favorable; ce n'est qu'exceptionnellement qu'on a signalé le tétanos, la gangrène.

INFLUENCE SUR L'ISSUE DE LA FULGURATION td3

comme pouvant compliquer des plaies apparemment peu dangereuses.

ABT. 3. — INFLUENCE SUR l'iSSUE DE LA FULGURATION DU NOMBRE DE PERSONNES FRAPPEES DU UÉUE COUP.

En général, plus le nombre des personnes atteintes simultanément est grand, moins la mortalité proportionnelle est grande. C'est ce qui résulte des considérations suivantes :

Sur 203 coups de foudre qui ont frappé chacun une persoDne isotée, nous trouvons 102 personnes ayant survécu, et 101 ayant succombé à l'accident : c'est une mortalité de 50 pour cent.

Dans cette appréciation, nous n'avons dû tenir compte que des observations recueillies à différentes époques et en divers lieux, laissant de côté les tableaux statistique^ établis eo France et ailleurs qui ne concernent que les cas de mort. Nous devons nous demander maintenant si les auteurs des observations que nous avons mises en ligne n'ont pas publié plutôt les cas mortels que les autres ; le doute dans lequel nous sommes à cet égard diminue nécessairement la valeur du résultat susHtnentionné.

Sur 60 ooops qui ont atteint âmnltanémant chacnn detuv personnes;

tt fois, les deux personnes ont snrvéco.

li fois, eUes ont soccombë.

34 fois, Tnne a snrrécn et Faotre a péri. La mortaUté a donc été de 40,5 pour cent. Sur S3 conps qui ont frappé chacun irm personnes.

6 fois, les trois personnes ont snrrécn. 3 fois, elles ont succombé.

9 fois, denx ont snrvéca et la troisième a succombé. 5 fois nne seule a survécu et les deux autres ont succombé. La mortaUté est donc encore de 40,8 pour cent. Sur 11 coups qui ont atteint chacun gualre personnes.

7 fois, les quatre personnes ont été sauvées. Pas une seule fois, elles n'ont toutes succombé.

3 fois, trois d'entre elles ont survécu et la quatrième a péri. 1 fois, deux d*entre elles ont survécu et les deux autres sont mortes, i fois, une personne a survécu, et les trois autres sont mortes, La mortalité a donc été de 10,6 pour cent.

m PRONOSTIC ET STATISTIQUE

Sur ^ eoaps qni ont frappé ch«eon cinq penonnai*

3 fois, les cinq personnes ont survécu.

1 fois, quatre ont suryécu et la cinquième est morte.

1 fois, trois ont survécu et deux ont péri.

1 fois enfin^ deux personnes ont sunrécu et trois sont mortes.

Jua mortalité a done été de 10 pour cent. Sur 5 coups ayant frappé chacun tix personnes. ) fois, les six personnes ont survécu.

1 fois, cinq ont été sauvées et la sixième est morte. 1 fois, trois ont survécu et trois ont péri. , 1 fois, deux ont survécu et quatre ont été tuées.

La mortalité a donc été de M,6 pour cent.

Dans les observations suivantes, les coups qui ont allcinl simultanément de 7 à 24 personnes sont en trop petit nombre pour nous servir à établir une mortalité moyenne ; plusieurs (le ces coups ont, il est vrai, suivi la décroissance que nous avons constatée précédemment, mais d'autres ont tait exception à cette loi.

Un coup de foudre ayant atteint sept personnes à la fois.

Toutes les sept ont péri Mortalité, 100 p. V*u

Deux coups ayant frappé chacun huit persûones : Une fois, les huit personnes ont succombé;

Une fois cinq ont survécu et trois ont péri Mortalité, 68.7 —

Ud coup ayant atteint neuf personnes :

Six ont survécu et trois ont succombé Mortalité, 33,3 —

Deux coups ayant atteint chacun dix personnes :

Deux foi*, six ont survécu et quatre ont succombé. . . . Mortalité, 40 —

Un coup ayant frappé onze personnes :

Neuf ont guéri et deux ont succonib<i Mortalité, 18 —

Un coup ayant atteint douze personnes :

Onze ont sarvécu et une seule a péri Mortalité, 8,3 —

Un coup de foudre ayant frappé quinze personnes :

Treize ont été sauvées et deux sont mortes Mortalité, 13,3 —

Enfin un coup ayant frappé à la fois vingt-quatre

personnes :

Treize ont survécu et onze ont péri 9lortatité, 16 ^

Le phénomène que nous analysons ici est très-complcxo: l'issue d'un coup de foudre sur un Ki'oupe de personnes dépend en effet d'un grand nombre de circonstances parmi lesquelles il faut cilor la quantité variable d'éleclricilô miso en mouvcmonl, le nombre des porRonnes entre iesquelios ce fluide se partage, la constitution de ces personnes, etc., etc. On comprend aisément que tous ces olcmenls variables et

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