‹ De la foudreChapitre 82 sur 174 · CHEZ LES ANIMAUX · texte numérisé non relu

CHEZ LES ANIMAUX

< L'hooMBe, dit Pline (4), est le seul des animaux que la » bodre ne tue pas toujours ; tous les autres en meurent sur > le champ : c'est une prérogative que la nature lui accorde» I quoique tant d'animaux le surpassent en IBorce. » Pline dit iBssi que, parmi les oiseaux, l'aigle seul n'est jamais foudroyé.

Sohu homo a fubniniê ietu curainr, cùm reliqua ammali» mper nL^acetUur, » dit F. Borelli.

Cardanua s'exprime ainsi (Liv. II) : € Fulfnm oimnia ani* mita, frmier hominem'solo eontactu accidit. »

Contrairement à ces assertions, nous pouvons citer quel* i|ues animaux qui n'ont pas succombé aux atteintes directes k la fbudre. Ainsi :

Un chevaU âgé de 8 ans, reçut la décharge électrique sur ktéte, dont les crins et l'épiderme forent brûlés en plusieurs e&droits ; il fut en outre sillonné sur le poitrail et sur l'un des men^breai D'abord, il parut privé de vie; mais, après des aspersions d'eau froide, il se releva et finit par se rétablir. ToQ Hordt.)

Près de Newcastle, un cheval eut l'épaole brisée par la iDudre ; U ne fiit pas tué sur le coup ; mais, ne pouvant plus servir, il fut mis à mort peu de temps après. (Holroyd.)

Dans l'accident arrivé à Fougères et dont nous avons déjà parié, un des chevaux attachés au râtelier fut frappé à la tète; l'œil gauche était fortement tuméfié, les cils brûlés, et le dessus de la paupière entièrement dénudé des poils qui la recouvraient; on voyait en outre une incision à la partie in-

(1) Hiti, nal., Uy. II, cbap. lv,

férieore de la mâchoire ; on parvint cependant à sauver ranimai (Blondeau).

Voici quelques autres observations moins précises que les précédentes :

Howard (1) dit que le i^^ août 1826, près de Worcester, un attelage de trois chevaux, conduit par un homme et par deux enfants, fut atteint par la foudre. Chevaux, hommes cl enfants furent renversés ; le cheval de devant fut tué, les deux autres blessés.

Le cheval du docteur Brillouët fut jeté dans un fossé, y resta sans mouvement pendant trois quarts d'heure, parvin* enfin à se relever, mais il devint plus tard excessivemen faible et ses jambes s'arquèrent.

La foudre étant tombé sur le Good-hope, cinq ou six [>or< > placés dans une cage à l'avant du navire furent tués, tandi> que d'autres, qui n'étaient séparés des premiers que par une toile furent épargnés. Un autre porc, sur le deuxième pont. fut également tué et cinq à six autres éprouvèrent seulemeni une paralysie du train de derrière (Pétrie). La paralysie de ces derniers pourrait bien n'être due qu'à un phénomène d'influence, et non pas à une action directe.

Nous pourrions citer un grand nombre d'animaux, de chevaux surtout, renversés auprès d'animaux tués par la foudre et qui bientôt se sont relevés; mais rien n'établit qu'ils ont été directement frappés.

Mais s'il est vrai que les animaux ne succombent pas toujours à la fulguration, il faut reconnaître que rarement ils lui survivent; c'est du moins le résultat des faits parvenus à! notre connaissance.

Nous trouvons comme nombre d'animaux tués par la foudre.

73 chevaux, jaments, poulains. 3 porcs. |

S mulets. 9 chieos.

4 Anes. 3 chats.

71 bœufs, Taches on tanreanx. i lierre.

347 béliers, montons oa brebis. 1 écureuil. !

3 chèvres.

Une prodigieuse quantité (t'oies, de canards, de pigeons, de petits oiseaux .

(1) Tab., t. CGXUU.

DE LA PULQURATION CHBZ LBS ANIMAUX 80i

Dans nue relation, il est dit que tous les chiens qui se Irouraient dans une église forent tués par la décharge, et dans une autre on affirme que 2,000 chèvres ont péri par I effet d'un seul coup de foudre.

Si nous ne comptons pour le moment que les animaux d'un vitume égal ou supérieur à celui de Thomme, nous ne trou* m à opposer à un si grand nombre de cas terminés par la fisrt que les rares exemples concernant des chevaux qui ont ^écu au foudroiement et que nous avons précédemment fltés.

M& cette rareté ne tiendrait-elle pas à ce que les auteurs ^t négligé de publier les cas isolés de guérison chez les ani- !aaux, leur attachant peu d'importance? Il peut en être liosi, aussi allons-nous borner notre calcul aux observations ^i concernent à la fois des hommes et des animaux simulta-

&^nt frappés.

Nous y trouvons 93 animaux (bœufs, vaches, chevaux), Hleints par la décharge électrique, parmi lesquels quatre 'heîaux seulement ont survécu à Texplosion : c'est une mortalité de 89/93, c'est-à-dire que la mort est presque oxistante.

D est enfin un autre ordre de faits qui met en relief l'iniloeoce désastreuse et extraordinaire de la foudre sur les soimaux, ce sont ces coups qui ont tué instantanément un rfraod nombre de bœufs, moutons, chèvres..., etc.

Suivant Tobias, un vacher du cercle de Trêves s'était réfugié, pendant un orage, avec son troupeau, sous un arbre. Tout à coup, il se vit entouré d'un éclair effrayant, comme m pluie de feu, et tomba sans connaissance. Au bout d'une <lemi-heure, il reprit ses sens et se vit au milieu de 27 bêtes à cornes tuées roides par la foudre.

Le 13 mai 1803, près de Fehrbellin (États prussiens), un seul coup de foudre tpa un berger et 40 brebis (i).

Le 1^ juin 1826, le tonnerre tua 6& bêtes à laine, dans un diamp à Gulpen (Limbourg) (2).

^1) Vàlgft Mag., t. V, p. i03.

2) Mm. defAtad. de Bruxelks, t. IV, p. S3i.

Franklin rapporte que tout un troupeau de moutons rassemblés sous un arbre, en Ecosse, fut tué par la décharge électrique.

Vers 1724, la foudre tua un grand nombre de brebis sur une montagne de Seredon, en Provence ; les bergers restèrenl longtemps sans y aller à cause de l'infection qu'elles répandaient (Toaldo).

Le 24 juin 1822, près de Hayingen (Wurtemberg), un ber ger et 216 moutons, sur 248, furent tués en plein champ pai le tonnerre.

Enfin, au rapport d'Abbadie, un orage, en Ethiopie, aurai d'un seul coup tué deux mille chèvres et le berger qui le gardait.

ART. 0. — PRONOSTIC COMPARÉ DE LA FULGURATION CHEZ l'homme et CHEZ LES ANIMAUX. •

Après les détails dans lesquels nous sommes entrés, i semble inutile d'insister sur le pronostic comparé de la fui guration chee l'homme et chez les animaux. Nous flxeron; cependant quelques moments notre attention sur ce sujet trouvant ici l'occasion d'inscrire un certain nombre de faiti^ utiles à connaître.

Parmi les nombreuses observations que nous avons analysées, et qui se rapportent à des coups de foudre dirigés à U fois sur les hommes et sur les animaux.

A . Nous n'en trouvons pas une seule où Tanimal ait survécu, l'homme ayant succombé; nous savons bien que quelques cavaliers ont été tués, le cheval étant resté sain et sauf, mais rien ne prouve que celui-ci ait été réellement frappé.

B. Nous ne voyons qu'une seule observation où l'homme e( ranimai aient tous deux survécu à la décharge électrique.

C. Plusieurs fois , le même coup a tué simultanément les hommes et les animaux.

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