‹ De la foudreChapitre 95 sur 174 · DISTRIBUTION DBS COUPS DE POUDRE · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DBS COUPS DE POUDRE

qui ne sont point reliés les uns aux autres par une cammumoMion métallique. Nous n'avons donc point à nous étonner de iâ singularité du phénomène, ni surtout à en rechercher les causes.

Le fait suivant viendrait plutôt à Tappui de notre opinion : treize chevaux étaient réunis au même râtelier; huit ont été frappés simultanément. Le soldat de garde les a tous vus tomber sur le flanc droit. — Un seul d'entre eux a pu être /appelé à la vie : c'était le plus éloigné du point où 1* électricité avait commencé à exercer son action destructive; c'était, en un mot, le dernier des treize chevaux attachés au même râtelier. — Il avait été frappé à la tête, et renversé comme les autres ; mais il pr^ntait des lésions extérieares^ que n'offraient pas ceux qui avaient été tués sur le coup.

ÀBT. 8. — DISTRIBUTION DES COUPS DE FOUDRE SUR LES PERSONNES DE DIVERSES PROFESSIONS.

Nous avons inscrit dans le tableau suivant la répartition de 159 coups de foudre sur des personpes dont la profession et la position sont nettement indiquées.

91 Laboaraun, cttltirateun, moissonnean, bergerii fra^péi dani U$

ehampt, tout des arhru, etc, IS soldftts.

i% prêtres» ecelésiaAiiqaes» religieux. *

9 aonnears de eloches.

5 ToitQfierSt charretiers tur la route s 5 meuniers, sur la route ou dan$ leur moulin, hûeheron.

serrurier, forgeron.

ouvriers, occupée à réparer det toun ou doehen, employés du télégraphe électrique.

ouTriers des chemins de fer.

colporteur, dan$ les ehampt, postillon.

médecins, en route pour leure vieitee, physicien, expérimentant au eommet d*une montagne, expérimentateurs.

i gardien de phare.

Smin. Il— Si

ait STAtlSTIQUB

Ainsi, ce sont les personnes qui travaillent aux champs qui sont le plus souvent frappées ; il faut bien remarquer que la saillie que présente un individu en rase campagne, sa plus grande conductibilité sont autant de conditions qui provo* quent le foudroiement.

Sur 18 coups de foudre qui ont atteint des soldats, il y en a eu 7 dans les casernes, mais chaque coup de foudre a ordinairement frappé plusieurs personnes à la fois. Deux soldats ont été frappés dans leur guérite que Ton devrait munir de paratonnerre quand elles sont isolées des habitations. Les autres soldats ont été atteints dans des lieux découverts.

Une seule fois la foudre a touché un corps de troupe en route, bien que la masse métallique dont les soldats sont accompagnés rende la chute de la foudre plus probable, c Parmi les bizarreries sans nombre que présente la foudre, dit M. Boudin (deuxième mémoire, page 19), nous n'en connaissons pas de plus étrange que la chute fréquente de ce météore, dans l'antiquité, sur des hommes de marque, dans les temps modernes sur des prêtres, non-seulement pendant leur séjour dans les églises, mais encore hors de Tenceinte de ces dernières. Que la position souvent isolée, que l'architecture spéciale des églises, que l'agglomération des personnes au moment du service divin, constituent des causes prédisposantes à la fréquence des accidents, c'est ce qui nous parait peu contestable. Mais reste toujours à expliquer la chute si fréquente de la foudre sur Tautel et les phénomènes singuliers, signalés par des historiens les plus dignes de foi, et enfin le très-^grand nombre de prêtres frappés à leur domicile ou sur la voie publique. » Et dans une note, même page, l'auteur ajoute : c Les livres qui traitent du tonnerre citent à chaque page des prêtres foudroyés. •

Nous sommes loin de partager l'opinion de M. Boudin. Nous dirons d'abord que les bizarreries de la foudre seraient beaucoup moins nombreuses si les hommes, toujours amis du merveilleux, ne cherchaient pas à les multiplier sans raison sufQsante.

INDIVIDUS FRAPPÉS PLITSIÈUES FOIS PAR LA FOUDRE Stt

Si la chute de la foudre, sur les hommes remarquables de l'antiquité, parait si fréquente, cela tient uniquement à ce que l'on a soigneusement inscrit les cas qui les concernaient, et que les historiens ont souvent gardé le silence sur les acddeats relatifs aux hommes ordinaires, ce qui d'ailleurs est Tusage dans tous les temps.

Nous ne chercherons pas à expliquer la prétendue firé-» mnce relative de la chute de la foudre sur des prêtres» parce qu'elle n'existe réellement pas. Nous venons de signaler, eo effet, 48 coups de foudre ayant atteint des soldats et nous o'eo trouvons que 12 ayant frappé des prêtres, des ecclésiastiques, en faisant abstraction de ceux qui les ont atteints avec beaucoup d'autres personnes pendant le service divin.

Nous ferons aussi observer que le prêtre, à l'auteU est en- TJronné d'objets métalliques en plus grand nombre que dans tout autre point de l'église. Sur ces 12 coups, il en est 8 qui out frappé des prêtres dans les églises (hors du service).

La fréquence de la chuté de la foudre sur les clochers étant reconnue par tout le monde, on comprend que les sonneun soient particulièrement exposés à ses atteintes.

Nous remarquons la rareté des coups de foudre sur les bûcherons dans les bois et les forêts ; ce fait s'explique du reste tout naturellement.

Les forgerons et les serruriers sont aussi rarement atteints, tandis qu'il semblerait au premier abord que les masses métalliques qui remplissent leurs ateliers devraient exercer une action très-puissante sur la foudre.

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