PROPOSITIONS
1. Sur une multitude de tumeurs blanches que j'ai eu occasion de voir, soit dans les hôpitaux, soit à la Société anatomique, je n'en ai pas trouvé une seule où on put établir rationnellement que la maladie avait débuté par les cartilages d'encroûtement.
2. Dans i8 cas sur 20 de tumeur blanche coxo-fémorale , la maladie débute par la tête du fémur.
3. Les circonvolutions du cerveau sont cannelées dans une direction perpendiculaire à celle de leur bord libre; les circonvolutions cérébelleuses sont cannelées parallèlement.
/j. Le bord saillant que présente en arrière la surface iléo-pectinée est quelquefois assez tranchant pour devenir chez quelques femmes une cause de rupture de l'utérus pendant la gestation. D'après un relevé de plus de cent observations de rupture que M. Dezeimeris et moi avons rapprochées, nous avons reconnu que telle avait été dans plusieurs cas la cause évidente de la déchirure utérine.
5. Si , après l'examen anatomique des vaisseaux qu'on peut atteindre dans le débridement de la hernie crurale , on obéit à la seule crainte de l'hémorrhagie, on sera éloigné du débridement en haut et en dehors. C'est pourtant en ce sens que Dupuytren et sir Â. Cooper ont toujours pratiqué le débridement. Pense-t-on que ces deux grands chirurgiens aient été conduits à préférer ce mode de débridement sans des motifs graves? INou, ils ont senti que se laisser exclusivement guider, dansce cas, par la présence des vaisseaux qu'on peu t atteindre était l'effet
f 74) d'une préoccupation plus anatouiique que suggérée par l'observation; ils ont compris que dans la hernie crurale un des grands dangers de l'opération est la déchirure de l'intestin, qui est souvent altéré au niveau du ligament de Gimbernat , et que les tractions nécessaires pour dégager l'intestin dans ce point exposaient à en opérer la rupture, ou même à l'atteindre avec l'instrument tranchant; car, à la profondeur à laquelle il faut agir quand on veut débrider en ce point , la manœuvre opératoire devient obscure et difficile.
6. Dans un Mémoire que j'ai lu à la Société anatomique en i83o, j'ai consigné plusieurs propositions sur le mode de distribution des nerfs aux muscles du membre thoracique ; j'ai avancé ces propositions sous forme de lois générales : j'en reproduis ici quelques-unes; mais, n'ayant pas vérifié la constance de ces lois dans tout l'ensemble du système musculaire , je ne les donne que comme se rapportant au membre thoracique.
A. Tout muscle fascicule à faisceaux multiples reçoit pour chaque faisceau des filets isolés, tantôt provenant d'une même source, tantôt provenant de sources différentes.
B. Quand un muscle se compose de plusieurs faisceaux remontant à une hauteur inégale, chacun reçoit des filets qui se détachent du tronc principal dans l'ordre d'élévation des faisceaux auxquels ils appartiennent.
C. Tout muscle qui doit donner naissance à plusieurs tendons , en supposant même que son corps charnu soit unique, reçoit plusieurs filets, et assez généralement un nombre égal à celui des tendons qu'il doit fournir.
D. Il n'y a pas un seul muscle fascicule qui reçoive ses filets ner-
( 74 ) veux au-dessous du milieu de sa longueur ; le plus grand nombre de ces muscles reçoivent leurs filets dans leur quart supérieur.
E. Presque tous les muscles reçoivent leurs filets nerveux par celle de leurs surfaces qui est la plus rapprochée de l'axe du membre dont ils font partie : avantage précieux sous le rapport de la protection qui eu résulte , pour les filets nerveui , contre les violences extérieures.
F. Presque tous les filets destinés aux muscles fascicules y pénètrent en formant avec eux un angle très-aigu.
G. Tous les nerfs qui se distribuent aux muscles out deux manières d'arriver au terme de leur épuisement définitif : ou bien leur trajet a lieu dans les interstices musculaires , ou bien ils traversent le corps charnu de quelques-uns des muscles placés sur leur passage.
H. Tout nerf qui perfore un muscle lui donne des filets. '
I. Il existe à la partie antérieure de la sixième apophyse transverse corticale une éminence à laquelle j'ai donné le nom de tubercule carotidierij et qui , à raison de ses rapports immédiats avec l'artère carotide , peut fournir des indications précises pour -la ligature de cette artère. [Voy. Soc. anat., i" bulletin, nouvelle série.)
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