PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES DE PHYSIQUE APPLICABLES A LA GALVANOCAUSTIE
Avant de décrire ces appareils, je rappellerai en quelques lignes les principes essentiels sur lesquels est basée la galvanocaustie thermique. Ce sont presque des lieux communs en physique; mais le médecin praticien les a trop souvent oubliés.
Dans le courant d'une pile il faut distinguer Tmiensi^é et la tension du courant. L'intensité du courant, c'està-dire la masse d'électricité qui se dégage à la fois, dépend de la surface des éléments qui composent la pile et elle augmente en proportion de cette surface. Seulement, pour la commodité du maniement, on peut remplacer un couple unique à très-grande surface par plusieurs autres plus petits disposés de telle façon que tous les éléments positifs et tous les éléments négatifs soient réunis ensemble.
Quatre couples disposés ainsi donnent un courant de même intensité qu'un couple unique quatre fois plus grand.
La tension, c'est-à-dire la force avec laquelle l'électricité se dégage, dépend du nombre des couples isolés qui composent la pile.
La chaleur développée dans un circuit galvanique est l'expression de la résistance vaincue. Si, pour une pile de moyenne intensité par exemple, le circuit est formé
par un gros fil de métal, bon conducteur, comme le cuivre, l'électricité trouve à s'écouler facilement et il ne se produit que peu ou point de chaleur. C'est une propriété qu'on a utilisée pour la construction des réophores, qui ne doivent pas s'échauffer; mais au heu d'un fil de cuivre unique et très-gros, qui serait gênant par sa raideur, on emploie un assemblage de fils plus fins et plus flexibles.
Si, dans un circuit pareil, on intercale un fil métallique moins bon conducteur et d'un diamètre moindre, le courant éprouve de la résistance à le traverser et l'échauffé.
On emploie généralement le platine à cet usage ; car c'est un des métaux qui offrent le plus de résistance au courant et qui, par conséquent, s'échauffent le plus facilement. 11 a de plus l'avantage de résister à la fusion. Mais la nature du conducteur n'est pas tout; sa longueur et son volume ont également une grande influence sur la quantité de chaleur produite.
En ce qui concerne le volume , on peut dire que plus un conducteur est fin, plus il oppose de résistance au courant, par conséquent plus il s'échauffe facilement; à mesure qu'on augmente le diamètre des fils qu'on veut chauffer, il faut aussi augmenter l'intensité de la pile. Il n'en est plus de même pour la longueur. Si l'on veut chauffer un fil sur une grande longueur, il ne suffît plus d'augmenter l'intensité du courant, il faut encore lui donner une certaine tension. Supposons une pile d'un seul couple, capable de porter au rouge un fil de platine de 0"',10 de long. S'il s'agit de chauffer ce même
fil sur une longueur de 0'",20, on n'y arrivera pas en doublant la surface de la pile, c'est-à-dire en doublant son intensité; mais en ajoutant un second couple au premier, de façon à augmenter la tension du courant.
Il en résulte que plus un instrument galyanocaustique est court et gros, plus il faudra d'intensité du courant; plus il est long et fin, et plus il faudra de tension.
ARSENAL GALYANOCAUSTIQUE.
Les appareils et instruments nécessaires pour la galvanocaustie sont : V une pile destinée à fournir le courant, 2° des instruments galvanocaustiques proprement dits, qui transforment ce courant en chaleur et le font agir sur les tissus, 3° un modérateur pour graduer le courant selon les besoins et les phases de l'opération.