HISTORIQUE
La gangrène a été très étudiée au point de vue général; dans la puerpéralité, elle a été signalée rarement, bien que les altérations vasculaires aient été observées assez fréquemment, dans les suites de couches, où les cas de phlegmatia albadolens sont assez nombreux.
La plus ancienne relation que l’on ait faite de cette maladie remonte à l’année 1754. Rapportée dans le Journal de Médecine et de Chirurgie, elle ne porte pas de nom d’auteur; elle décrit bien nettement une gangrène, d’origine artérielle, survenue subitement deux jours après l'accouchement.
Davies et Horns, en 1825, mentionnent deux autres cas, où, d’après l’autopsie, se distinguait la forme veineuse de la gangrène.
Dans sa thèse sur les affections gangréneuses chez les nouvelles accouchées, Raynaud, en 1841, avait remarqué que non seulement les membres pouvaient être atteints, mais que certaines parties du tronc et de la tête étaient susceptibles de participer à cette nécrose.
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Comme Tonnelé, en 1831, et Cœtsem, en 1835, d’autres auteurs, plus tard, ont été témoins de cette propagation yangréneuse des membres à d’autres régions du corps.
En 1854, Bennett étudie l'influence de l’embolie comme productrice de l’oblitération artérielle post partum, et déjà il pense à l’action d’une septicémie probable.
Les communications, vers 1870, relatent plus souvent les lésions dues à la gangrène puerpérale. Simpson, dans l’Obstetrics, en réunit déjà un certain nombre d’observations. Son essai de classification, cité par Hervieux dans son Traité des maladies des femmes en couches, présente aussi la distinction, comme facteurs étiologiques, entre l’embolie, l’artérite et les caillots ayant leur siège dans le système veineux.
De son côté, Hervieux signale l’importance des lésions cardiaques.
Nous arrivons maintenant aux travaux, où les détails plus complets, ainsi que les résultats des autopsies et des recherches bactériologiques, permettent de faire totalement l’étude de la gangrène puerpérale.
Lancereaux et Troisier parlent de la propagation de certaines lésions inflammatoires veineuses au système artériel.
Oliver, en 1896, dans le Lancet, étudie quelques formes névropathiques de la gangrène et rapproche son explication de l’idée de Raynaud, qui avait observé le spasme des vaisseaux capillaires sous l’influence d’une excitation des vaso-constricteurs.
Dans ces dernières années, Andérodias et Bégouin, avec Lugeol, de Bordeaux, signalent l’infection streptococci-
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que à porte d'entrée utérine ayant déterminé l’endartérite. Leurs cas ont fait le sujet de la thèse de Lafond.
À plusieurs reprises, en 1900 et 1902, Wormser, de Bâle, a rapporté des observations de gangrène puerpérale, mais, comme Lafond, il ne cita que des cas ayant trait à la présence de cette affection aux membres inférieurs.
Résumant les travaux parus antérieurement, il publia, en 1904, dans la Wiener Klinische Rundschau, une étude plus complète. Ses recherches mentionnent déjà quatrevingts cas de gangrène puerpérale.
Depuis cette date, d’autres observations de cette maladie ont été publiées. |
Dans notre région, M. le Professeur agrégé Etienne signale une oblitération artérielle par endartérite, suite à distance d’une infection puerpérale.
Enfin, en 1906, M. le Professeur agrégé Schuhl, dans la Province médicale, publie l’observation d’une malade ayant présenté aussi une gangrène d’origine artérielle; de plus, il attire l’attention sur une complication rarement citée : c’est l’hémorragie intestinale survenue quelques heures avant la mort.
La gangrène dans les suites de couches a été observée encore dans ces dernières années, notamment à deux reprises, au cours de l’année 1910.
MM. Roux de Brignoles et Aurientis signalent les débuts de cette affection onze jours après une hytérectomie pratiquée un mois après un accouchement normal.
D'autre part, Popow, dans le Centralblatt für Gynechologie (novembre 1910), a publié un cas de gangrène de forme artérielle dans un membre supérieur,