‹ De la Gangrène des Extrémités dans les Suites de CouchesChapitre 8 sur 46 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Pathogénie

La gangrène consiste en une mortification des tissus et se caractérise par l’arrêt de tout échange nutritif et de toute action organique dans une partie du corps.

La statistique que Wormser établit en 1904, à propos du siège de la gangrène, était basée sur soixante-six observations dans les suites de couches. Cinquante-huit cas avaient trait aux extrémités inférieures, et les huit autres aux membres supérieurs ; semblable proportion semble pouvoir être établie dans les soixante-deux observations dont nous avons pu recueillir des renseignements suffisamment précis.

Nous citerons en plus, ici, pour mémoire, quelques cas où les lésions gangreneuses n’ont intéressé que certaines parties du tronc et de la tête :

TONNELÉ (1) : Gangrène du visage et du tronc.

COETSEM (2) : Gangrène du sacrum, des parties génitales externes et de la région mammaire.

MONTAULT (3) : Gangrène du nez, des joues et de la lèvre supérieure.

(1) TonNELÉ, Archives générales de médecine, 1830. (2) Corrsem, Annales de la Société de Médecine de Gand, 1835. (3) Monrauzr, Journal des Sciences Médicales, 1841.

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La pathogénie de la gangrène comprend trois formés, suivant que la gangrène résulte, soit d’une obstruction dans le système artériel, soit dans le système veineux, ou dans les deux systèmes à la fois.

Le mode le plus fréquent et le plus anciennement connu est l’occlusion artérielle qui constitue la forme sèche de la gangrène.

Cette gangrène artérielle peut être pure, les artères étant les seuls vaisseaux malades.

La forme veineuse est localisée uniquement aux veines du membre gangrené, tandis que les artères sont indemnes.

Enfin, dans la gangrène mixte ou artérioso-veineuse, les deux systèmes vasculaires à la fois étaient oblitérés par des caillots.

À propos des cas présentant ce caractère mixte, Wormser établit une distinction assez nette entre ceux où l’oblitération dans un système vasculaire ne s’est produite qu'après l'interruption de la circulation dans l’autre système et les cas où la gangrène n’a débuté qu'après l’oblitération complète dans les deux systèmes vasculaires.

Suivant son opinion, lorsque la gangrène est consécutive à une oblitération totale de l’artère poplitée, par exemple, et lorsqu’après l’amputation ou l’autopsie, on trouve un caillot dans les veines, cette gangrène est plutôt d’origine simplement artérielle. Au contraire, si l’embolus n’a pas complètement fermé le calibre de l’artère, et s’il se produit une thrombo-phlébite dans le système veineux correspondant, ceci constitue une forme artérioso-veineuse. En effet, si la gangrène, comme dans le cas précédent, a débuté par suite de l’artérite ou de l’em-

bolie, la circulation n’a été totalement troublée qu'après l'intervention de la thrombose veineuse.

Suivant ces trois modes pathogéniques principaux, Wormser et la plupart des auteurs résument les causes d’oblitération dans les canaux vasculaires suivant ce tableau :

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