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Le 13. 14 jour, la malade est mise au régime commun. Son teint est redevenu clair, son état nerveux est normal, elle n’éprouve aucune gêne et mange de grana appétit.
Le 17. L’opérée a mangé environ 800 gr. de pain, et a fait 4 repas très copieux. Elle est restée levée trois heures.
Depuis, l’appétit s’est maintenu. Le séjour au lit a été graduellement diminué. Le seul trouble constaté a été la constipation, dont les laxatifs viennent à bout. Son poids augmente de 750 gr. par semaine.
Le 15 août 1898, époque à laquelle M. le docteur Marmasse mettait si obligeamment à notre disposition l'observation ci-dessus, l’opérée est très bien portante, ses digestions sont excellentes.
OBsERvATION XVIII (Recueillie dans le service de M. le professeur agrégé Frœælich)
Sténose pylorique. — Gastro et entéro-anastomose. — Mort.
Me K..., 48 ans, sans profession, entre au service le 16 novembre 1898. Ses antécédents héréditaires sont nuls.
Antécédents personnels. — A eu la rougeole à âge de 4 ans. À 18 ans, une fièvre continue qui dure 6 semaines sans complications.
Réglée pour la {re fois à 16 ans. Mariée à 25 ans. Deux grossesses normales. Les enfants sont bien por-
tants.
Maladie actuelle. — Remonte à cinq ans. Elle a commencé par des vomissements aqueux, non acides, revenant tous les jours, et accompagnés d’une douleur épigastrique violente. L’appétit était normal. A ce moment la malade a été soumise aux alcalins et au régime lacté. Depuis un an, elle a beaucoup maigri, quoiqu’elle n'ait cependant aucun dégoût pour les aliments. Pas de diarrhée, ni de selles noires, ni d’hématémèses. Les vomissements aqueux quotidiens du début se sont transformés en vomissements alimentaires quotidiens. Depuis 3 mois, elle a remarqué la présence d’une tumeur au niveau de l'estomac; les vomissements persistent et surviennent 2 ou 3 heures après les repas. La malade sent «que rien ne passe plus ». Elle a déjà consulté plusieurs docteurs qui tous lui ont ordonné le même régime lacté et alcalin. N’éprouvant aucun soulagement, elle se décide à se faire opérer.
État actuel. — Femme très amaigrie.
Facies coloré. Langue bonne. Hoquet, éructations surtout les matins, Vomissements alimentaires très abondants. Pas de douleurs gastriques. Estomac très dilaté, la grande courbure descend jusqu’à 3 travers de doigt au-dessus du pubis. — Clapotement intense. Sur le bord externe du grand droit, à droite, on sent une tumeur dure, irrégulière, nettement allongée, siégeant au niveau du pylore qui est notablement descendu. Ganghons inguinaux. Le ganglion de Troisier n'existe pas.
Les autres fonctions sont normales. La faiblesse est extrême, |
Depuis son arrivée, la malade a eu deux lavages d’esomac ; le 1% a ramené 1 litre 1/2 de liquide très. acide, renfermant des débris alimentaires, pas de bile,
— dl —
Le 2°, fait avec de l’eau tiède, a été rendu tel, Cependant, après les lavages, il restait toujours une certaine quantité de liquide dans l’estomac qui revenait très peu sur lui-même.
Régime depuis son entrée : lait, bouillon, œufs.
Opérahion. — Elle fut pratiquée le 29 novembre 1898 par M. le professeur agrégé Frœlich, avec l’aide de M. le professeur Weiss.
Antiseplie ordinaire du champ opératoire.
Chloroformisation.
Incision médiane de la paroi abdominale d'environ 15 centimètres, partant du creux épigastrique et descendant à quatre travers de doigt en dessous de l’ombilic.
Le ventre ouvert, et l’estomac attiré au dehors, on reconnaît l'existence d’une tumeur dure, allongée, siégeant au niveau du pylore.
L’estomac très dilaté descendait jusqu’au pubis.
On pratique la colopexie stomacale, le côlon transverse est fixé au bord inférieur de l’estomac par quatre points de suture au fil de soie. La recherche de l’anse jéjunale à anastomoser présente quelques diflicultés : pendant qu’un aide maintient l'estomac bien en haut, on est obligé de dévider une assez grande portion d’intestin avant d’atteindre le jéjunum.
On met la face antérieure de l’estomac et l’anse Jéjunale en contact. On applique la pince de Souligoux qui est serrée à bloc sur l’estomac. (On se servit de la nouvelle pince à levier, dont le maniement est certainement de beaucoup préférable à celui du premier modèle.) Mais la bordure de la couronne échappe à la pression et nécessite une seconde application à cet endroit. On écrase ensuile l’anse jéjunale.
On fait alors la première rangée de sutures espacées de 1/2 centimètre et placées sur la circonférence postérieure des deux surfaces contusionnées.
Application de la potasse caustique avec le crayon préconisé par M. le professeur Weiss, pendant qu’on éponge vivement avec des petits tampons très secs. Pas de fusée de la potasse. La surface cautérisée prend une coloxation noirâtre caractéristique.
On fait ensuite la deuxième rangée de sutures sur la circonférence antérieure des deux surfaces.
On se décide alors, pour éviter la formation d’un éperon, et parce que l’anse jéjunale était fortement tiraillée vers l'estomac, à pratiquer la Jéjuno-jéjunostomie par le même procédé. Cette opération, exécutée de la même manière que la gastro-entérostomie, à duré 12 minutes.
Le ventre est refermé 50 minutes après le début de l'opération.
Pendant l'opération, l’état de l’opérée était tel qu'il nécessite l'injection de 10 centimètres cubes d’éther.
Suites opératoires. — Après l’opération, injection de 300 grammes de sérum artificiel.
Dans la Journée, la malade, très prostrée, n’a pas eu de vomissements chloroformiques. Elle se plaint de légères coliques contre lesquelles on administre une injection de morphine.
À 5 heures du soir : T. 38°. P. 136.
La face est colorée, couverte de sueur. La malade répond faiblement aux questions. La langue est sèche, la soif vive. Le ventre n’est pas douloureux à la pres- SION.
À 6 heures : T. 38°4. P,. 140.
Injection de 10 centimètres cubes de caféine, et de