OBSERVATION XXII
Gastro-Entérostomie par Roux, de Lausanne.
(Moxop. — Soe. de Chirurg. 1889.)
Femme de cinquante-huit ans. Troubles dyspeptiques remontant à six mois ; présente tous les signes d’une sténose pylorique extrême. Vomissements, teinte cachectique, tumeur peu mobile. Etat lamentable.
Opération le 21 juin 1888, rapidement faite, shock considérable, pouls faible, lavements nutritifs, champagne.
Mort trente heures après l’opération. — Pour Roux la malade a été opérée trop tard : la mort est surtout düûe à l'état d'inanition où elle était était parvenue.
OgservarTions X XIII et XXIV
(F. FRITZSCHE — Correspond. Blatt. Schweizer Aerzte. 18 août 1888.)
L'auteur y rapporte deux observations de Gastro-Entérostomie :
Premier cas. — Homme de cinquante-sept ans, sans hérédité cancéreuse, sujet à depuis longtemps à des maux d'estomac passagers; jamais d’hématémèse : estomac très dilaté. Induration bosselée, grosse comme une noix, au niveau du bord externe ‘lu muscle droit du côté droit de l’épigastre. Le suc gastrique contient de l'Hcl. Violentes gastralgies qui s'affaissent quand le malade a rejeté ses aliments où qu'on lui a fait un lavage stomacal.
Opération le 3 novembre 1887. — Le pylore induré et hypertrophié, surtout en arrière forme une tumeur grosse comme un œuf de poule, intimement adhérente au pancréas. Quelques ganglions volumineux dans le grand épiploon. Fritzsche renonçant à la pylorectomie pratique la gastro-entérostomie. Rapidement il trouve l’anse supérieure du jéjunum et choisit pour établir la fistule une portion d’intestin située à 50 cent.au dessous du duodénum. Les parois gastrique et intestinale sont incisées, sur une longueur de 5 centimètres. Toutes les sutures sont faites au catgut.
Guérison complétement apyrétique, malgré un léger ictère et la rupture partielle des sutures pariétales survenue au dixième jour, à la suite de vomissements. Alimentation solide dès le cinquième jour. À son départ l’opéré peut manger ce qu'il veut sans souffrir et se plaint seulement d'avoir sans cesse faim. Comme là parfaite santé persiste huit mois après l'opération, Fritzsene est disposé à changer son diagnostic de cancer en celui d’ulcère de l'estomac.
Deuxième cas. — Femme de trente-sept ans ayant eu des hématémèses et du mælena. Contenu stomacal renfermant, outre de l'Hcl, de l'acide butyrique. Douleurs de l'estomac après le moindre repas, même liquide. Les lavages stomacaux soulagent la malade mais doivent être interrompus à cause de
nouveaux vomissements de sang. Malgré l'absence de tumeur appréciable, Fritzsche diagnostiqua un retrécissement du pylore.
Opération le 24 février 1888. — Le pylore forme une masse dure de 3 à 4 cent. de longueur et de 3 cent. d'épaisseur, mobile de toutes parts. L'anse grêle, rapidement choisie à la façon de Wolfler est suturée à la paroi antérieure de l'estomac, au voisinage du pylore, mais en sens inverse du cas précédent, c’est-à-dire, le bout afférent à gauche etle bout efférent à droite dans le sens des mouvements péristaltiques normaux. Une partie des sutures est faite à la soie et, de même que dans le cas ci-dessus, la réunion des parois abdominales est difficile à cause de la tension des grands droits.
Guérison sans incidents ni fièvre et réunion parfaite par première intention. Dès le jour de l'opération les fonctions digestives sont redevenues parfaitement normales. Cette femme n’a même pas la sensation incessante de faim du premier opéré, où, dans l'hypothèse d'une affection cancéreuse l’abouchement de l'intestin avait été placé près du pylore.
Malgré la durée de ces deux gastro-entérostomies, érois heures pour la première, trois heures et demie pour la seconde, ni l'un ni l’autre des opérés n'ont eu de collapsus.
OBsERVATION XXV
Gastro-Entérostomie. — Guérison par Roux
(Moxop. — Soc. Chirurg. juillet 1889.)
Femme de cinquante-trois ans, troubles digestifs depuis plusieurs années ; mais surtout depuis le printemps de 1887. Elle présente à son entrée tous les signes d'un cancer du pylore avec sténose. Amaigrissement. Pas de cachexie.
Opération le 1°r septembre 1888. — Choc opératoire peu considérable. Une cuillerée à café de champagne toutes les deux heures. Dans l'après midi, deux selles liquides : deux lavements nutritifs additionnés de 25 gouttes de
laudanum. Pouls 80. La malade ne se plaint que d'une légère douleur à l'ombilic quand elle a avalé.
Le troisième jour un peu de bouillon et du lait. Le sixième jour premier pansement. Réunion par première intention. Un demi verre de bouillon ét de lait toutes les deux heures.
Au huitième jour, Vin de Bordeaux, un peu de cervelle.
Le neuvième jour, la malade s’assied sur son lit.
Le onzième jour, elle se lève et mange du bifteack. Depuis lors l'état général de la malade s’est amélioré de jour en jour. Les forces reviennent peu à peu. L'estomac supporte tout ce qu’on lui donne.
Pendant quelques semaines le mieux se continue. La malade augmente de poids.
Mort trois mois après l'opération.
OBSsERVATION XXVI
Gastro-Entérostomie par Kocher (Moon. — Soc. de Chirurgie 1889.)
Opération le 25 octobre 1888. — Le 6 novembre le malade quitte l'hôpital et meurt subitement. Autopsie : l'anastomose est solide. L'estomac s’est rompu au niveau du pylore cancéreux.
OBSERvVATION XXVII
Cancer du pylore. Gastro-duodénostomie. Guérison opératoire:
(M. PÊAN, chirurgien de l'hôpital Saint-Louis.)
Femme de cinquante ans. Mère morte d'un cancer de l'utérus. Débuts en novembre 1889. Douleurs intercostales du côté gauche. En avril 1890, elle est brusquement prise de douleurs violentes dans le flanc gauche, diarrhée ahondante, pus fétide mêlé aux selles.
Les douleurs devinrent très violentes. On pense tout d'abord à un abcès du foie : mouvement fébrile, rapidité de la marche, brusquerie du début,
Incision exploratrice oblique en bas et à gauche, partant du milieu de la huitième côte droite.
La râte, la grande courbure de l'estomac, le côlon transverse, le petit lobe du foie sont intacts.
Le pylore, la première portion du duodénum et son épiploon sont cancéreux. La deuxième portion du duodénum est saine. Un lien élastique est appliqué sur la troisième portion du duodénum ; un autre sur l'estomac à 6 centimètres du pylore. Pinces à demeure sur l’épiploon gastro-hépatique.
Trois rangées de points de suture: quatre points supérieurs et antérieurs sont noués. La petite tubérosité est alors incisée au-dessus du pylore. Lavage au sublimé de l'estomac. Les lèvres de l’incision stomacale sont attirées en bas, en faisant basculer la petite courbure au-devant de la tumeur du pylore. On suture verticalement la lèvre antérieure de l'incision sur la face antérieure du duodénum. On suture ensuite à 3 centimètres en avant et à droite l’autre lèvre de l’incision en ayant soin de ne serrer que les points les plus élevés de la suture. On laisse quatre fils de soie libres à la partie inférieure de cette suture. Il est alors facile, en soulevant la partie moyenne de ces quatre anses de fil d'introduire un bistouri dans le cul-de-sac ainsi formé et de sectionner la face antérieure du duodénum entre les sutures. On introduit par cet orifice un tube d'os décalcifié qui fait communiquer la cavité de l'estomac avec l’ouverture duodénale.
L'opération se termine rapidement, car il n'y a plus qu'à serrer les quatre anses de fils laissées libres.
Le soir, la faiblesse est extrême Les lavements nutritifs ne sont pas tolérés.
Le lendemain la malade garde les lavements nutritifs.
Le troisième jour, on commence à lui faire prendre du lait et du bouillon par la bouche.
Le huitième jour, elle se lève. Elle rentre chez elle le quinzième jour. Cing mois après, l’affaiblissement recommence ; la nutrition, de nouveau, se fait mal.
—Hon