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que la face postérieure de la grande courbure vienne s'appliquer contre la face postérieure du méso-côlon. L'autre, immédiatement libre au-delà de la portion fixe du duodénum, est attirée sur une compresse éponge, liée avec une lanière de gaze iodoformée.
L'anse est incisée à peu près suivant son axe longitudinal, quoique un peu obliquement d'avant en arrière dans une étendue de 6 centimètres environ. Auparavant, avec une pince à disséquer à mors pointus, on a déchiré le méso-côlon transverse au niveau du point où l’aide le maintient tangentiellement à la tace supérieure de l'estomac. Cette dilacération du méso-côlon s'opère très facilement et met à découvert une grande partie de la courbure stomacale à travers une fenêtre ouverte ainsi dans l'arrière cavité des épiploons. Une incision semblable à celle de l'intestin est faite sur l'estomac.
Un fil de soie est passé dans les extrémités voisines de ces deux boutonnières et les réunit. Il est confié à un aide et servira d'agent de fixation pendant le reste de la suture. Celle-ci est faite progressivement, à points séparés, avec de la soie très fine et des aiguilles de couturière.
On affronte minutieusement les bords de la plaie intestinale à ceux de la plaie stomacale, en ayant soin de ne comprendre dans les anses de fil que la séreuse et la musculeuse et rejetant la muqueuse vers l'intérieur.
Dans la première partie de la suture, les nœuds sont noués du côté de la cavité, dans la dernière partie, vers l'extérieur. Une soixantaine de points sont ainsi appliqués ; les chefs de file sont conservés dans toute leur longueur et servent de moyen de traction et de tension.
Quand cette première série est terminée, on applique une seconde série de points de suture de Lembert, à un demi centimètre en dehors de la première rangée. Ceux ci sont passés obliquement, de manière à ne comprendre que la séreuse et une petite épaisseur de la musculeuse. Ils servent de soutiens à la première série, qui ne doit ainsi supporter aucun effort de traction et dont la seule mission est l'affrontement parfait; une révision soigneuse à éte faite pour cela avant de couper ras les chefs des fils de la première série.
Avant de terminer, on place trois poins de suture, transversalement de gauche à droite, réunissant à la grande courbure de l'estomac, la partie de l'anse suturée, qui est immédiatement à gauche de la bouche gastro-intestinale. Ces points ont pour objet de s'opposer à une brusque plicature de l'intestin à ce niveau et aussi de donner une direction déclive à la voie nouvelle ouverte aux aliments. Enfin, on enlève la bande de gaze qui liait
l'intestin.
Suture abdominale à trois étages. Durée une heure et demie.
Le malade est très affaibli. Il reprend bien connaissance, parle, avale et tolère un peu de liquide le soir; mais, dans la nuit, l’affaiblissement fait de grands progrès et 1 meurt le lendemain.
OBsERVATION XXI
Gastro-Enterostomie pour Cancer de l’estomac
(Wizzy-MEyEr. — New-York Surgical Society, 27 mars 1889. — New-York-Med. Jornal, 22 juin 1889)
Homme de 52 ans, chez qui la Gastro-Entérostomie est pratiquée avec des plaques de Senn, à défaut d'anneaux d’Abbe.
Le sujet alla bien les quatre premiers jours; lavements nutritifs et opium; dans la sixième nuit, délire ; le patient défait son pansement et sépare les lèvres de la plaie abdominale. Il mourut le lendemain; Meyer croit que le délire est due à la resorption de l'iodoforme, qui avait été placé sur les sutures intestinales. L'autopsie montra une adhérence solide entre l'estomac et l'intestin.