‹ De la gastronomieChapitre 18 sur 53 · HET · texte numérisé non relu

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Tustruit, par sa place au comité de bienfaisance,

me

des besoins et de la moralité d'un grand nombre de ses administrés, il était sûr de bier diriger ses dons, et des portions de comestibles, encore très désirables, venaient de temps en temps chasser le besoin et faire naître la joie ; par exemple, la queue d'un gras brochet, la mitre d'un dindon, un moOrceau de filet, de la pâtisserie, ete.

Mais pour rendre ces envois plus profitables, il avait attention de les annoncer pour le lundi matin, ou pour le lendemain d'une fête, obviant ainsi à la cessation du travail pendant les jours fériés, combattant les inconvénients de la saint lundi, et faisant de la sensualité l’antidote de [a cra-

pule.

Quand M. de Borose avait découvert dans Ja

troisième ou quatrième classe des commerçants un jeune ménage bien uni, et dont la conduite prudente annonçait les qualités sur lesquelles se fonde la prospérité des nations, il leur faisait la prévenance d'une visite, et se faisait un devoir de les engager à dîner.

Au jour indiqué, la jeune femme ne manquait pas de trouver des dames qui lui parlaient des soins

intérieurs d'une maison, et le mar1, des hommes

pour causer de commerce et de manufactures.

Ces invitations, dont le motif était connu, finirent par devenir une distinction, et chacun s'empressa de les mériter.

Pendant que toutes ces choses se passaient, la jeune Herminie croissait et se développait sous les ombrages de la rue de Valois, et nous devons à nos lecteurs Le portrait de la fille comme partie intégrante de la biographie du père.

Mademoiselle Herminie de Borose est grande (5 pieds 1 pouce) et sa taille réunit la légèreté d’une nymphe à la grâce d'une déesse.

Fruit unique d'un mariage heureux, sa santé est parfaite, sa force physique remarquable ; elle ne craint ni la chaleur, ni le hâle, et les plus longues promenades ne l'épouvantent pas.

De loin on la croirait brune, mais en Y regardant de plus près, on s'aperçoit que ses cheveux sont châtain foncé, ses cils noirs et ses yeux bleu d'azur.

La plupart de ses traits sont grecs, mais son nez est gaulois ; ce nez charmant fait un effet si graçieux, qu'un comité d'artistes, après en avoir délibéré pendant trois dîners, a décidé que ce

type tout français est au moins aussi digne que

PS

tout autre d'être immortalisé par le pinceau, le ciseau et Le burin.

le Le pied de cette jeune fille est remarquablement 3 petit et bien fait; le professeur l'a tant louée et même cajolée à ce sujet, qu'au jour de l'an 1825, | et avec l'approbation de son père, elle lui a fait cadeau d'un joli pe etit soulier de satin noir, qu'il

\ montre aux élus, et dont il se sert pour prouver

[Fa « que i extrême sociabi té agit sur les formes comme Ft s| S

i sur les personnes ; Car il prétend qu'un petit pied,

tel que nous le recherchons maintenant, est le produit des soins et de la culture, ne se trouve presque jamais parmi les villageois, et indique presque toujours une personne dont les aïeux ont longtemps vécu dans l’aisance.

Quand Herminie a relevé sur son peigne la forêt de cheveux qui couvre sa tête et serré une simple tunique avec une ceinture de rubans, on la trouve charmante, et ron:. nerse figure pas que des fleurs, des perles ou des diamants puissent ajouter à sa beauté.

Sa conversation est simple et facile, et on ne se douterait pas quelle connaît tous nos meilleurs auteurs ; mais dans l’occasion elle s anime, et la

finesse de ses remarques trahit son secret ; aussitôt

quelle s'en aperçoit, elle rougit, ses yeux se baissent, et sa rougeur prouve sa modestie.

Mademoiselle de Borose joue ég galement bien du piano et de la | 1arpe ; mais elle préfère ce dernier instrument par je ne sais quel sentiment Ma enthousiastique pour les harpes célestes dont sont

; armés les anges, et pour les harpes d or tant célé-

rés

brées par Ossian.

a . . if 1 1? .

Da voix est aussi dune douceur et dune rectile cél l’empécl l’e tude ceéiestes, ce qui ne empêche pas cç être un peu timide ; cependant elle chante sans se faire | , : 1! | prier, mais eiie ne manque pas, en commençant, Re ï PP = 1 5 Ù Î de jeter sur son auditoire un Lee qui l’ensot- 4 celle, de sorte qu ‘elle Er urrait chanter faux, re comm ant a autres, L aurai 15 orc e e tant autres u'o1 n'a t pa BE e de s'en apercevoir.

Elle na point négligé les travaux de l'aiguille a | i) 7 | sources de jouissances bien innocentes et ressources : À

toujours prètes contre Il ennui ; elle travaille comme

une fée, et chaque fois quil paraît quelque chose 4 de nouveau en ce genre, la première ouvrière du Père de famille est habituellement chargée de \ venir le lui apprendre.

Le cœur d Herminie n'a point encore parlé, |

et la piété filiale a jusqu ici sufhi à son bonheur ; e

ss

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mais elle a une véritable passion pour la danse, uelle aime à la folie.

Quand elle se place à une contredanse, elle

arait randir de deux ouces, et on croirait qu elle P P 7 T

va senvoier ; cependant sa danse est modérée, er. ses pas sans prétention ; elle se contente de ireul légèreté, en dével f

circuler avec égèrete, en développant ses lormes aimables et gracieuses ; mais à queiques échappées on devine ses pouvoirs, et on soupçonne que si elle usait de tous ses moyens, madame Montessu

aurait une rivale, Même quand l'oiseau marche, on voit qu'il a des ailes.

Auprès de cette fille charmante qu il avait

ES Ï . . . 1 f, retirée de sa pension, jouissant dune ortune

sagement administrée et d une considération justement méritée, M. de Borose vivait heureux, et apercevait encore devant lui une longue carrière à parcourir ; mais toute espérance est trompeuse, ? .

et on ne peut pas répondre de l'avenir.

V ets le milieu du mois de mars dernier, M. de Borose fut invité à aller passer une journée à la campagne avec quelques amis.

PA SJ S 4 2 , 4 n était à un e ces jours prématurément chauds, avant-coureurs du printemps, et on enten-

dait aux bornes de l'horizon quelques-uns de ces

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grondements sourds qui font dire proverbialement que l'hiver se casse le cou ; ce qui n'empêcha pas qu'on ne se mit en route pour la promenade. | Cependant bientôt le ciel prit une face menaçante, les nuages s'amoncelèrent, et un orage épouvantable éclata avec tonnerre, pluie et grêle. |

Chacun se sauva comme il put et où il put; ; M. de Borose chercha ul asile sous un peuplier | dont les branches, inclinées en parasol, parais- } saient devoir le garantir.

Aile funeste | la pointe de l'arbre allait cher-

cher le fluide électrique jusque dans les nuages,

et la pluie, en tombant le long des branches, lui servait de conducteur. Bientôt une détonation effroyable se ft entendre, et l'infortuné promeneur tomba mort sans avoir eu le temps de pousser un soupir.

Enlevé ainsi par ce genre de mort que désirait | | César, et sur lequel il n'y avait pas moyen de gloser, M. de Borose fut enterré avec les céré- |

monies du rituel le plus complet. Son convoi fut : foule de gens à pied et en voiture ; son éloge était

dans toutes les bouches, et quand une voix amie \ prononça sur sa tombe une allocution touchante, | |

suivi jusqu au cimetière du Père Lachaise par une ‘

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: DS | x 11 y eut echo dans le cœur de tous les assistants.

H erminie fut atterree d un imaiñeur sl grand et Î ? °- L ie neuf pas de convulsions, elle | all

n ettt pas de crises Ge nerfs, e elle pol ne pas ca icher

y el

H . . H x ouieur dans son Lit ; ; mas elle p ura son père » : avec tant d'a! apandaon, de continuité et d l’amertume, . PIN z l Î { I que ses amis espérèrent que excès de sa douleur

ns OU < en deviendrait le remède, car nous ne somimes pas

assez fortement trempés pour éprouver pendant

longtemps un sentiment si vil.

Le temps a donc fait sur ce jeune cœur son T . { Ç mit te eftet immanquable Herminie peut nomimetr soil 1:

père sans fondre en larmes 3 IMAIS “ere” EU parie

avec une piété douce, un regret si.ingénu, un amour si actuel et un accent si px ofond, qu 1 est impossible de l'entendre et de ne pas partager son attendrissement.

Heureux celui à qui Herminie donnera le droit

de l'accompagner et de porter avec elle une

He 7 Ée- 14 Sel

couronne uneraire sur a tombe ae eur pere LE , 1

Daris une chapelle latérale de l'églis se de. on

remarque, chaque dimanche à la mess e de midi,

une grande et belle jeune personne, dcr pe D 1 Oe . l par une dame agee. da tournure est charmante,

maAIS ur voile épais cache son visage. il faut

al

De Ja Gastronomie

Cevendant que lés traits en soient eue Car on

H 1 un ou

:apel le e f. le

remarque tout autour de cette cnaf

+ / C Ï g 17 de jeunes dévots de fraîche date, tous fort élé-

À i 1 À gamment mis, et dont quelques-uns sont fort

beaux garçons.

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