MYSTIFICATION DU PROFESSEUR ET DÉFAITE D'UN GÉNÉRAL
Il Y a queiques années que les Journaux nous
annoncerent la découverte d un nouveau parfum,
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celui de l’hémérocallis, plante bulbeuse qui a
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effectivement une odeur fort agréable, ressemblant
assez à celle du jasmin.
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Je S111S fort curieux et passablement musard, et ces deux causes combinées me poussèrent jusc u au faubourg Saint-Germain où je devais trouver le parfum, charre des + narines + comme disent les Turcs.
Là je reçus l'accueil dû à un amateur, et on tira pour moi du tabernacle d'une pharmacie très bien garnie une petite boîte bien enveloppée, et paraissant contenir deux onces de la précieuse cristallisation : politesse que je reconnus par le délaissement de trois francs, suivant les règles de compensation dont M. Azaïs agrandit chaque jour la sphère et les principes.
Un étourdi aurait sur-le- ch 1amp déployé, ouvert, flairé et dégusté. Un professeur agit différemment : je pensai qu en pareil cas le retirement était indi-
qué ; ; je me rendis donc chez moi au pas officiel,
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et bientôt, calé dans mon sofa, je me préparai à éprouver une sensation nouvelle.
Je tirai de ma poche la boîte odorante, et la débarrassai des langes dans lesquels elle était encore enveloppée : © étaient trois imprimées diftérents, tous relatifs à l’hémérocallis, à son histoire naturelle, à sa culture, à sa fleur, et aux jouissances distinguées qu'on pouvait tirer de son parfum, soit quil fût concentré dans des pastilles, soit qu'il fût mélé à des préparations d'oflice, soit enfin qu'il parût sur nos tables, dissous dans des liqueurs alcooliques ou mêlé à des crêmes glacées. Je lus attentivement les trois imprimés accessoires D pour mindemniser d'autant de la compensation dont j'ai parlé plus haut; 2° pour me préparer convenablement à l'appréciation du nouveau trésor extrait du règne végétal.
J'ouvris donc, avec due révérence, la boîte que je supposais pleine de pastilles. Mais, 6 surprise | 6 douleur | jy trouvai, en premier ordre, un second exemplaire des trois imprimés que je venais de dévorer, et, seulement comme accessoires, environ deux douzaines de ces trochisques dont Îa conquête m avait ait faire le voyage du noble faubourg.
Avant tout je dégustai set je dois rendre bhom-
mage à la vécité en, disant que je trouvai ces
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pastilles fort agréables ; Inais je nen regrettai que
plus fort que, contre l'apparence extérieure, elle
fussent en si petit nombre, et véritablement plus 1 pensais, plus je me croyais mystifié.