‹ De la gastronomieChapitre 38 sur 53 · LA POULARDE DE BRESSE · texte numérisé non relu

LA POULARDE DE BRESSE

; : j , ‘ Ë Æ Un des prenuers jours de Janvier de année

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courante 1826, deux jeunes époux, nadame et

M. de Versy, avaient assisté à un gran déjeûner ? NT .

d'huîtres sellé et bridé : on sait Ce qué cela veut dire.

Ces repas sont charmants, soit pirce quiuls sont composés de mets apétissants, soit par la gaieté qui ordinairement y règne ; mais ils ont fs PERS 1 : Ï 4 Q inconvénient e déranger toutes es opérations

de la journée. C'est ce qui arriva dans cette ] lu dîner é les €

OCCasion. L ieure au diner étant venue, les époux se mirent à table ; mais ce ne fut que pour la forme. Madame mangea un peu de potage, mon-

sieur but un verre d eau rOUGIE ; quelques amis survinrent, on fit une partie de whist, la soirée se le même li les deux époux passa, et le même lit reçut les aeux ecpoux.

Vers deux heures du matin, M. de Versy se réveilla; il était mal À son aise, il bâillait : il se . ? . .

retournait tellement qne sa femme sen inquiéta et lui d da sil étai lad N è ui demanda s1l etait malade. « on, ma chère, . . mi . à . . . € mais il me semble que jai faim, et je songeais à larde de B i blanc!

& a cette poularde e resse s1 Dlanchette, s1

l; y s 22 x AÈ x € jqohette, quon nous a présentée à dimer, et à

De Ja Gastronomie 113

1 ce .

laquelle cepenaant nous avons fait Un Si MAU-

€ vais accueil. —— S il faut te dire ma conlession

(Q je t avouerai, mon ami, que 7J ai tout autant ? ee . .

[Q d appétit que toi, et puisque tu as songé à la

[A poularde, il faut la faire venir et la manger.

(2 Quelle folie | tout dort dans la maison, et

. = Î $; € demain on se moquera cer nOUS -— 1 tout

[A dort, tout se réveillera, et on ne se moquera ? » |

ç pas ae nous, parce q 1 on n en saura rien.

Qu

MER 1 : Ù 1C1 à aemain l'un de

faim ? Je ne veux pas

(Q D'ailleurs, qui sait Si « 5 1 « nous ne moOotuirra pas de « en courir la chance. Je vais sonner Justine. » ait ; et on everila a { .

en soupe, dormait

Aussitôt dit, aussitôt

pauvre soubrette, qui, ayant

< À £ > comme on dort à dix-neuf ans, quand l'amour ne tourmente pas.

l 1-4 ER E Elle arriva tout en aésoräre, les “ eux ; ji

e ballast s act enctendant les tb:

Mais ce . là qu'une = {fie

N { s'agissait d avoir la cuisinière, et ce fut une ai

ra:

Gi était cordon b leu, e partant souve H nement rechig ineuse ; eile grond a, hennit, grogna,

: 1 1 = rugit et renâcla , cependant elle se leva à la fin, et

cette circon!érence énorme commença à se mouvoir.

D fai ne de V ; ur Ces entrelaites, madame de Versy avait

itiélu!

114 De la Gastronomie ES OA RS NES À

passé une camisole, son mari s'était arrangé tant bien que mal, Justine avait étendu sur le lt une nappe, et apporté les accessoires indispensables d'un festin improvisé.

Tout étant ainsi préparé, on vit paraître la poularde, qui fut à l'instant dépecée et avalée sans miséricorde.

À près ce premier exploit, les époux se partagèrent une grosse poire de Saint-Germain, et mangèrent un peu de confitures d'oranges.

Dans les entr actes, ils avaient creusé jusqu'au fond une bouteille de vin de Grave, et répété plusieurs fois, avec variations, qu'ils n'avaient jamais fait un plus agréable repas.

Ce repas finit pourtant; Car tout finit dans ce bas monde. Justine ôta le couvert, ft disparaître les pièces de conviction, regagna son Bt, et le rideau conjugal tomba sur les convives.

Le lendemain matin, madame de Versy courut

chez son amie madame de Franval et 17 raconta tout ce qui s'était passé, et c'est à l'indiscrétion de celle-ci que le public doit la présente confidence.

Elle ne manquait jamais de remarquer qu'en finissant son récit, madame de Versy avait toussé

deux fois et rougi très positivement.

bis.

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