‹ De la gastronomieChapitre 43 sur 53 · L'AFFAMÉ · texte numérisé non relu

L'AFFAMÉ

À ce tableau des avantages de l’industrie jen vais accoler un autre d'un genre absolument opposé. Je rencontrai à Lausanne un émigré lyonnais, Pa ] : be: GC ui ur e as DE rail # grand et beau garçon, qui, pour ne pas travailler, s était réduit à ne manger que deux fois par semaine. Il serait mort de faim de la meilleure grâce du monde, si un brave négociant de la ville ne lui avait pas ouvert un crédit chez un traiteur, pour y diner le dimanche et le mercredi de chaque semaine.

L émigré arrivait au jour indiqué, se bourrait jusqu à l'æsophage, et partait non sans emporter avec lui un assez gros morceau de pain ; c'était chose convenue.

Il ménageait le mieux qu'il pouvait cette provision supplémentaire, buvait de l’eau quand

l'estomac lui faisait mal, passait une partie de

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son temps au Lt dans une rêvasserie qui n'était pas sans charmes, et gag: nait ainsi le repas suivant.

Il y avait trois mois qu À vivait ainsi quand je le rencontrai : il n'était pas malade : mais il régnait dans toute sa personne une telle ! iangueur, ses traits étaient tellements étirés, et il DE avait entre son nez et ses oreilles quelque chose de si hippocratique, qu'il faisait peine à voir.

Je m ’étonnai qu all se soumît à de telles angoisses plutôt que de chercher à à utiliser sa personne, et je l'invitai à diner dans mon auberge, où il officia à faire trembler. Mais je ne récidivai pas; parce que j'aime qu on se sidiée contre l’adversité, et qu ’on obéisse, quand il le faut, à cet

arrêt porté contre l espèce humaine : tu travailleras.

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