‹ De la gastronomieChapitre 47 sur 53 · PAS · texte numérisé non relu

PAS

dans les marais, empêchaient de dé ne voyait pas.

On jugera, au surplus, ae abondance qui

jue le

régnait en ce bon lieu, quand ON Ssalira

» TU - ‘ x 1 ER second service offrit jusqu à quatorze plats de rôt. = ? 2.

Le dessert fut d autant plus remarquable qu il était composé en partie de fruits qui ne croissent . > Fas # point à cette hauteur, et quon avait apportés du

{ : . : .] ‘ pays bas ; car On avait mis à contribution les

jardins de Machuraz, la Moorilent, et autres endroits favorisés d l’astre père de la chaleur. Les liqueurs n2 manquèrent pas ; mais le café

ne : ET mérité une mention particulière.

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Il était limpide, parfumé, chaud à merveille ; . . 2, . .

mais surtout il n était pas servi dans ces vases

Pre Ty .

dégénérés qu on ose appeler tasses sur les rives

de la Seine, mais dans de beaux et profonds

41 bowls où se plongeaient à souhait Les lèvres

épaisses des révérends, qui en aspiraient le ! liquide vivifiant avec un bruit qui aurait fait honneur à deux cachalots avant l'orage.

Après diner, nous allâmes à vêpres, et nous y | exécutâmes, entre les psaumes, des antiphônes que j'avais composés exprès. C'était de la musique

courante comme on en faisait alors CNE 0 je n'en { dis ni bien ni mal, de peur d'être arrêté par la modestie, ou influencé par la paternité.

La journée officielle Étant ainsi terminée, les voisins commencèrent à défiler ; les autres s’arran- ] gèrent pour faire quelques parties à des jeux de commerce.

Pour moi, je préférai la promenade ; et ayant réuni quelques amis, j'allai fouler ce gazon si doux et si serré qui vaut bien les tapis de la L Savonnerie, et respirer cet air pur des hauts eux, qui rafraichit l’âme et dispose l'imagination à la méditation et au romantisme.

Il était tard quand nous rentrâmes. L'abbé ! vint à moi pour me souhaiter le bonsoir et une k bonne nuit. € Je vais, me dit-il, rentrer chez moi,

€et vous laisser finir la soirée. Ce n'est pas que

> je croie que ma présence püût être importune à

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€ nos pères ; mais je veux qu ils sachent bien 7. . . ?

€ qu ils ont liberté plénière. Ce nest pas tous les

€ jours Saint-Bernard 2 demain nous rentrerons

€ dans l’ordre accoutumé : cras iterebimus œæquor.»

Effectivement, après le départ de l'abbé, il Y eut plus de mouvement dans l'assemblée : elle devint plus bruyante, et on ft plus de ces plaisanteries spéciales aux cloîtres qui ne voulaient pas dire grand chose, et dont on riait sans savoir pourquoi.

Vers neuf heures, le souper fut servi : souper soigné, délicat, et éloigné du diner de plusieurs siècles.

On mangea sur nouveaux frais, on causa, on rit, on chanta des chansons de table : et un des pères nous [ut quelques vers de sa façon, qui vraiment n'étaient pas mauvais pour avoir été faits par un tondu.

Sur la fn de la soirée, une voix s éleva et cria : € Père cellérier, où est donc votre plat ? =: C'ét trop juste, répondit le révérend ; je € ne suis pas cellérier pour rien. »

Il sortit un moment, et revint bientôt après, accompagné de trois serviteurs, dont le premier

apportait des rôties d’excellent beurre, et les deux

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autres étaient chargés d’une table sur laquelle se trouvait une cuve d'eau-de-vie sucrée et bräûlante : ce qui équivalait presque au punch, qui n'était point encore connu.

Les nouveaux venus furent reçus avec acclamation, on mangea les rôties, on but l’eau-de-vie brûlée, et quand l'horloge de l’abbaye sonna minuit, chacun se retira dans son appartement pour y jour des douceurs d'un sommeil auquel les travaux de la journée lui avaient donné des dispositions et des droits.

N.B. — Le père cellérier, dont il est fait mention dans cette narration véritablement historique, étant devenu Vieux, On parlait devant lui

1? { 2 » ‘ : ; dun a9D08 nouvellement nomme qui atrivait de

Paris, et dont on redoutait la rigueur.

« Je suis tranquille à son égard, dit le sêvé- € rend ; quil soit méchant tant qu'il voudra, il ?

€ n'aura Jamais le courage d ôter à un vieillard

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